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À Singapour, un média jugé coupable de diffamation envers l'État

logo de RFI RFI 23/11/2021 Gabrielle Maréchaux
Le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong avait déjà poursuivi Terry Xu en justice. © AP Photo/Yong Teck Lim Le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong avait déjà poursuivi Terry Xu en justice.

À Singapour, un média en ligne indépendant historique se retrouve de nouveau dans le collimateur de la justice. Terry Xu, son rédacteur en chef a été jugé coupable de diffamation en ayant évoqué des faits de corruption au sein du gouvernement.

De notre correspondante en Asie du Sud Est

Terry Xu, le rédacteur en chef de The Online Citizen, est jugé coupable de diffamation à l’égard de l’État singapourien et risque jusqu’à deux ans de prison. L’affaire remonte à 2018, année où Terry Xu publie en ligne un éditorial évoquant des possibles faits de corruption au sein du gouvernement. Terry Xu n’en est pas à son premier démêlé avec la justice singapourienne. Rien que cette année, il a déjà été jugé coupable en octobre de diffamation, cette fois-ci envers le Premier ministre Singapourien, pour avoir publié un article évoquant les querelles immobilières au sein de la famille de celui-ci. 

En septembre, le site The Online Citizen et ses réseaux sociaux avaient été fermés par les autorités singapouriennes pour des questionnements sur la possible origine étrangère d’un des donateurs du média en ligne, ce qui va à l’encontre de la loi du pays. La défense de Terry Xu avait alors fait appel en arguant dans les colonnes du média régional South China Morning Post qu’il était difficile de prouver l’origine de ce donateur, et que  la justice singapourienne n’avait pas à légiférer sur les réseaux sociaux et sur la diffusion du site en dehors de Singapour.

Des affaires judiciaires à foison

Singapour est plutôt un mauvais élève en terme de sécurité du pays, du PIB par habitant, en matière de liberté de la presse, 160e place pour Reporters Sans frontières, juste entre la Somalie et le Soudan. Concernant internet, elle dispose également de lois très restrictives. Pour vous donner une idée, se connecter à un réseau wifi, celui de son voisin par exemple, sans demander l’autorisation est passible de trois ans de prison. 

Le résultat de cette extrême sévérité concernant tout à la fois la presse et le monde digital est donc que les rares médias indépendants de Singapour sont souvent dans le collimateur de la justice. Cela motive certains à s’exiler comme Alex Tan, derrière le site TR Emeritus désormais inaccessible à Singapour en raison d'articles évoquant des soupçons de corruption. 

Le rédacteur en chef soutenu par les internautes

Terry Xu, le rédacteur de The Online Citizen a, lui, décidé de faire appel du dernier verdict de la justice singapourienne. Il pourra sans doute compter sur un certain soutien des internautes également. Le mois dernier, il avait ainsi récolté en 19 jours seulement presque 200 000 euros versés par près de 3 000 donateurs pour l’aider à payer les dommages et intérêts qu’il devait au Premier ministre après avoir été condamné pour diffamation. 

Terry Xu avait alors chaleureusement remercié pour cette aide financière précieuse à plus d’un titre ! Le Premier ministre singapourien avait en effet préalablement assuré qu’il donnerait l’argent que devait lui verser Terry Xu à des organisations caritatives. « Après tout, il est difficile pour de nombreuses organisations caritatives de solliciter des dons en ces temps difficiles pour le pays », avait alors écrit Terry Xu sur sa page Facebook. 

À lire aussi : Pourquoi la nouvelle loi singapourienne contre l’ingérence étrangère inquiète?

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