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Au Venezuela, la ville de Maracaibo subit la crise sans eau ni électricité

logo de RFI RFI 21/11/2019 Benjamin Delille
Une Vénézuélienne porte des bouteilles d'eau, remplies à partir d'une source de fortune ouverte dans une rue de Maracaibo, le 23 juillet 2019. © Federico PARRA / AFP Une Vénézuélienne porte des bouteilles d'eau, remplies à partir d'une source de fortune ouverte dans une rue de Maracaibo, le 23 juillet 2019.

Au Venezuela, la situation politique semble bloquée, l’appel de l’opposant Juan Guaidó à ne plus quitter les rues lancé samedi 16 novembre étant un échec. Et les habitants subissent de plein fouet l’hyperinflation galopante, les coupures d’électricité et d’eau et les pénuries de médicaments, d’essence ou de nourriture. Maracaibo, la deuxième ville, est l’une des plus sévèrement touchées.

Avec notre envoyé spécial à Maracaibo,

Selon le gouverneur chaviste de l’État de Zulia, où se trouve Maracaibo, la situation est redevenue normale après des rapports de la situation critique. Mais dans les faits, il n’en est rien. Les coupures ne sont plus aussi longues qu’il y a six ou sept mois, mais certains quartiers restent privés de courant parfois pendant 12 heures par jour. Quand l’électricité revient, c’est généralement qu’elle se coupe de l’autre côté de la ville.

Une sorte de rationnement forcé est mis en place, sans que les habitants en soient informés : l’essentiel du courant est dirigé vers les lieux névralgiques de la ville comme les hôpitaux, les commissariats ou les casernes militaires. Cela reste donc très précaire et devient vraiment frappant de nuit : Maracaibo devient une ville fantôme, sombrant dans une obscurité presque totale, car il n’y a plus d’éclairage public.

Les quartiers pauvres sans eau depuis plus d’un mois

Au-delà, le principal problème est désormais l’accès à l’eau courante. La plupart des quartiers populaires n’ont plus d’eau depuis plus d’un mois. Cela s’explique en partie à cause des coupures électriques, qui empêchent les pompes de fonctionner, mais surtout par le manque d’entretien du réseau.

L’accès à l’eau est très complexe : il faut payer un camion-citerne entre 60 et 80 dollars pour remplir les réserves d’un immeuble, ce qui est inabordable pour la plupart des habitants. Certains se servent directement dans le lac Maracaibo, l’un des plus grands d’Amérique Latine. Mais l’eau du lac est contaminée par des fuites dans les champs pétroliers abandonnés qui faisaient autrefois la fortune de la ville.

Les conséquences sanitaires sont désastreuses. De nombreux citoyens de la ville, appelés Maracuchos, ont la gale, faute de pouvoir se laver régulièrement. Il y a aussi de plus en plus de cas de tuberculose. Et les hôpitaux sont totalement dépassés : ils tombent en ruine, la plupart des médecins sont partis, et ceux qui restent sont obligés de demander à leurs patients d’acheter eux-mêmes les médicaments, car ils n’ont plus rien.

Le commerce informel règne dans Maracaibo

La ville tient encore debout essentiellement grâce au commerce informel et à sa proximité avec la Colombie. La plupart des commerces ont fermé, notamment après des pillages lors des grandes coupures du mois de mars.

Les Maracuchos partent s’approvisionner en Colombie. Cela favorise l’émergence de toutes sortes de trafics et d’un nouveau type de criminalité, mais aussi de faire rentrer un peu d’argent dans la ville, surtout des dollars. La chambre de commerce estime que 96% des transactions se font en billets verts. Ce qui ne sortira pas la ville de la crise, mais qui ralentit sa chute.

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