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"Filières bulgares": le président bulgare dénonce les propos "de bas étage" de Macron

logo de BFMTV BFMTV 04/11/2019 C.M. avec AFP
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Dans un entretien à l'hebdomadaire Valeurs actuelles, Emmanuel Macron a évoqué "des filières bulgares ou ukrainiennes clandestines".

Le président bulgare Roumen Radev a dénoncé dimanche les propos "de bas étage" et "peu nuancés" de son homologue français Emmanuel Macron à propos de "filières bulgares clandestines" de travailleurs en France.

Le président français "a clairement fait état de ses ambitions de leadership européen, mais ses idées auront du mal à se réaliser s'il s'exprime de manière aussi peu nuancée", a déclaré à la presse Roumen Radev. Les propos "de bas étage" et "peu nuancés" d'Emmanuel Macron ressemblent à une "opération de communication intérieure", a-t-il ajouté.

De son côté, le Premier ministre bulgare Boïko Borissov a annoncé dimanche qu'il rencontrerait prochainement le président français. Samedi soir, Boïko Borissov avait indiqué sur Facebook qu'Emmanuel Macron l'avait contacté pour "confirmer son soutien à la Bulgarie" et l'assurer que ses propos avaient été mal interprétés.

Le président bulgare Roumen Radev à Sofia, le 3 novembre 2019. © JULIA LAZAROVA / AFP Le président bulgare Roumen Radev à Sofia, le 3 novembre 2019.

Des propos mal interprétés, selon Macron

Le chef du gouvernement bulgare s'apprête à demander un soutien de Paris sur une adhésion de la Bulgarie à l'antichambre de la zone euro (ERM II, Mécanisme de change européen) et à l'espace Schengen, ainsi que sur le paquet Mobilité concernant le transport routier.

"J'espère qu'il nous compensera, notamment au sujet de Schengen, des routiers et de l'antichambre de l'euro", a poursuivi dimanche Boïko Borissov, relevant la nécessité d'"un fort soutien de la part de la France". 

Dans un entretien mercredi au magazine français Valeurs actuelles, Emmanuel Macron avait dit "préférer avoir de la migration légale, enregistrée, sous quotas, pendant x années, plutôt que du travail détaché dissimulé".

"Je préfère avoir des gens qui viennent de Guinée ou de Côte d'Ivoire légaux, qui sont là et qui font ce travail, (pour des secteurs comme le BTP et la restauration ayant besoin de main-d'oeuvre étrangère, NDLR) que des filières bulgares ou ukrainiennes clandestines", avait ajouté le président français.

Combattre les trafics, plaide Montchalin

Appelée à réagir dimanche, la secrétaire d'État française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin a rappelé le nécessaire travail commun visant à combattre les trafiquants actifs à la frontière orientale de l'Union européenne.

"Il nous faut reconnaître l'existence de passeurs au sein même de l'UE. Il y a des filières, des trafiquants humains qui génèrent beaucoup de profits pour eux-mêmes en exploitant la misère", a-t-elle déclaré à la radio Europe 1, la télévision CNews et au quotidien Les Échos

La Bulgarie est membre de l'UE depuis 2007. Elle ne participe pas encore à l'espace de libre circulation Schengen auquel elle aspire depuis une dizaine d'années.  

Macron dans le viseur des nationalistes bulgares

Sofia espère pouvoir poser sa candidature d'ici avril 2020 à l'union bancaire et à l'ERM II, le cadre de régulation bancaire de la zone euro et le système de parité fixe dans lequel un État doit rester un certain temps avant d'entrer dans la zone euro.

Le secteur bulgare du transport routier, qui fournit 12% du PIB national, accuse Paris de protectionnisme, alors qu'Emmanuel Macron fait pression pour imposer de nouvelles restrictions aux chauffeurs routiers détachés.

Emmanuel Macron est régulièrement accusé par les nationalistes bulgares qui participent à la coalition gouvernementale de prêter peu d'attention aux intérêts de la Bulgarie, pays le plus pauvre de l'UE.

Elle est parmi les pays d'Europe centrale et orientale ayant exprimé  leur déception, après l'opposition de la France au lancement des négociations d'adhésion à l'UE de la Macédoine du Nord et de l'Albanie.

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