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Hongkong : la Chine adopte la loi controversée sur la sécurité

logo de Le ParisienLe Parisien 30/06/2020 Le Parisien

Malgré les appels des Occidentaux et les nombreuses critiques de l'opposition dans l'ex-colonie britannique, le parlement national en Chine a adopté en deuxième lecture « la loi sur la sécurité nationale à Hongkong ».

Pour Pékin, échaudé par les manifestations monstres, il y a un an, cette loi a pour objectif d'assurer la stabilité, de mettre fin au vandalisme ayant émaillé les manifestations de 2019 dans la ville de 7,5 millions d'habitants mais de réprimer le courant pro-indépendance.

« Cela va permettre de combler efficacement les lacunes juridiques, l'absence de systèmes connexes, en vue de sauvegarder la sécurité nationale, de lutter efficacement contre les activités criminelles concernées, ainsi que de favoriser le maintien de la prospérité et de la stabilité de Hongkong et de protéger les droits et intérêts légitimes des Hongkongais », selon la presse locale.

« La fin de Hongkong »

Si le contenu du texte n'a pas été dévoilé, l'agence de presse officielle Chine nouvelle en avait toutefois donné en juin les grandes lignes, affirmant que la loi entend réprimer le « séparatisme », le « terrorisme », la « subversion » et la « collusion avec des forces extérieures et étrangères. »

Cette mainmise de la Chine est largement critiquée par l'opposition pro-démocratie de Hongkong et par plusieurs pays occidentaux dont les Etats-Unis. Selon eux, cette loi constitue une attaque contre l'autonomie et les libertés du territoire.

Un « organe de sécurité nationale » relevant de Pékin devrait se mettre en place à Hongkong. Celui-ci sera chargé de collecter des informations mais aussi de disposer de certaines prérogatives dans le territoire.

« Cela marque la fin de Hongkong tel que le monde la connaissait. Avec des pouvoirs étendus et une loi mal définie, la ville se transformera en un état de police secrète », a twitté Joshua Wong, une des figures du mouvement pro-démocratie hongkongais.

Jusqu'à présent, depuis sa rétrocession, le territoire disposait d'une large autonomie par rapport à la Chine continentale, en vertu du principe « Un pays, deux systèmes ». Les Hongkongais bénéficiaient de la liberté d'expression, de la liberté de la presse, d'une justice indépendante et du système capitaliste.

Sauf que la région est dirigée par un gouvernement local dont les membres sont systématiquement inféodés à Pékin, aux termes d'un processus de sélection qui écarte les personnalités d'opposition.

Comment va réagir la population ?

Cette loi a déjà provoqué la bronca des gouvernements occidentaux. L'Union européenne (UE) avait fait part de sa « grave préoccupation ». Le G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) a également appelé à revenir sur ce projet. Anticipant le vote et fermement opposé à Pékin sur le dossier hongkongais, Washington a annoncé, lundi, la fin des ventes d'équipement de défense sensible à Hongkong pour éviter « qu'il tombe aux mains » de l'armée chinoise.

VIDÉO. Hongkong : « On n'abandonnera pas » confie un des leaders du mouvement pro démocratie

En outre, depuis la semaine dernière, les Etats-Unis ont annoncé des restrictions de visas pour les responsables chinois accusés de « remettre en cause » l'autonomie du territoire. La Chine a répliqué dès lundi avec une mesure similaire visant les citoyens américains « s'étant mal comportés » en critiquant la loi.

La question est maintenant de savoir quelle sera la réaction de la population de Hongkong ? Des manifestations d'ampleur semblent à première vue difficiles à organiser : les autorités de Hongkong interdisent toujours les rassemblements de plus de 50 personnes en raison de l'épidémie de Covid-19.

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