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Biélorussie: 11 étudiants lourdement condamnés, les perquisitions se poursuivent

logo de RFI RFI 16/07/2021 RFI
Depuis des mois, le régime d'Alexandre Loukachenko emprisonne à tout va opposants, journalistes et militants pour mater définitivement la contestation née de sa réélection jugée frauduleuse. Ici, un rassemblement sur la place de l'indépendance à Minsk, le 14 août 2020. © REUTERS/Vasily Fedosenko Depuis des mois, le régime d'Alexandre Loukachenko emprisonne à tout va opposants, journalistes et militants pour mater définitivement la contestation née de sa réélection jugée frauduleuse. Ici, un rassemblement sur la place de l'indépendance à Minsk, le 14 août 2020.

En Biélorussie, la justice a condamné ce vendredi à de lourdes peines de prison onze étudiants et un professeur accusés d'avoir participé au mouvement de contestation historique de 2020. Le président Alexandre Loukachenko continue de museler toute forme d'opposition.

 

Selon l'ONG de défense des droits humains Viasna, dix étudiants et un professeur jugés depuis mai pour avoir participé à des événements « violant gravement l'ordre public » dans leurs universités de Minsk ont été condamnés à deux ans et demi de prison, un onzième étudiant écopant de deux ans.

Expulsés de leurs universités respectives, tous ont été qualifiés de « prisonniers politiques » par Viasna. L'accusation a soutenu que « les protestations dans les universités visaient à une révision des résultats de l'élection présidentielle pour qu'elle ne soit pas reconnue par l'Union européenne et les États-Unis ».

Les étudiants ont souvent été à l'avant-garde des manifestations de 2020 et Amnesty International a indiqué dans un rapport que plusieurs centaines d'entre eux ont été arrêtés et condamnés à des amendes, et plus de 150 expulsés de leurs établissements.

Médias et ONG pris pour cible

Nouvelle illustration de la répression opérée par le régime d'Alexandre Loukachenko contre ceux qui dénoncent depuis bientôt un an sa réélection jugée frauduleuse à un cinquième mandat en août 2020 : Radio Svoboda a affirmé vendredi sur la messagerie Telegram que des policiers étaient au domicile de son directeur, Valentin Jdanko, et que d'autres de ses reporters avaient été interpellés après une fouille. Radio Svoboda a couvert activement le mouvement de contestation de 2020.

Les services de sécurité ont parallèlement mené dans la journée une nouvelle vague de perquisitions chez au moins 18 journalistes indépendants, dont au moins trois ont été arrêtés, selon l'association biélorusse des journalistes.


Vidéo: Le résumé de France / Biélorussie (Dailymotion)

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Des perquisitions ont aussi été signalées chez au moins huit journalistes du média d'opposition Belsat, les domiciles des parents de deux autres reporters ayant été perquisitionnés à Brest (ouest).

« Un par un, le régime détruit chaque média qui ose dire la vérité sur ce qui se passe en Biélorussie », a réagi la figure de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui se rendra aux États-Unis à partir de dimanche.

La semaine dernière, les autorités avaient bloqué l'accès à Nacha Niva, un des principaux médias d'opposition, et effectué des perquisitions chez des médias indépendants et régionaux.

Une douzaine d'organisations parmi lesquelles les principaux groupes de défense des droits de l'homme dans le pays ont également subi une série d'arrestations et de perquisitions. Dix employés de ces structures sont désormais détenus, dont le directeur de l'ONG Viasna.

► À lire aussi : Biélorussie: vague de perquisitions et d'arrestations contre des ONG

Une « répression inacceptable »

La Haute Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a dénoncé une « répression inacceptable » et l'Union européenne s'est insurgée contre une nouvelle vague de pressions visant à « faire taire toutes les voix dissidentes restantes ».

Alexandre Loukachenko avait appelé mardi à « traduire en justice » les « sales ONG » cultivant, selon lui, « la terreur », lors d'une rencontre en Russie avec son principal allié, le président russe Vladimir Poutine.

En mai, les autorités avaient déjà arrêté un journaliste d'opposition en exil, Roman Protassevitch, en détournant l'avion de ligne à bord duquel il se trouvait, suscitant un tollé international.

Pour dénoncer la répression, l'Union européenne, les États-Unis et d'autres pays occidentaux ont pris des sanctions contre des responsables biélorusses et des secteurs économiques-clés.

(Avec AFP)

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