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Autotests dans les écoles : quels résultats dans les pays qui les utilisent déjà ?

logo de Le Figaro Le Figaro 22/04/2021 www.lefigaro.fr
Les enseignants et lycéens pourraient bénéficier de tests rapides dès la rentrée scolaire du 26 avril. © SAM PANTHAKY / AFP Les enseignants et lycéens pourraient bénéficier de tests rapides dès la rentrée scolaire du 26 avril.

Les enfants de primaire et de maternelle reprennent lundi le chemin de l'école après trois semaines de vacances. Dans cette optique, le Conseil scientifique recommande, dans son avis du 19 avril, de généraliser l'utilisation des autotests dans le milieu scolaire. Ces derniers, plus simples d'utilisation que les tests salivaires, peuvent «devenir une réelle opportunité de dépistage et de réduction de risque», selon les scientifiques. Si l'Éducation nationale n'est pas encore en mesure de préciser combien de tests seront mis à disposition dès le 26 avril, 52 millions d'autotests auraient été commandés selon Europe 1.

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Conformément à la recommandation de la Haute autorité de Santé de les réserver aux plus de 15 ans, ils devraient être distribués en premier lieu aux instituteurs et lycéens, au rythme de deux fois par semaine. Ce rituel d'une trentaine de minutes aura-t-il lieu à la maison ou à l'école ? Sur site «avec un premier temps d'apprentissage», répond le Conseil scientifique, puis une réalisation «à domicile sous le contrôle des parents». Pour Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU, premier syndicat des professeurs au lycée, c'est une solution qui ne fonctionnera que «s'ils sont réalisés avec sérieux» et que «si la direction est immédiatement informée de chaque cas positif». Une transparence nécessaire pour que le dispositif, déjà développé au Royaume-Uni, en Allemagne ou encore en Autriche soit efficace.

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Deux tests par semaine pour les lycéens britanniques

Après avoir été fermées pendant près de deux mois, les écoles britanniques ont de nouveau accueilli leurs élèves entre le début et la fin du mois de mars, selon les niveaux. Mais avec un protocole sanitaire strict à respecter. En plus du port du masque obligatoire, tous les lycéens sont invités à réaliser un autotest chez eux, deux fois par semaine. En cas de résultat positif, le jeune est invité à s'isoler avant de réaliser un test PCR pour certifier le diagnostic. D'autres établissements ont fait le choix d'installer un centre de tests rapides dans des gymnases afin d'apprendre le geste aux élèves et les rendre autonomes par la suite. S'il n'est pas obligatoire, il est fortement encouragé et bien suivi dans les écoles britanniques.

Dès la première semaine de cours, le gouvernement britannique a distribué 57 millions de tests rapides aux établissements du secondaire. Rassurant pour certains parents et enseignants, pénible pour d'autres qui rapportent quelques couacs comme des classes fermées à cause d'un autotest positif puis démenti par un PCR négatif. De son côté, le gouvernement s'est réjoui «du succès incroyable du retour à l'école et à l'université» s'appuyant sur «la fréquentation scolaire plus élevée qu'à n'importe quel moment de la session d'automne». Face à leur fiabilité, 82% des résultats sont confirmés par un test PCR, le dispositif pourrait être étendu aux crèches, écoles et collèges. Les autorités britanniques espèrent même permettre aux enfants de retirer leur masque au mois de mai prochain si la situation sanitaire le permet en sachant que le Royaume-Uni a déjà administré une première dose à 33 millions de Britanniques.

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En voie d'être étendu aux crèches en Autriche

Alors que la France n'avait pas encore entamé son troisième confinement, l'Autriche en sortait avec des mesures strictes à respecter, notamment dans les écoles. Depuis le 7 février, les petits Autrichiens du primaire sont invités à réaliser, au sein même de l'établissement contrairement à leurs voisins britanniques, deux tests par semaine. Contre une seule fois pour leurs aînés. Pas obligatoires, les campagnes d'autotests sont très bien acceptées par les parents qui donnent leur consentement à 98% alors que des manifestations contre les mesures sanitaires sont souvent organisées dans le pays.

Chaque semaine, le gouvernement envoie 1.4 millions de tests aux écoles, dont 1.1 millions sont consacrés aux élèves, le reste pour le personnel encadrant. Au moindre cas positif, l'enfant est prié de rentrer chez lui et de réaliser un PCR de confirmation. Une discipline bien respectée par les Autrichiens. Seules 14 classes étaient fermées à la fin du mois de mars. Satisfait, le gouvernement ne s'arrête pas là. Dans la région de Vienne (Basse-Autriche), une étude pilote est menée auprès des enfants de crèche et maternelle, pour qui les écouvillons nasaux sont particulièrement pénibles. Les adultes encadrants leur passent une «sucette» dans la bouche afin de savoir s'ils sont porteurs ou non du Covid-19.

Une politique de tracing ambitieuse, associée à un couvre-feu de 20h à 6h, une fermeture des restaurants et au port obligatoire du masque FFP2 dans les transports et magasins, qui permet au pays de réussir son déconfinement avec seulement 2000 nouveaux cas et 38 décès quotidiens.

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Des chiffres enviés par la France qui enregistre un taux journalier de 40.000 contaminations et plus de 300 morts. À l'orée d'une rentrée scolaire qui s'annonce tendue sur le plan sanitaire, l'instauration des autotests est bien perçue par les syndicats même s'ils regrettent leur arrivée tardive. «C'est évidemment une bonne idée mais cela fait depuis le mois de février que nous le demandons», déplore Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, syndicat majoritaire des parents d'élèves. Interrogé par Le Figaro, il est «évidemment favorable» au déploiement des autotests en France mais «ce n'est pas suffisant». «On traite la conséquence et non la cause», surenchérit Laurent Hauffmann, président du syndicat national des écoles (SNE).

Ensemble, ils appellent à un protocole plus strict et à la vaccination étendue de tous les enseignants. De son côté le Conseil scientifique note «l'efficacité croissante dans la réduction de la taille de l'épidémie» avec des dépistages réguliers, qui pourraient aussi être déployés lors des regroupements familiaux et festifs de l'été.

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