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Inde: quelle est cette étrange mousse qui s’accumule sur les plages?

logo de Le Figaro Le Figaro 02/12/2019 Adrien Filoche

EN IMAGES - Cette substance blanche s’est formée après une accumulation de produits chimiques déversés dans l’eau. Le phénomène n’est pas nouveau en Inde.

Des Indiens se risquent dans les eaux mousseuses de la Marina Beach à Chennai (sud de l’Inde), le 1er décembre 2019. Arun Sankar / AFP © Arun Sankar Des Indiens se risquent dans les eaux mousseuses de la Marina Beach à Chennai (sud de l’Inde), le 1er décembre 2019. Arun Sankar / AFP

Ce n’est ni de la neige, ni de l’écume qui recouvre depuis quatre jours l’une des plus célèbres plages de Chennai (sud de l’Inde). Cette mousse blanche, dégageant une odeur âcre, est le résultat d’une accumulation de produits chimiques déversés dans l’eau. Malgré une apparence familière, la substance est particulièrement menaçante. Selon les médecins, son contact est susceptible de provoquer des problèmes dermatologiques. Et si ce phénomène n’est pas nouveau en Inde, l’épisode est particulièrement marqué cette année.

Pollution Inde © Arun Sankar Pollution Inde

Malgré le risque, des familles, accompagnées de leurs enfants, continuent de fréquenter la longue plage de Chennai. Les plus jeunes, amusés et intrigués, pataugent dans la mousse qui s’étend sur plusieurs kilomètres de côte. Autrefois immaculée, la Marina Beach attire chaque week-end des dizaines de milliers de personnes et est au cœur de la vie de la ville.

© AFP

«Il est clair que ce n’est pas bon pour les gens d’aller dans la mousse mais ils ne comprennent pas les risques», déplore Pravakar Mishra, scientifique au Centre national de recherche côtière à Chennai, qui confirme avoir noté une hausse des volumes de cette substance ces dernières années.

A boy plays with foam formed from pollution at the Marina beach in Chennai © XXSTRINGERXX xxxxx/REUTERS A boy plays with foam formed from pollution at the Marina beach in Chennai

Selon Pravakar Mishra, la formation de la mousse est le résultat de résidus de lessive mêlés à d’autres déchets. Les autorités mettent aussi en cause les eaux usées et l’accumulation de déchets industriels. Des experts mettent en lien l’épisode de mousse avec les fortes pluies des derniers jours. Les précipitations ont en effet accéléré les rejets d’eaux usées et de phosphate dans la mer.

People stand on the Marina beach filled with foam formed from pollution in Chennai © XXSTRINGERXX xxxxx/REUTERS People stand on the Marina beach filled with foam formed from pollution in Chennai

Comme de nombreuses plages indiennes, la Marina beach de Chennai a déjà été recouverte par cette même mousse blanchâtre, notamment en novembre 2018. Une preuve que les épisodes de pollution sont récurrents en Inde à cette période de l’année. En réponse, l’agence anti-pollution de l’État du Tamil Nadu a annoncé avoir fait des prélèvements de mousse à des fins d’analyse.

INDIA-ENVIRONMENT-POLLUTION © ARUN SANKAR/AFP INDIA-ENVIRONMENT-POLLUTION

Dans une Inde (presque) habituée à la pollution ambiante, ce dernier phénomène d’apparition de mousse sur les côtes fait écho aux pics de pollution observés depuis plusieurs semaines dans le pays. Le 3 novembre, la capitale New Delhi s’était réveillée dans un épais brouillard de pollution, forçant de nombreux vols à se dérouter vers d’autres aéroports. «La pollution a atteint des niveaux insupportables», avait déploré le ministre en chef de Delhi Arvind Kejriwal.

Hindu women worship the sun god in the polluted waters of the river Yamuna during the Hindu religious festival of Chhath Puja in New Delhi © Adnan Abidi/REUTERS Hindu women worship the sun god in the polluted waters of the river Yamuna during the Hindu religious festival of Chhath Puja in New Delhi

«La pollution est désormais une plus grande menace pour les plages indiennes que la montée des océans», alerte Pravakar Mishra, évoquant les égouts, les microplastiques qui tuent les poissons et les sacs et déchets plastiques qui jonchent le sable. En 2017, la pollution de l’air a causé 1,2 million de décès prématurés en Inde selon la revue scientifique The Lancet.

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