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Auschwitz, drapeau confédéré et tatouages vikings : la panoplie extrémiste des pro-Trump au Capitole

logo de France 24 France 24 07/01/2021 Liselotte Mas
À gauche, un manifestant portant des cornes et le drapeau américain à l'intérieur du Capitole le 6 janvier et, à droite, un autre manifestant portant un sweatshirt "Camp Auschwitz" devant le monument. © Twitter À gauche, un manifestant portant des cornes et le drapeau américain à l'intérieur du Capitole le 6 janvier et, à droite, un autre manifestant portant un sweatshirt "Camp Auschwitz" devant le monument.

Alors que les sénateurs s’apprêtaient à officialiser la victoire de Joe Biden à l’election présidentielle américaine, des militants pro-Trump ont envahi le siège du Congrès à Washington le 6 janvier. La majorité d’entre eux arboraient les traditionnels "Trump 2020", mais certains sont allés plus loin avec des symboles nazis et suprémacistes blancs, repérés dans les images amateurs qu’ils ont eux-mêmes diffusées. 

Des centaines militants pro-Trump, convaincus que l’élection présidentielle a été le théâtre de fraudes massives et que la victoire revient au président sortant ont tenté de stopper le processus d’officialisation du vote des grands électeurs prévu ce mardi 6 janvier dans le Capitole, dans la capitale fédérale américaine. 

Ils sont entrés par effraction en début d’après-midi dans le cadre d’une manifestation organisée devant le monument et ont vandalisé plusieurs bureaux de sénateurs. Selon un bilan des autorités publié le 7 janvier, au moins quatre personnes seraient mortes lors de cet envahissement et 52 manifestants auraient été arrêtés. 

Dans plusieurs vidéos diffusées en direct par ces manifestants, on entend des individus crier qu’ils se battent "pour" Donald Trump ou en son nom. Presque tous portent des bonnets, t-shirts et écharpes de la campagne du président sortant, "Trump 2020". Mais certains individus ont arboré des symboles bien plus controversés.

Références à Auschwitz et suprémacisme blanc  

Deux individus présents parmi ce groupe ont été photographiés et filmés arborant des symboles particulièrement radicaux. 

Un homme portait ainsi un sweatshirt sur lequel on pouvait voir une tête de mort et l’inscription suivante : "Camp d’Auschwitz, le travail rend libre" en anglais. Cette référence explicite au camp d’extermination nazi a choqué de nombreux internautes. 

Un autre homme s’est particulièrement fait remarquer du fait de son accoutrement loufoque. Identifié comme un militant pro-Trump affilié au mouvement Qanon, Jake Angeli était torse nu et portait des cornes sur la tête. 

Sur son torse plusieurs tatouages n’ont pourtant rien de léger. Sur ses bras on distingue les briques d’un mur, identifié comme le mur entre les États-Unis et le Mexique cher au président sortant Donald Trump par plusieurs médias

Sur le haut de son torse on distingue également le symbole triangulaire viking du valknut, un symbole aujourd’hui affilié au racisme et au suprémacisme blanc et plus spécifiquement au wotanisme, un mouvement identitaire néopaganiste lié aux néonazisme. 

En dessous on retrouve deux autres symboles issus de la culture viking : l’arbre monde et le marteau de Thor. Ces deux symboles, comme la mythologie viking de façon générale, sont largement repris par les groupes suprémacistes qui croient voir dans cette ancienne civilisation un exemple de "pureté raciale".

Jake Angeli par ailleurs été photographié et filmé à de nombreuses reprises ces derniers mois avec une pancarte disant "Q m’a anvoyé", une référence au mouvement conspirationniste Qanon. Ce dernier est par ailleurs surnommé le "chamane de Q" dans les milieux pro-Trump. 

De multiples références au mouvement Qanon 

Des nombreux manifestants ayant participé à l’envahissement portaient des vêtements ou des pancartes faisant allusion à cette théorie conspirationniste qui prétend que le président Donald Trump travaille en secret à déjouer un vaste complot pédocriminel.  

Ce manifestant porte ainsi un t-shirt sur lequel on peut lire "Trust the plan", l’un des principaux crédos du mouvement. Celui-ci promet depuis trois ans l’arrestation simultanée de centaines de membres de l’élite pour pédophilie, satanisme ou haute trahison. Le "plan" en question est un événement qui permettra à Donald Trump de se maintenir au pouvoir pour permettre cette arrestation. 

Sur cette capture d’écran, une femme tient une pancarte sur laquelle on devine une allusion à la pédocriminalité, thématique centrale de la théorie Qanon : "les enfants ont grand besoin de…", lit on en anglais.  

Dans les vidéos enregistrées en direct par les manifestants, les références à Q et au "plan" sont nombreuses. On aperçoit également une pancarte en forme de cette lettre dans les couloirs du Capitole. 

Le drapeau du Kekistan, pays imaginaire de l’alt right bercée sur 4chan 

La théorie conspirationniste Qanon est née en 2017 sur le forum américain 4chan. Un autre symbole issu de ce forum était présent dans le Capitole, le drapeau du Kekistan reconnaissable à sa couleur verte et au nombreuses lettres K qui le composent. 

Le Kekistan est une nation imaginaire dont l’emblème est Pepe the frog, une mascotte de la nouvelle droite américaine qui se retrouve autour du président Trump, de mèmes et de discours violents sur ce type de forum. 

Les vieux symboles de l’extrême-droite américaine 

D’autres symboles violents et associés à l’extrême-droite ont été fièrement brandis, comme le drapeau confédéré. 

Ce dernier représente à l’origine les États du Sud, esclavagistes, qui se sont battus contre ceux du Nord pendant la guerre de Sécession. Aujourd’hui, le drapeau est largement perçu comme un symbole raciste aux relents ségrégationnistes. 

Les manifestants ont également érigé des nœuds coulants devant le Capitole en utilisant des câbles de caméras volés à des journalistes. Ces installations violentes sont non sans rappeler les lynchages qu’ont subi les Noirs dans les États du Sud tout au long du XXème siècle. 

Deux drapeaux régulièrement associés à l’extrême-droite américaine ont flotté dans le Capitole, le drapeau Gadsden créé au XVIIIe siècle, originalement symbole de résistance contre l’Anglais et le drapeau dit "Join or Die", "Rejoins ou Pars" en français. Ce dernier représente une caricature créée par Benjamin Franklin pour illustrer et dénoncer l’état de désunion des colonies qui deviendront plus tard les États-Unis. 

Ce symbole de l’indépendance américaine vis à vis des colons a peu à peu été récupéré par l’extrême-droite. Il est aujourd’hui associé au suprémacisme blanc et notamment à la milice "3er". Cette milice paramilitaire qualifiée d’"anti-gouvernement" par le Southern Poverty Law Center défend en premier le droit du port d’armes. 

La guerre d’indépendance est d’ailleurs régulièrement invoquée par les manifestants qui crient à plusieurs reprises dans le Capitole "1776", revendiquant l’héritage de la proclamation d’indépendance des États-Unis signée à cette date. 

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