Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Frappes en Syrie: la Russie prévient qu'il y aura des conséquences

logo de RFI RFI 14/04/2018 RFI

Le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, le 11 avril 2018. © Sergei Ilnitsky/Pool via REUTERS Le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, le 11 avril 2018.

Les frappes militaires occidentales en Syrie reviennent à « insulter le président russe », un acte qui sera suivi de conséquences, a averti l'ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov.

Relire la vidéo

« Un coup a été porté contre la capitale d'un État souverain qui a tenté pendant de nombreuses années de survivre au milieu d'une agression terroriste » a écrit sur Facebook la porte-parole du ministère, Maria Zakharova. Les frappes occidentales contre la Syrie interviennent « au moment où elle avait une chance d'avoir un avenir pacifique », a-t-elle déclaré. Elle se référait au fait que les forces gouvernementales syriennes soutenues par la Russie ont repris ces derniers mois une grande partie des territoires qui étaient tenus par les groupes rebelles.

Les frappes militaires occidentales en Syrie reviennent à « insulter le président russe », un acte qui sera suivi de conséquences, a également averti l'ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov. « Nous avions averti que de telles actions appelleraient des conséquences », a écrit le diplomate dans un communiqué. « Nos mises en garde ont été ignorées », a-t-il déploré.

« Aucun des missiles de croisière tirés par les États-Unis et par leurs alliés n'est entré dans la zone de responsabilité des défenses aériennes russes qui protègent les installations à Tartous et à Hmeimim », a toutefois indiqué le ministère dans un communiqué cité par l'agence de presse d'État RIA Novosti.

Ces frappes visent à « entraver » une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui devait entamer ce samedi 14 avril son enquête à Douma sur une attaque chimique présumée, selon Sana. L'agence cite une source au ministère des Affaires étrangères qui accuse les Occidentaux de chercher ainsi à dissimuler « leurs mensonges ».

La communauté internationale réagit de toute part

Le Canada, par la voix du Premier ministre Justin Trudeau, a au contraire soutenu l'intervention militaire des Occidentaux. L'OTAN a également apporté son « soutien » aux frappes qui selon elle vont réduire la capacité du régime à mener d'autres attaques chimiques.

Un communiqué publié par l'Élysée précise que « la France et ses partenaires reprendront, dès aujourd'hui, leurs efforts aux Nations unies pour permettre la mise en place d'un mécanisme international d'établissement des responsabilités, prévenir l'impunité et empêcher toute velléité de récidive du régime syrien ».

L'organisation Amnesty International a demandé de « minimiser le tort » causé aux civils dans les frappes aériennes menées en Syrie. « Le peuple syrien a déjà enduré six années d'un conflit dévastateur, et des attaques chimiques dont beaucoup sont des crimes de guerre », déplore l'ONG. « Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires » menées en représailles à l'usage présumé d'armes chimiques par Damas contre sa population, a-t-elle exigé.

Les démocrates demandent un débat au Congrès

« Une nuit de frappes aériennes ne peut se substituer à une stratégie cohérente », a commenté Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Le président Trump « doit venir devant le Congrès pour obtenir une nouvelle Autorisation d'employer la force militaire (AUMF), pour présenter un ensemble clair d'objectifs, et enfin faire en sorte que [le président russe Vladimir, NDLR] Poutine ait à rendre des comptes pour le bain de sang qu'il a permis », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

De son côté, le régime équatorien a également réagi sur Twitter. « Avec la force de la dignité, la défense de la paix, des peuples du monde, nous condamnons énergiquement l'attaque démente de Trump contre le peuple frère de Syrie », a dénoncé le président bolivien Evo Morales.

L'Iran, principal allié régional de Damas, a mis en garde contre les « conséquences régionales » des frappes ciblées menées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni contre la Syrie tout en les condamnant « fermement ». « Les États-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont mené cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste », a affirmé le ministère iranien des Affaires étrangères, selon le site Telegram de son porte-parole Bahram Ghassemi.

« Cette agression vise à compenser l'échec des terroristes » dans la Ghouta orientale, qui vient d'être reprise par l'armée syrienne et ses alliés, ajoute le texte qui dénonce une « violation claire des règles et des lois internationales ». L'Iran envoie des « conseillers militaires » et des volontaires iraniens, afghans, pakistanais et irakiens en Syrie pour épauler l'armée syrienne contre les groupes jihadistes et rebelles.

Israël a justifié les frappes en Syrie en affirmant que le régime de ce pays continue ses « actions meurtrières », a indiqué un responsable israélien. « L'an dernier, le président américain Donald Trump a fait savoir que l'utilisation d'armes chimiques reviendrait à violer une ligne rouge. Cette nuit sous la direction américaine, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont agi en conséquence. La Syrie continue ses actions meurtrières », a ajouté le responsable israélien, qui a requis l'anonymat.

L'ONU appelle au respect du droit international

« J'appelle tous les États membres à faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien », a déclaré, pour sa part, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, dans un communiqué. Il a par ailleurs souligné l'importance d'agir en conformité avec la charte de l'ONU et le droit international.

L'intervention militaire occidentale contre la Syrie n'a pas été autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Antonio Guterres a appelé les membres du Conseil de sécurité à se mettre d'accord sur l'ouverture d'une enquête qui établirait l'identité des auteurs d'attaques chimiques en Syrie.

(Avec agences)



Chaque semaine, ne manquez pas le meilleur de l'info!


Publicité
Publicité

Plus d'info : RFI

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon