Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Chine: le site Bilibili épinglé pour ses conditions de travail après la mort d'un de ses salariés

logo de RFI RFI 10/02/2022 Stéphane Lagarde
Un passant passe devant le logo du site de vidéo en ligne Bilibili à Hangzhou en mars 2021. © AFP - STR Un passant passe devant le logo du site de vidéo en ligne Bilibili à Hangzhou en mars 2021.

La plateforme chinoise de vidéo en ligne Bilibili s’apprête à embaucher 1 000 modérateurs supplémentaires. Une annonce suite à la mort l’un de ses jeunes employés sur son lieu de travail pendant les vacances du nouvel an lunaire. Un décès qui a relancé le débat sur le temps de travail et les horaires à rallonge dans le secteur numérique.

de notre correspondant à Pékin,

« Crépuscule cœur de bois » - « Twilight Muxin » - (le nom qu’il s’était choisi sur les réseaux) est décédé le 4 février dernier, le jour de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, a confirmé Bilibili. Il y avait probablement beaucoup de contenu à modérer ce jour-là. La Chine était en vacances pour le Nouvel an lunaire, mais comme dans la plupart des entreprises de la high-tech, le jeune superviseur était lui à son poste à surveiller à ce que rien ne dépasse dans le flot de vidéos publiées par les utilisateurs du YouTube chinois. 

Journées de 12 heures 

Dans l’après-midi,l’employé âgé de 24 ans fait un malaise. Il est victime d’une hémorragie cérébrale. Il a juste le temps d’appeler les secours qui se seraient révélés « inefficaces » et le jeune homme serait mort à l’hôpital selon le communiqué du groupe.

Des internautes, dont certains se présentent comme ses collègues, affirment depuis son décès que le jeune homme était sur un planning « 9.9.6 » 9h - 21 h, six jour sur sept. Des journées de 12h, jamais affichées sur les tableaux de service, mais qui sont devenues monnaie courante ces dernières années chez Alibaba et autres géants des nouvelles technologies, jusqu’à entraîner le phénomène « Tang Ping », littéralement le fait de vouloir « rester allongé » plutôt que de se battre pour décrocher un bullshit job ou un emploi dans les usines à heures supplémentaires non payées.

Plainte en diffamation 

Bilibili a réagi dans un premier communiqué mardi dernier affirmant avoir présenté des excuses aux parents, tout en niant les heures supplémentaires et affirme que l’employé travaillait huit heures par jours, cinq jours par semaine. « Nous devons procéder activement à des améliorations pour surveiller la santé de nos employés et empêcher que de semblables tragédies se reproduisent » dit encore le communiqué de la compagnie qui s’apprête à embaucher 1 000 modérateurs de contenus.

Le blogueur Wang Luobei, qui a révélé le décès sur le réseau Sina Weibo, a reçu mercredi soir une lettre des avocats du groupe le menaçant d’une plainte en diffamation pour son post publié le 6 février dernier à minuit. Intitulé « Un employé de Bilibili est mort soudainement à cause du surmenage durant les vacances du printemps », le message diffusé sur le réseau Weibo a déclenché le lendemain une avalanche de commentaires dénonçant le surmenage dans les entreprises du secteur. Des annonces qui pour de nombreux internautes sonnent comme des aveux sur le non respect supposé des rythmes de travail au sein de l’entreprise.  

Publicité
Publicité

Plus de RFI

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon