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Allemagne : les sociaux-démocrates en tête, revers cuisant pour les conservateurs

logo de L'Express L'Express 26/09/2021 lexpress.fr

Les sociaux-démocrates d'Olaf Scholz devancent d'une courte tête l'union conservatrice CDU-CSU menée par Armin Laschet.

Olaf Scholz candidat chancelier des sociaux-démocrates allemands (SPD), salue ses partisans au siège du SPD. © Getty Images via AFP Olaf Scholz candidat chancelier des sociaux-démocrates allemands (SPD), salue ses partisans au siège du SPD.

Les sociaux-démocrates allemands sont sortis dimanche en tête des élections législatives avec 25,7% des suffrages, marquant la fin de l'ère Merkel. Mais les conservateurs de la chancelière entendent malgré tout leur disputer la formation du prochain gouvernement. Le SPD et leur chef de file Olaf Scholz (25,7%) devancent d'une courte tête l'union conservatrice CDU-CSU menée par Armin Laschet (24,1%), selon les résultats officiels provisoires. Jamais les conservateurs n'étaient tombés sous le seuil de 30%. Il s'agit d'un cuisant revers pour le camp de la chancelière Angela Merkel au moment où elle doit prendre sa retraite politique. De son côté, Olaf Scholz a parlé d'un "grand succès" et s'est présenté comme le "prochain chancelier." Les Verts arrivent en troisième position avec 14,8% suivis par le parti libéral FDP avec 11,5%.

Malgré leur résultat "décevant", les conservateurs entendent bien former eux aussi le prochain exécutif, a prévenu dans la foulée, Armin Laschet, qui s'est exprimé au côté d'Angela Merkel. Cette compétition qui se profile risque de plonger la première économie européenne dans une longue période de paralysie politique et de tractations entre partis.

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Dès lundi matin, les directions des différents partis susceptibles d'entrer dans une future coalition se réunissent à Berlin et devraient donner des indications sur les alliances qu'elles envisagent. Au-delà, tout reste à faire dans le pays. Car en Allemagne, ce ne sont pas les électeurs qui élisent directement le chef du gouvernement mais les députés, une fois qu'ils ont constitué une majorité. Cette dernière est cette fois particulièrement compliquée à composer car elle doit réunir trois partis - du jamais-vu depuis les années 1950 - du fait d'un émiettement des suffrages. "La partie de poker commence", constate le magazine Der Spiegel. Car "après le vote, les questions essentielles restent ouvertes : qui sera chancelier ? Quelle coalition va gouverner le pays à l'avenir ?", pointe-t-il.

Pour les sociaux-démocrates, les choses sont claires : "Ce qui est certain, c'est que de nombreux citoyens" ont voté SPD car "ils veulent un changement de gouvernement et aussi parce qu'ils veulent que le prochain chancelier s'appelle Olaf Scholz", a déclaré cet homme de 63 ans. Le hic : son rival de centre-droit, malgré un résultat "décevant", n'est pas disposé à rejoindre les bancs de l'opposition : "Nous ferons tout ce que nous pouvons pour construire un gouvernement dirigé par l'Union" CDU-CSU, a assuré le candidat chrétien-démocrate.


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Revers historique pour la CDU

Ces derniers subissent un revers sans précédent depuis 1949 avec au moins huit points de moins qu'en 2017, déjà un niveau historiquement bas pour les conservateurs. Pour la première fois en 72 ans, dans une Allemagne de plus en plus fragmentée, l'union conservatrice tombe sous la barre des 30%. "Les pertes sont amères" a déclaré le secrétaire général de la CDU, Paul Ziemiak. Ce revers jette une ombre sur la fin de règne d'Angela Merkel, dont la popularité reste au zénith au terme de quatre mandats mais qui s'est avérée incapable de préparer sa succession.

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Les Verts et leur candidate Annalena Baerbock, un temps favoris du scrutin, manquent le coche. Maigre motif de satisfaction : ils battent leur record de 2009, quand ils avaient obtenu 10,7% des voix et progressent de six points par rapport à 2017. Les libéraux du FDP, quatrième avec 11,5%, apparaissent comme les "faiseurs de roi" incontournables pour bâtir une future coalition. L'extrême droite de l'AfD, dont l'entrée au Bundestag avait été le principal fait saillant du précédent scrutin de 2017, confirme son enracinement dans le paysage politique allemand. Mais avec 10,5%, ce parti islamophobe miné par des conflits internes, est en léger recul par rapport il y a quatre ans (12,6%).

Une alliance entre le SPD, le FDP et les Verts ?

Le SPD pourrait ainsi s'allier avec les Verts, arrivés troisième du scrutin, et les libéraux du FDP, un parti de droite. Alternativement, ce sont les conservateurs qui pourraient gouverner avec les Verts et le FDP. Selon un sondage de Yougov publié dans la nuit de dimanche à lundi, une majorité des électeurs favorise la première option. Et 43% d'entre eux estiment qu'Olaf Scholz doit devenir le prochain chancelier de la première économie européenne. Si la tendance se confirme, Olaf Scholz, vice-chancelier austère et ministre des Finances du gouvernement sortant, a ainsi des chances de succéder à Angela Merkel, chancelière depuis seize ans, et d'enclencher le "changement" promis en fin de campagne.

L'identité de la troisième force d'appoint reste, elle, totalement incertaine. Les libéraux du FDP, clairement marqués à droite, sont un partenaire possible dans le cadre d'une coalition dite "feu tricolore". Olaf Scholz s'est montré ouvert à des discussions avec ces deux formations en désaccord sur pratiquement tous les sujets.

Les conservateurs eux-mêmes n'ont pas dit leur dernier mot. Leur chef de file, le maladroit et impopulaire Armin Laschet, avait prévenu durant la campagne qu'il pourrait tenter, même cantonné en deuxième place, de bâtir une coalition qui le propulserait à la chancellerie. Après une campagne chaotique marquée par ses erreurs et insuffisances, Amin Laschet, le grand perdant de la soirée, va cependant devoir se montrer très persuasif. Comme un acte manqué, en votant il a enfreint la règle du secret du bulletin, en laissant apparaître son choix devant les caméras.

L'après Merkel risque au final de donner lieu à une nouvelle guerre des chefs au sein de la droite allemande, où la question de l'avenir d'Armin Laschet à la tête de la CDU est posée, huit mois après son élection. Après avoir imposé aux forceps sa candidature au printemps face au Bavarois Markus Söder, bien plus populaire que lui, l'actuel dirigeant de la vaste région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a en effet précipité son camp dans le mur en multipliant les gaffes et en se montrant incapable de mobiliser un camp conservateur gagné par l'usure du pouvoir.

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