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Boris Johnson perd son sixième vote d'affilée avant de suspendre le Parlement

logo de Liberation Liberation 10/09/2019 Sonia Delesalle-Stolper
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Le Premier ministre a échoué une deuxième fois à convoquer des élections anticipées avant la suspension du Parlement, qu'il a décidée jusqu'au 14 octobre prochain.

Encore un vote perdu et le rideau est tombé. En une semaine, Boris Johnson a perdu six votes d’affilée à la Chambre des communes, un record historique en soi. En fait, pour le moment, le Premier ministre a perdu absolument tous ses votes. Sa motion pour obtenir le déclenchement d’élections anticipées a été rejetée largement lundi soir, après un débat interminable et terriblement dissipé. Le Speaker John Bercow, qui avait annoncé plus tôt dans la journée sa prochaine démission, le 31 octobre, a eu un mal de chien à maîtriser les échanges houleux.

Boris Johnson avait besoin des voix des deux tiers des 650 députés, soit 434 votes, pour que sa motion soit adoptée. Il en a recueilli 293, soit cinq de moins que le vote de la semaine dernière sur exactement la même motion. Toute l’opposition, du Labour aux Libéraux-Démocrates en passant par le Scottish National Party (SNP) et l’unique députée Green, avait décidé de ne pas participer à des élections décidées par Boris Johnson. Leur vote signifie que des élections ne pourront désormais être organisées au plus tôt que fin novembre. La suspension du Parlement dans la nuit, et jusqu’au 14 octobre, empêche en effet tout vote pendant cette période.

Le 14 octobre, sauf nouveau développement extraordinaire impossible à écarter, la reine Elizabeth II lira le «Queen’s Speech», le programme législatif du gouvernement. Ensuite, les députés débattront de ce texte pendant quelques jours. La première date pour voter en faveur de nouvelles élections serait donc vraisemblablement le 21 octobre. Et si la Chambre des communes décidait de déclencher un scrutin, techniquement, la procédure d’organisation mènerait à la fin novembre.

Le Parlement suspendu dans une dramaturgie soigneusement chorégraphiée

Après le cirque des débats à la Chambre des communes, qui s’est arrêté peu avant 1 heure du matin, les députés ont participé à la pièce de dramaturgie soigneusement chorégraphiée que constitue la cérémonie officielle de la «prorogation», la suspension du Parlement. En fait, tous les élus n’ont pas assisté à la cérémonie. Le SNP et de nombreux députés travaillistes et libéraux-démocrates avaient choisi de rester dans la Chambre des communes pour exprimer leur mécontentement. Des «shame» («honte») ont été criés à plusieurs reprises.

Sous la conduite du Speaker, les autres députés se sont rassemblés dans la Chambre des Lords, où d’étranges personnages en longs manteaux rouges bordés d’hermine, la tête ceinte de chapeaux noirs aux formes curieuses, les avaient convoqués par la voix du «black rod», un autre curieux personnage en tenue noire qui tient le rôle de gendarme du Parlement. Les fauteuils de cuir rouge des Lords étaient vides. Les pairs avaient décidé de boycotter la cérémonie pour exprimer eux aussi leur réprobation. Le Speaker lui-même a exprimé sa violente réticence face à cette prorogation qu’il a qualifiée d’ «anormale». Il s’agit de la plus longue suspension, cinq semaines, du Parlement britannique de l’histoire moderne.

Le texte de la prorogation a été lu par un clerc qui a conclu par un sonore «La Reyne le Veult», la traditionnelle adresse en vieux français qui signe le début de la suspension du arlement. Il était 01H40. Le Parlement reviendra siéger le 14 octobre prochain.

Lors de la session de lundi, à la Chambre des communes. © HO Lors de la session de lundi, à la Chambre des communes.

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