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AstraZeneca a joué de son rapport de force avec l’Europe

logo de Liberation Liberation 05/04/2021 Alexandra Schwartzbrod
Airport employees push a cart carrying first shipment of AstraZeneca/Oxford Covid-19 vaccine at the Pristina International Airport on March 28, 2021. - Kosovo received on March 28, 2021 its first shipment of Covid-19 jabs which were delivered through the UN-backed Covax scheme to help poorer nations that had delays in reaching Balkan nations. The batch of 24,000 doses of the AstraZeneca/Oxford vaccine was delivered as Kosovo, like the rest of its Balkans neighbours, is fighting a significant surge in the number of coronavirus infections. © Fournis par Liberation Airport employees push a cart carrying first shipment of AstraZeneca/Oxford Covid-19 vaccine at the Pristina International Airport on March 28, 2021. - Kosovo received on March 28, 2021 its first shipment of Covid-19 jabs which were delivered through the UN-backed Covax scheme to help poorer nations that had delays in reaching Balkan nations. The batch of 24,000 doses of the AstraZeneca/Oxford vaccine was delivered as Kosovo, like the rest of its Balkans neighbours, is fighting a significant surge in the number of coronavirus infections.

Depuis quelques mois, son nom tourne en boucle dans les médias. Et pas pour le meilleur. A tel point qu’on a vu le week-end dernier des candidats au vaccin prendre leurs jambes à leur cou à la seule idée de se faire injecter son produit. Pourquoi diable AstraZeneca suscite-t-il, depuis les premiers jours, tant de polémiques ? Plusieurs problèmes se sont conjugués, détériorant l’image de ce vaccin, parfois de façon irrationnelle. La suspension, pendant plusieurs jours en mars, de son administration à cause de quelques morts suspectes à la suite de son injection a paniqué le grand public. Sur ce point, soyons clairs : les autorités sanitaires européennes ont réaffirmé leur confiance dans ce vaccin, soulignant les très faibles cas de thromboses (accidents vasculaires) par rapport au nombre considérable de vaccinés et donc le bénéfice majeur qu’il continue à apporter comparé au risque d’attraper le Covid et d’en mourir. Se détourner massivement de l’AstraZeneca aurait pour première conséquence de prolonger encore les contraintes sanitaires.

Ce qui est vrai, en revanche, c’est que le labo suédo-britannique est un nouveau venu sur le marché des vaccins. Il s’y est engouffré dès les frémissements de l’épidémie, dopé par les avances considérables faites par l’Europe à tous ceux qui s’engageaient à travailler sur un vaccin. L’urgence était telle alors qu’à Bruxelles on était prêt à distribuer de l’argent à tout va (y compris à Sanofi, pour l’heure bredouille), négligeant de prévoir des pénalités en cas de retard de livraison. Une fois le vaccin trouvé, en douze mois – une prouesse, il a fallu cinq ans pour développer un vaccin contre Ebola – le labo était en position de force et les Européens pieds et poings liés. Et AstraZeneca en a joué, jonglant entre ses promesses et la réalité de ses capacités de production et de livraison. Si l’Europe s’est montrée capable de passer des commandes de cette importance de façon groupée, elle a en revanche affiché sa faiblesse dans le rapport de force et la prise de sanction. Une leçon dont elle saura sûrement se souvenir.

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