Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

En Arménie, une tentative avortée de coup d’Etat militaire

logo de Liberation Liberation 25/02/2021 Veronika Dorman, AFP
Des manifestants de l'opposition dans la capitale arménienne, ce jeudi. © Karo Sahakyan Des manifestants de l'opposition dans la capitale arménienne, ce jeudi.

Au cœur d’une tourmente politique depuis la fin de la guerre dans le Haut-Karabakh, en novembre, l’Arménie a été réveillée, ce jeudi, par un énième soubresaut. Le Premier ministre, Nikol Pachinian a accusé l’armée d’avoir cherché à organiser un putsch. La veille, les généraux, outrés par le renvoi de Tigran Khatchatrian, l’adjoint du chef d’état-major, avaient réclamé la démission du chef du gouvernement. «Je considère que la déclaration de l’état-major est une tentative de coup d’Etat militaire. J’invite tous nos partisans à se rassembler place de la République» à Erevan, a écrit sur sa page Facebook Nikol Pachinian ce jeudi matin, avant de limoger, toujours via Facebook, le général Onik Gasparian, à la tête de l’état-major.

Face à quelque 20 000 partisans rassemblés devant le Parlement, dans le centre de la capitale, Nikol Pachinian a rappelé les généraux à l’ordre : «L’armée […] doit obéir au peuple et aux autorités élues. Ce sont mes ordres et personne ne peut y désobéir», a-t-il martelé, en rappelant aussi qu’il n’a pas reçu de mandat populaire pour organiser des élections anticipées, comme le réclame l’opposition. Celle-ci est aussi descendue dans la rue pour exiger à nouveau la démission de Nikol Pachinian, auquel elle ne pardonne pas, entre autres, de lui avoir pris le pouvoir en 2018. «Nous sommes fatigués de cette constante instabilité […], commençons à nous parler», a encore dit Pachinian, menaçant d’arrestations ceux qui iraient «au-delà de déclarations politiques». En fin de journée, le calme était revenu dans les rues d’Erevan, même si l’opposition a décidé de faire un sit-in sur la place de la Liberté.

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, à Erevan ce jeudi. © Fournis par Liberation Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, à Erevan ce jeudi.

Nikol Pachinian sous le feu des critiques

La Russie, qui a parrainé le cessez-le-feu entre Bakou et Erevan et assure depuis une mission de paix dans le Haut-Karabakh, s’est dit «préoccupée» par la situation et a appelé «au calme». La Turquie, qui a fait la guerre aux côtés de l’Azerbaïdjan, a fermement condamné la «tentative de putsch». Le principal parti d’opposition, Arménie prospère, a déclaré que le Premier ministre avait une «dernière chance» de partir sans «mener le pays vers la guerre civile», tandis que la puissante Eglise apostolique arménienne a appelé les forces politiques à des «négociations pour le bien de la patrie et du peuple».

Depuis des semaines, Nikol Pachinian est sous le feu des critiques et soumis à une pression constante de l’opposition qui manifeste régulièrement et exige son départ. Une importante partie de la population considère que la défaite militaire face à l’Azerbaïdjan, qui a amputé la république sécessionniste du Haut-Karabakh des deux tiers de son territoire et l’a placée sous tutelle russe, est une humiliation nationale et une trahison.

Publicité
Publicité

Plus d'info : Liberation.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon