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"Elles sont mon alcoolisme à moi" : Trump rattrapé par son passé de harceleur dans une vidéo

logo de L’Obs L’Obs 17/10/2017 Timothée Vilars

"Venez travailler sur mon avion quand vous voulez" : de nouveau menacé par les accusations de la campagne 2016, le président américain voit une nouvelle vidéo édifiante resurgir.

Donald Trump engage une jeune fille en direct, en 2007. © Copyright 2017, L'Obs Donald Trump engage une jeune fille en direct, en 2007.

Il y a un an, la candidature présidentielle de Donald Trump semblait plombée par un enregistrement révélant des propos orduriers à l'égard des femmes. La vidéo, enregistrée à son insu dans un bus en 2005, avait écœuré jusqu'à son propre camp, et encouragé une salve de témoignages sur le passé présumé de harceleur et agresseur sexuel du milliardaire... sans toutefois l'empêcher d'être élu.

Ce dimanche 15 octobre, le site américain BuzzFeed a assuré que la justice avait ordonné à l'équipe de campagne de Donald Trump de lui remettre tous les documents pouvant avoir un lien avec les diverses accusations de harcèlement sexuel ayant visé le candidat républicain lors de la campagne. Une injonction émise en mars dernier, alors que Donald Trump avait déjà été investi président des Etats-Unis, et qui suivait une plainte en diffamation déposée par Summer Zervos, une ancienne candidate de l'émission de télé-réalité "The Apprentice" longtemps présentée par le milliardaire.

Selon la plainte, Donald Trump a fait "plusieurs déclarations mensongères et diffamatoires" à l'encontre de Summer Zervos. Celle-ci accuse le milliardaire de l'avoir caressée et d'avoir tenté de l'embrasser de force, en 2007, dans un hôtel de Los Angeles.

L'injonction oblige l'équipe Trump à remettre à la justice l'ensemble des documents qu'elle pourrait détenir ayant un lien avec "toute accusation" ayant visé le candidat durant sa campagne de 2016 ou lui reprochant "d'avoir soumis" une femme "à des contacts sexuels non consentis et/ou à des comportements sexuels inappropriés".

Une nouvelle vidéo émerge

Le président américain Donald Trump a nié lundi ces accusations en les qualifiant de "fake news" : 

"Tout ce que je peux vous dire c'est que ce sont des informations totalement fausses. C'est faux et inventé", a-t-il déclaré devant la presse à la Maison-Blanche.

Mais dans le contexte mondial de l'affaire Weinstein, alors que la parole des femmes victimes d'agressions et de harcèlement sexuels semble se libérer sur les réseaux sociaux, une autre vidéo a resurgi sur le site d'actualité vidéo américain Now This. Sur ces images édifiantes datant de 2007, Donald Trump se vante de son addiction aux jeunes et belles femmes, à la tribune de la Real Estate & Wealth Expo.

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Le futur président américain, alors âgé de 61 ans, vient d'arriver à la fin de sa prise de parole et répond aux questions de l'auditoire. Une jeune fille au sourire figé, prénommée Juliette, prend alors la parole pour lui faire part de son rêve de devenir hôtesse de l'air, et lui demander comment postuler pour sa compagnie aérienne de luxe.

Visiblement enchanté, Trump l'invite sur scène et, très amusé, lance à la foule :

"Je ne sais pas pourquoi, je sens que je vais l'embaucher..."

Il attrape ensuite vigoureusement la jeune fille par la taille et la serre contre lui quelques instants, sous les vivats de la salle.

"Vous êtes embauchée !", clame Trump.

"Je suis comme un alcoolique"

Et de se lancer dans la narration d'une anecdote toute trumpienne durant laquelle il se vente d'avoir recruté une très jeune hôtesse de l'air sur des critères purement physiques.

"Une jeune fille magnifique, qui devait avoir 17 ou 18 ans, s'était portée candidate pour un poste d'hôtesse de l'air. Tellement magnifique, un canon de classe mondiale... et mes conseillers me disaient 'Monsieur Trump, elle n'a aucune expérience'."

"Malgré tout je l'ai reçue en entretien d'embauche, parce qu'elle était si jolie. Je lui ai demandé : 'Si je peux me permettre, avez-vous une quelconque expérience ?' Elle me répond 'non'. Alors je lui dis : 'Quand pouvez-vous commencer ?'"

Sous les rires, Donald Trump conclut son récit en embrassant Juliette sur la joue et, après lui avoir saisi la main, la laisse repartir en lançant :

"Venez travailler sur mon avion quand vous voulez."

Donald Trump continue son jeu avec la salle, et va encore plus loin. "Si elle devait vraiment travailler dans mon avion, ce serait très dangereux pour moi", ose-t-il. "Je suis comme un alcoolique. J'ai plein d'amis qui sont des gens fantastiques, mais qui sont alcooliques : vous leur mettez un verre de whisky sous les yeux et ils deviennent... [imite des gestes de démence]"

"Voilà mon alcoolisme à moi. Oui Madame, bien Madame..."

Si la vidéo est édifiante, on ne peut pas dire qu'elle dévoile une facette insoupçonnée du personnage. En octobre 2016, la vidéo du bus avait déjà provoqué le lancement du hashtag #NotOkay sur les réseaux sociaux. "Je suis automatiquement attiré par les belles femmes, je les embrasse tout de suite, comme un aimant", y déclarait Donald Trump.

© Fournis par Le Nouvel Obs

"Quand tu es célèbre, elles te laissent faire. Tu peux faire ce que tu veux... les attraper par la ch****, tout ce que tu veux."

Le futur président américain s'était défendu en qualifiant ses déclarations de "plaisanteries de vestiaires". Dans la foulée, une quinzaine de femmes s'étaient exprimées dans la presse en évoquant des attouchements, des intimidations et des baisers forcés. Pour l'heure sans conséquences judiciaires. 

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