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Covid-19 : l’immunité collective, utopique ou possible ?

logo de Paris Match Paris Match 27/06/2022 Dr Philippe Gorny

Les réinfections après une première contamination et les infections après la vaccination sont devenues fréquentes. Faut-il s’en inquiéter ? Bilan de la situation.

© Getty Images

Les personnes infectées une ou plusieurs fois de suite ou l’ayant été malgré les vaccins courent désormais les rues. La fréquence de ce scénario sème le doute quant à la possibilité par un moyen ou un autre d’être durablement immunisé contre le Sars-CoV-2. Pour couronner le tout, la pandémie semble repartir malgré l’approche de l’été . Au 7 juin, en France, le nombre moyen de nouveaux cas positifs quotidiens (22 842) était en augmentation de 27,1 % (source : gouvernement.fr). Une tendance itérative depuis fin mai. Elle laisse augurer des vagues de pics. Les sous-variants d’Omicron mènent la danse. Après BA.1, c’est BA.2 qui est devenu majoritaire chez nous (plus de 94 % des cas) ; mais il sera bientôt détrôné par ses cousins, les variants BA.4 et BA.5, qui se propagent plus vite que lui. Décortiquons cette situation.

Les infections après la vaccination

Elles ne sont pas dues à une couverture vaccinale insuffisante : 84 % des Français, âgés de 12 ans ou plus, ont été entièrement vaccinés (solidarites-sante.gouv.fr) et à des taux élevés pour certaines tranches d’âge (92 % à 94 % des 60-69 ans, 100 % des 70-74 ans). Un tel niveau devrait assurer une immunisation collective. Il n’en est rien. Car, quel que soit le vaccin utilisé, la protection s’estompe en six mois. Autre raison : la rapidité d’apparition des nouveaux variants qui, en mutant de façon toujours plus accélérée, changent constamment leur apparence pour échapper à nos défenses immunitaires. Ils ont gagné en transmissibilité mais pas en sévérité. La forme clinique de l’infection est souvent marquée pendant 48 à 72 heures par des symptômes désagréables proches d’un gros rhume, pouvant combiner toux, fièvre, maux de tête, gorge douloureuse, écoulement nasal, gêne à la respiration, courbatures, myalgies et surtout grosse fatigue qui risque de se prolonger quelques jours. Une perte transitoire du goût et de l’odorat survient parfois. Mais de nombreux cas asymptomatiques existent aussi. Hors terrain vulnérable, l’ensemble de ces formes reste sans danger. Vis-à-vis de ces sous-variants, les vaccinés gardent un risque global de formes sévères réduit de 95 %.

Les réinfections après une première contamination


Vidéo: Covid-19: vers une 4e dose de vaccin pour tous d'ici l'automne ? (BFM Business)

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Elles sont définies par un test PCR redevenu positif 90 ou 120 jours après un premier test positif. Très rares au début de la pandémie, elles ont crû de façon modeste jusqu’à l’arrivée d’Omicron (fin 2021, début 2022) et sont fréquentes depuis. Avant Omicron, par exemple, le taux de réinfection dans l’État de New York était de 4,8 % (259 307 cas sur un total de 5 401 953 primo-infections). Il était de 4,3 % au Royaume-Uni (620 000 cas sur 14,5 millions de primo-infectés). L’Office britannique des statistiques estime qu’il serait maintenant quinze fois plus élevé ! Peut-être même avec des délais raccourcis : des études ont montré la possibilité d’une réinfection par BA.2 après une infection par BA.1, dans un délai inférieur à 60 jours. Il s’est agi de cas limités. Mais qu’en est-il aujourd’hui avec des sous-variants plus transmissibles ? Bonne nouvelle : les symptômes d’une majorité de ces réinfections sont souvent moindres que les primo-infections, parfois même quasi inexistants.

Les personnes ayant été à la fois infectées et vaccinées bénéficient de l’immunité la plus forte

Quelle est la meilleure immunité anti-Covid ?

Deux études, l’une brésilienne menée sur plus de 200 000 sujets vaccinés ou primo-infectés, l’autre suédoise qui a analysé les données de trois grandes cohortes (2 039 106 sujets primo-infectés, 962 318 vaccinés d’une dose, 567 810 vaccinés de deux doses) ont montré que les personnes ayant été à la fois infectées et vaccinées bénéficient de l’immunité la plus forte et la plus durable (une vingtaine de mois environ).

Lire aussi.Covid-19: les vaccins ont évité près de 20 millions de morts en 2021

Conclusion

Tous les infectés ou réinfectés ont intérêt à se faire vacciner. Tous les vaccinés infectés ont intérêt à recevoir un rappel. Tous les non-vaccinés encore non infectés de moins de 60 ans et/ou sans comorbidités, mais qui seront prochainement contaminés, devront se féliciter de cette immunisation naturelle et non s’en inquiéter. Les seuls qui restent en danger sont les plus vulnérables (âge, maladie), surtout s’ils ne sont pas immunisés. L’arrivée d’un variant dangereux ne peut être exclue, mais la tournure que prend la pandémie est plutôt de s’atténuer au fil du temps et d’évoluer vers un banal rhume endémique. Les conditions d’une immunité collective sont peut-être enfin réunies. Restons optimistes !

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