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Des milliers d’enfants dans des camps en Syrie doivent être rapatriés d’«urgence», alerte Amnesty

logo de RFI RFI 30/11/2021 RFI
L'ONU a tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises au sujet des mineurs détenus dans les camps de Syrie, condamnant l'attitude de pays comme la France. Ici, un enfant dans un camp de Quneitra, en Syrie, le 19 janvier 2018. © Alaa Faqir, Reuters L'ONU a tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises au sujet des mineurs détenus dans les camps de Syrie, condamnant l'attitude de pays comme la France. Ici, un enfant dans un camp de Quneitra, en Syrie, le 19 janvier 2018.

L’ONG Amnesty International a appelé mardi 30 novembre les pays à rapatrier les enfants étrangers enfermés dans des camps au nord-est de la Syrie à les rapatrier de toute urgence. D'après les chiffres de la commission d'enquête de l'ONU, 27 000 enfants citoyens d'environ 60 pays sont détenus dans des camps administrés par l'administration autonome kurdo-syrienne. Parmi eux se trouvent 200 enfants français que Paris n'a toujours pas rapatriés.

Ce sont au moins 27 000 enfants étrangers exposés à des conditions « épouvantables » et « potentiellement mortelles et inhumaines », selon le communiqué d’Amnesty International, publié le mardi 30 novembre.

Fils de jihadistes présumés, ces mineurs originaires de Syrie, d'Irak et de plus de 60 pays sont privés arbitrairement de liberté avec des moyens de subsistance limités, soumis à des restrictions de déplacements au sein-même du camp, dans un climat de violence omniprésente, selon l'ONG.

« Ils sont livrés à la misère, aux traumatismes et à la mort, a résumé à l’AFP Diana Semaan, chercheuse sur la Syrie à Amnesty International. Les gouvernements doivent cesser de piétiner leurs obligations relatives aux droits humains et respecter le droit de ces enfants à la vie, à la survie et au développement et organiser rapidement et à titre de priorité leur rapatriement. »

Depuis la chute en mars 2019 de l’organisation terroriste État islamique (EI), des dizaines de milliers de personnes sont détenus notamment dans le camp d'Al-Hol, majoritairement des femmes et des enfants « affiliées à des degrés divers à l'EI ». Des milliers d'autres sont bloquées dans le camp parce qu'elles fuyaient le conflit, selon l'ONG.

Le camp d'Al-Hol est contrôlé par la police kurde des Assayech. La zone, baptisée « l'Annexe », héberge les femmes et les enfants non originaires d'Irak ou de Syrie. Là, des garçons sont retirés, dès l'âge de 12 ans, de « façon arbitraire » à leur mère ou aux personnes qui prennent soin d'eux « uniquement sur la base de soupçons d'une potentielle "radicalisation" », assure Amnesty sur la foi de témoignages.

« Des conséquences de vie ou de mort »


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Pour Lynn Maalouf, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International, les pays doivent rapatrier ses ressortissants mineurs au plus vite :

On est en train de parler de 27 000 enfants non syriens. Donc, cela comprend les enfants irakiens, soit la plus grande majorité. Et l’Irak a commencé déjà à rapatrier ses ressortissants. Mais cela comprend aussi tous les autres pays qui trainent à rapatrier ces enfants.

Car l'Irak a entamé un lent processus de rapatriement en 2021. Mais pour les autres pays, il se fait au cas par cas, à l'instar de la France, qui s’est montée très réticente au retour de ses ressortissants, estimés à au moins 80 femmes et 200 enfants.

« On ne sait pas ce qui se passe » dans les « centres de réadaptation » kurdes

« On ne sait pas exactement ce qui se passe alors dans ce que les Kurdes appellent des "centres de réadaptation" sauf qu'il y a un vrai souci d'accès aux besoin essentiels (nourriture, eau, aide médicale) », poursuit-elle au sujet des camps.

Certains Syriens reçoivent la permission de quitter le camp de manière permanente, un sésame qu'ils ne saisissent pas forcément de peur de retourner dans des zones contrôlées par le gouvernement syrien, par crainte de rentrer sans leurs proches masculins détenus ou disparus ou à cause des coûts élevés du transport.

Quant aux enfants irakiens ou ressortissants de pays tiers, « le rapatriement est la seule chance de quitter le camp », insiste Amnesty.

Plusieurs appels

Ce nouvel appel intervient 12 jours après celui d’un groupe d’avocats et un parlementaire, qui s’est rendu en Irak et dans le nord-est syrien, justement dans le but d'échanger avec les autorités kurdes sur le sort des familles françaises actuellement détenues en Syrie.

« La France abandonne ses enfants, ses ressortissants, dans des camps au Kurdistan, à la merci de conditions sanitaires déplorables, à la merci de Daech qui reprend le pouvoir dans les camps », a déclaré le député écologiste Hubert Julien-Laferrière lors d'une conférence de presse le 18 novembre, regrettant une situation sanitaire « catastrophique ».

La mission - la troisième depuis décembre 2020 - a été conduite du 30 octobre au 3 novembre par la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), le Conseil national des barreaux (CNB), l'association Avocats sans frontières (ASF) France.

Tous réclament « d'organiser sans délai le rapatriement en France des enfants et des femmes de nationalité française détenus au Rojava (nord-est syrien) et de mettre en œuvre toutes les actions possibles en vue de garantir l'acheminement de l'aide humanitaire ».

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