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Birmanie: sanctions américaines, la répression provoque des déplacements massifs

logo de AFP AFP 21/04/2021 AFP
Photo des Free Burma Rangers prise entre le 5 et le 6 avril 2021 montrant des policiers surveillant un village dans le district de Dooplaya, Etat Karen (sud-est) © Handout Photo des Free Burma Rangers prise entre le 5 et le 6 avril 2021 montrant des policiers surveillant un village dans le district de Dooplaya, Etat Karen (sud-est)

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi de nouvelles sanctions ciblant la junte militaire, au pouvoir en Birmanie après un coup d'Etat et une répression qui ont provoqué le déplacement de près de 250.000 personnes, selon l'ONU.

Le Trésor américain a annoncé mercredi des sanctions contre les sociétés publiques birmanes qui contrôlent les exportations de bois et de perles sur sa liste noire, affirmant qu'elles génèrent des revenus pour la junte militaire au pouvoir.

Les sanctions du Trésor limitent l'accès au système financier international des sociétés Myanmar Timber Enterprise et Myanmar Pearl Enterprise, en interdisant à tout Américain et à toute entreprise américaine, y compris les banques ayant une filiale aux Etats-Unis, de mener des transactions avec elles.

Photo handout de la Burma Associated Press (BAP) prise et reçue le 4 avril 2021 montrant des manifestants portant des masques dénonçant l'interférence chinoise, selon eux, dans l'action de l'Onu en Birmanie © Handout Photo handout de la Burma Associated Press (BAP) prise et reçue le 4 avril 2021 montrant des manifestants portant des masques dénonçant l'interférence chinoise, selon eux, dans l'action de l'Onu en Birmanie

Les sanctions gèlent aussi tout actif que ces entreprises pourraient posséder aux Etats-Unis.

L'administration américaine a déjà imposé des sanctions ciblées contre des dirigeants de l'armée birmane, qui a pris le pouvoir le 1er février en arrêtant la dirigeante civile Aung San Suu Kyi, et réprime durement toute contestation depuis, faisant des centaines de morts.

photo d'archives prise le 29 août 2018 montrant le chef de la junte militaire birmane, le général Min Aung Hlaing, inspectant un pont près de la capitale Rangoun © Thet AUNG photo d'archives prise le 29 août 2018 montrant le chef de la junte militaire birmane, le général Min Aung Hlaing, inspectant un pont près de la capitale Rangoun

Cette vague de répression a provoqué le déplacement de près de 250.000 personnes, a déclaré de son côté mercredi le rapporteur spécial de l'Onu, Tom Anrews.

Au moins 738 personnes ont été tuées et 3.300 arrêtées par l'armée dans la répression des manifestations contre le renversement le 1er février du gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi.

"Horrifié d'apprendre que les attaques commises par la junte ont déjà provoqué le déplacement de près d'un quart de million de Birmans, selon des sources", a tweeté mercredi M. Andrews. "Le monde doit agir immédiatement pour répondre à cette catastrophe humanitaire."

- Attaques aériennes -

L'organisation humanitaire chrétienne Free Burma Rangers a estimé la semaine dernière qu'au moins 24.000 civils avaient été déplacés à la suite d'attaques aériennes et au sol de l'armée dans l'Etat Karen (Sud-Est).

"Même si les frappes aériennes ont cessé, les bombardements terrestres ont augmenté", a affirmé à l'AFP son directeur David Eubank. La majorité de ces personnes déplacées sont des paysans cultivant du riz et l'impossiblité dans laquelle ils se trouvent pour s'occuper de leurs champs risque de provoquer un risque de disette dans les mois qui viennent, a-t-il aussi expliqué.

Padoh Mann Mann, porte-parole d'une brigade de l'Union nationale karen (KNU), l'une des factions ethniques du pays, a affirmé mercredi que plus de 2.000 personnes étaient passées en Thaïlande et que des milliers d'autres avaient été déplacées à l'intérieur des frontières.

"Ils se cachent tous dans la jungle près de leurs villages", a-t-il dit.

Un sommet des pays de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) est prévu samedi à Jakarta pour étudier la situation en Birmanie après le coup d'Etat militaire du 1er février.

Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a annoncé la semaine dernière que le dirigeant de la junte, le général Min Aung Hlaing, prendrait part au sommet spécial, ce qui a suscité la consternation des organisations de défense des droits de l'homme.

"Min Aung Hlaing, qui est visé par des sanctions internationales pour son rôle dans les atrocités militaires et la répression brutale des manifestants pro-démocratie ne devrait pas être le bienvenu à une rencontre internationale visant à examiner une crise qu'il a créée", a estimé Brad Adams, de Human Rights Watch.

Les autorités birmanes ont libéré le journaliste indépendant Ko Latt, qui avait été arrêté il y a un mois à Naypyidaw, la capitale.

Au moins 70 reporters ont été interpellés depuis le coup d'Etat et 38 sont en détention, selon l'organisation Reporting ASEAN.

burs-ob/roc 

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