Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Israël-Palestine : 42 morts dans la nuit à Gaza, la pression diplomatique s’intensifie

logo de Liberation Liberation 16/05/2021 LIBERATION, AFP
Des Palestiniens à proximité d'un immeuble détruit par les bombardements israéliens, à Gaza, le 13 mai. © Khalil Hamra Des Palestiniens à proximité d'un immeuble détruit par les bombardements israéliens, à Gaza, le 13 mai.

Entré dimanche dans son septième jour, le conflit sanglant entre Israël et le Hamas ne montre pour l’heure aucun signe de répit, en dépit d’efforts diplomatiques croissants. Ce dimanche après-midi, une attaque à la voiture bélier visant des forces de sécurité israélienne à Jérusalem-Est a fait entre quatre et sept blessés, selon les sources. Dans la nuit précédente, l’aviation israélienne a mené son raid le plus intense – et le plus meurtrier – de la semaine contre l’enclave palestinienne, tuant 42 personnes, dont 16 femmes et au moins 10 enfants, selon le ministère local de la Santé.

Selon une source sécuritaire palestinienne, une pluie d’environ 150 missiles s’est abattue pendant une heure sur Gaza, dont la moitié visant le quartier résidentiel d’Al-Wahda. Au moins trois bâtiments ont été rasés et les secours tentaient dimanche matin de retrouver des survivants dans les décombres, rapporte l’agence américaine Associated Press. Parmi les victimes se trouvent dix femmes, huit enfants et deux médecins, dont le docteur Ayman Abu al-Ouf, chef du département de médecine interne à l’hôpital Al-Shifa, le plus grand complexe de santé de Gaza.

Nétanyahou inflexible

Depuis lundi, les raids israéliens à Gaza ont fait au moins 190 morts – dont 57 enfants – et plus de 1 230 blessés. En Israël, dix personnes ont été tuées dont un enfant, et 282 blessées, dans les tirs de roquettes palestiniennes, qui se poursuivent. Selon l’armée israélienne, plus de 120 roquettes ont encore été tirées de Gaza vers l’Etat hébreu la nuit dernière, soit plus de 3 000 depuis lundi, le rythme le plus élevé jamais observé, a indiqué Tsahal. La grande majorité ont été interceptées par le bouclier antimissiles du «Dôme de fer».

«Il n’y a pas d’opération plus juste ou plus morale», a martelé samedi soir dans une intervention télévisée le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Déterminé à infliger le maximum de dégâts humains et matériels au Hamas, il a laissé entendre que les combats dureraient encore «quelques jours» et mis en garde directement les dirigeants du mouvement islamiste : «Vous ne pouvez pas vous cacher, ni au-dessus de la terre, ni en dessous. Personne n’est à l’abri». Dimanche matin, l’armée israélienne a indiqué avoir frappé le domicile du chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinouar. On ignore encore si l’homme, emprisonné pendant vingt ans par Israël puis élu à ce poste en 2017, se trouvait dans l’édifice détruit.

Alors que les deux camps sont jusqu’à présent restés sourds aux multiples appels internationaux à la cessation des hostilités, le Conseil de sécurité de l’ONU a entamé peu après 16 heures (heure de Paris) sa troisième réunion de la semaine, mais la première publique, sur ce sujet. Lors des deux réunions à huis clos tenues lundi puis mercredi, Washington avait empêché l’adoption d’une déclaration unanime appelant à la fin des violences. Selon des diplomates, l’administration Biden souhaitait privilégier les pourparlers bilatéraux plutôt qu’une action au niveau des Nations unies, une institution honnie par son allié israélien.


Vidéo: Israël-Gaza : toujours plus de roquettes, de raids et de morts (Euronews)

VIDÉO SUIVANTE
VIDÉO SUIVANTE

«Les combats doivent cesser immédiatement», a lancé à l’ouverture de la réunion le secrétaire général de l’ONU, appelant toutes les parties à mettre fin au «cycle insensé d’effusion de sang, de destruction et désespoir». Les violences actuelles ont «le potentiel de déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable et d’encourager davantage l’extrémisme, non seulement dans les territoires palestiniens occupés et en Israël, mais dans l’ensemble de la région», a mis en garde le Portugais Antonio Guterres.

Biden s’implique enfin

Très critiqué pour sa discrétion depuis le début de la semaine, Joe Biden a semblé samedi s’impliquer davantage pour tenter d’apaiser les vives tensions entre Israël et le Hamas. Il s’est entretenu dans la journée avec le Premier ministre israélien et, pour la première, avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dont l’influence sur les événements à Gaza, contrôlé par ses rivaux du Hamas, est toutefois inexistante.

Au premier, le président américain a dit sa «grande inquiétude» après l’escalade des violences, ainsi que sa préoccupation concernant «la sécurité des journalistes» après la frappe israélienne qui a détruit l’immeuble abritant l’agence américaine AP et la télé qatarie Al-Jazeera à Gaza. Il a également réaffirmé au leader de l’Etat hébreu son «fort soutien au droit d’Israël à se défendre contre» les attaques menées par le mouvement islamiste Hamas «et d’autres groupes terroristes à Gaza».

Lors de sa discussion avec le président palestinien Mahmoud Abbas, Joe Biden a d’abord demandé que le Hamas «cesse de tirer des roquettes» sur Israël. Le président des Etats-Unis a ensuite «exprimé son soutien à des mesures pour permettre au peuple palestinien de jouir de la dignité, la sécurité, la liberté et les opportunités économiques qu’il mérite». Enfin, le chef d’Etat américain a plaidé pour une «solution négociée à deux Etats», qui est selon lui «la meilleure voie pour parvenir à une résolution juste et durable du conflit israélo-palestinien».

En parallèle, l’émissaire américain dépêché dans la région a rencontré samedi les deux parties. Ce haut responsable du département d’Etat américain, Hady Amr, doit de nouveau s’entretenir dimanche avec des dirigeants israéliens à Jérusalem et se rendre en Cisjordanie occupée pour des discussions avec des responsables palestiniens. Par ailleurs, une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de l’UE se tiendra mardi, a indiqué le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Lors de sa traditionnelle prière dominicale, le pape François s’est exprimé pour la première fois sur les violences de cette semaine, déplorant notamment le décès «inacceptable» de dizaines d’enfants. «J’appelle au calme, et les responsables à faire taire la clameur des armes et à prendre le chemin de la paix», a déclaré le souverain pontife. Ajoutant : «De nombreux innocents sont morts, et parmi eux se trouvent des enfants. C’est terrible. Inacceptable. Leur mort est un signe que [les gens] ne veulent pas construire un futur, mais le détruire. Je me demande où la haine et la vengeance conduira ?»

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du monde samedi en soutien aux Palestiniens, et notamment dans les rues de Paris.

Publicité
Publicité

Plus d'info : Liberation.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon