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Au Népal, le Covid provoque une forte augmentation du nombre de femmes mortes en accouchant

logo de Slate Slate 21/07/2021 Slate.fr
258 Népalaises sont décédées des suites d'une grossesse ou d'un accouchement entre mars 2020 et juin 2021. | Suraj Shakya via Unsplash © 258 Népalaises sont décédées des suites d'une grossesse ou d'un accouchement entre mars 2020 et juin... 258 Népalaises sont décédées des suites d'une grossesse ou d'un accouchement entre mars 2020 et juin 2021. | Suraj Shakya via Unsplash

«Je pensais que ma belle-fille mourrait du virus, pas qu'elle mourrait à cause d'un accouchement difficile», se lamente Pamfi BK, une Népalaise de 50 ans. Lakhu, sa belle-fille, a perdu la vie en accouchant chez elle. Elle avait peur de contracter le Covid-19 en allant dans un centre de santé, raconte le Guardian.

Son cas est loin d'être isolé: au Népal, jusqu'à 90% des femmes enceintes ont manqué leurs rendez-vous de contrôle ces derniers mois et beaucoup choisissent d'accoucher à domicile. Alors que le pays est aux prises avec une deuxième vague de Covid, les professionnels de santé craignent que les décès n'atteignent des niveaux jamais vus dans le pays depuis une vingtaine d'années.

Depuis le début de la pandémie, le nombre de femmes mortes en couches est monté en flèche. Selon le ministère de la Santé népalais, 258 femmes sont décédées des suites d'une grossesse ou d'un accouchement entre mars 2020 et juin 2021, contre 51 l'année précédente. Les services de santé maternelle étaient déjà fragiles: la profession de sage-femme n'existe pas dans le pays et les mères accouchent donc à l'aide d'infirmières ou d'accoucheuses expérimentées.

Trois fois plus de décès de nouveau-nés pendant le premier confinement


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Les décès de nouveau-nés sont également en hausse, passant de 13 pour 1.000 naissances avant le Covid, à 40 pour 1.000 naissances pendant le premier confinement. «Normalement, environ 45 femmes viennent pour des contrôles prénataux dans notre centre de santé. Mais depuis avril, plus de 90% des femmes enceintes ne sont pas en contact [avec nous], déclare Urmila Acharya, infirmière à Dhaulagoha, dans l'ouest du Népal. Nous avons essayé de les joindre par téléphone mais nous avons à peine parlé à dix femmes.»

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À l'hôpital Bayalpata, le seul correctement équipé de la région de Dhaulagoha, le personnel a constaté une baisse considérable des accouchements au cours des quatre derniers mois. «Je n'ai jamais vu de femmes enceintes aussi vulnérables qu'aujourd'hui. C'est comme avant l'an 2000», déplore le Dr Mandeep Pathak, directeur de l'hôpital. Avant cette date, le Népal possédait un taux de mortalité maternelle de plus de 500 décès pour 100.000 naissances. En vingt ans, ce chiffre est tombé à 186. L'objectif mondial fixé par les Nations unies est de 70 ou moins, d'ici à 2030.

«Nous savons que les femmes enceintes sont plus vulnérables dans cette pandémie et nous nous efforçons de rétablir le système de santé», assure le Dr Punya Poudel, chef de la santé maternelle et néonatale au ministère de la Santé.

«Le problème est que le gouvernement n'a transmis qu'un message principal au public: le virus est dangereux et les gens doivent rester chez eux. Nous n'avons pas pensé aux femmes enceintes, souligne Sangeeta Kaushal Mishra, la directrice de l'hôpital pour femmes Paropakar, la plus ancienne et la meilleure maternité de Katmandou. Nous n'avons pas fait passer un message distinct aux femmes enceintes pour leur dire qu'elles devaient se rendre régulièrement à l'hôpital et y accoucher.»

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