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Guerre commerciale : les États-Unis isolés lors du G7 Finances

logo de Le Figaro Le Figaro 03/06/2018 Le figaro.fr, AFP agence

Le G7 Finances s'est achevé samedi avec des États-Unis plus isolés que jamais, les alliés de Washington ayant unanimement fustigé la politique commerciale de l'administration Trump.

figarofr: «Nous croyons au G7», a déclaré Steven Mnuchin (à droite), tout en reconnaissant qu'il y avait eu «un consensus unanime sur l'inquiétude» exprimée par les six autres partenaires de Washington en matière de conflit commercial. © BEN NELMS/REUTERS «Nous croyons au G7», a déclaré Steven Mnuchin (à droite), tout en reconnaissant qu'il y avait eu «un consensus unanime sur l'inquiétude» exprimée par les six autres partenaires de Washington en matière de conflit commercial.

Le cadre idyllique de Whistler, station de ski de l'ouest du Canada, n'aura pas suffi à apaiser les tensions. Le G7 Finances s'est achevé samedi sur une protestation unanime contre la politique commerciale agressive américaine, les principaux alliés de Washington exhortant Donald Trump à revenir sur sa décision d'imposer des taxes sur l'acier et l'aluminium la semaine prochaine lors du sommet des chefs d'État qui se tiendra les 8 et 9 juin à Charlevoix, au Québec.

L'administration Trump est en effet montée d'un cran vendredi dernier en mettant en application de nouvelles taxes douanières sur l'acier (à 25%) et l'aluminium (à 10%) en provenance de l'Union européenne (UE), du Canada et du Mexique. Les États-Unis menacent en outre de taxer les importations de voitures, jusqu'à 25%, ce qui serait un coup dur pour des pays exportateurs comme l'Allemagne et le Japon.

Plus un «G6+1» qu'un G7, selon Bruno Le Maire

Signe de la grande discorde, le G7 Finances n'a pas donné lieu à une déclaration commune mais à une succession de conférences de presse séparées. «Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales ont demandé au secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin de faire part (à la Maison Blanche) de leur inquiétude unanime et de leur déception», a déclaré le ministre canadien des Finances Bill Morneau à l'issue de trois jours de réunions entre l'Allemagne, le Canada, la France, le Japon, l'Italie et les États-Unis (la Russie étant exclue depuis 2014).

L'économie de la planète affichant un taux de croissance (+3,9%) solide et inédit depuis la crise financière de 2008, les discussions auraient pu porter sur la meilleure manière de tirer parti de cette conjoncture favorable. Cependant, ont déploré Canada, France et Allemagne, ces discussions ont été largement éclipsées par le spectre d'une guerre commerciale. Ces taxes «compromettent un commerce ouvert et sapent la confiance en l'économie mondiale», a également commenté Bill Morneau, qui a exprimé à son homologue américain Steven Mnuchin dans «des mots durs», selon ses propres termes, le «complet désaccord» d'Ottawa avec Washington.

Le G7 a été «tendu et difficile», a résumé de son côté le ministre français Bruno Le Maire, estimant que cette réunion avait plutôt été un «G6 + 1» avec des États-Unis «seuls contre tous, qui font courir le risque de déstabilisation économique à la planète». «La semaine prochaine dépendra de la décision que l'administration (américaine) est prête à prendre dans les prochains jours et dans les prochaines heures, je ne parle pas de semaines à venir», pour éviter une guerre commerciale, a-t-il estimé.

Deux tweets de Trump en guise de conclusion

«Nous croyons au G7», a rétorqué Steven Mnuchin, tout en reconnaissant qu'il y avait eu «un consensus unanime sur l'inquiétude» exprimée par les six autres partenaires de Washington en matière de conflit commercial. Il a assuré qu'il en avait fait part au président Donald Trump à l'approche du sommet des chefs d'État et de gouvernement qui va se dérouler vendredi et samedi prochains.

Au moment où les discussions s'achevaient à Whistler, le président des États-Unis s'est fendu, comme il en a l'habitude, de nouveaux tweets fustigeant le libre-échange: «Si nous taxons à hauteur de 0 un pays pour qu'il nous vende ses marchandises et qu'en retour, il taxe à 25, 50 ou 100% les nôtres (...) ce n'est pas un commerce libre et équitable, c'est du commerce stupide!», a-t-il écrit.

Et dans un second tweet, il a une nouvelle fois martelé qu'avec un déficit de biens de quelque 800 milliards de dollars, les Etats-Unis avaient été «arnaqués par les autres pays depuis des années». En incluant les services, le déficit américain avec le reste du monde s'est élevé à 566 milliards en 2017.

L'OMC et la Chine dans l'équation

L'Union européenne et le Canada ont d'ores et déjà saisi l'Organisation mondiale du commerce (OMC) tandis que le Mexique a adopté des représailles sur des produits américains. Mais de l'avis de tous, la guerre commerciale n'est toutefois pas encore déclarée tant que Donald Trump ne met pas à exécution ses menaces d'imposer des taxes sur l'automobile, un des secteurs au coeur des échanges du commerce mondial.

Reste à savoir aussi comment va évoluer l'autre grand front commercial ouvert contre la Chine par Donald Trump. Son secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, est arrivé à Pékin samedi pour trois jours de nouvelles discussions. La Chine a d'ores et déjà prévenu qu'aucun compromis commercial ne serait possible en cas de sanctions douanières américaines.

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