Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

La COP24 débouche sur un accord sans nouvelles ambitions

logo de L'Express L'Express 16/12/2018

Les Etats se sont accordés sur les règles permettant d'appliquer l'Accord de Paris, mais pas sur de nouveaux objectifs.

L'accord signé à Katowice établit des règles permettant d'appliquer l'accord de Paris de 2015 © REUTERS/Kacper Pempel L'accord signé à Katowice établit des règles permettant d'appliquer l'accord de Paris de 2015

La 24e Conférence climat de l'ONU (COP24) a finalement débouché sur un accord. La communauté internationale a réussi à s'entendre samedi à Katowice (Pologne), pour doter l'accord de Paris, signé en 2015, des outils qui permettront de l'appliquer. Préparé pendant trois ans et finalisé lors de ces 14 derniers jours de négociations tendues, ce "mode d'emploi" d'une centaine de pages fixe notamment les modalités de suivi des actions nationales.

Les règles d'application précisent comment compter les émissions à partir de 2024, et quoi compter, en suivant les directives du Giec, le comité d'experts sur l'évolution du climat. Elles prévoient que les pays soumettent tous les deux ans un rapport expliquant leurs actions. Une flexibilité a cependant été accordée aux pays en développement. 

Les pays du Nord ont promis de passer leur aide climat à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 afin d'aider financièrement les pays en développement à réduire leurs émissions et à s'adapter aux impacts des dérèglements. Quelques pays comme l'Allemagne ont annoncé de nouvelles contributions, notamment au Fonds vert. Et la Banque mondiale a promis 200 milliards de dollars pour la période 2021-2025.

"Suffisamment clair"

Sur Twitter, le président français Emmanuel Macron a salué la signature de cet accord.

Ce manuel d'utilisation "est suffisamment clair pour opérationnaliser l'accord de Paris et c'est une bonne nouvelle", a commenté de son côté la ministre espagnole de l'Environnement Teresa Ribera.

Pas de nouvelles ambitions

Mais les Etats ne se sont pas engagés à faire plus et plus vite contre le réchauffement climatique, malgré l'urgence et les catastrophes qui se déchaînent à travers le monde. Il y a quelques semaines, les scientifiques du Giec tiraient la sonnette d'alarme : dans un monde à +2°C, objectif minimal du pacte climatique de 2015, les impacts seraient bien plus importants que dans un monde à +1,5°C, limite idéale de l'accord.

Mais pour rester sous la limite des 1,5°C supplémentaires, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50% d'ici 2030 par rapport à 2010. Nous en sommes loin : les engagements actuels des Etats annoncent un monde à +3°C, avec son lot de tempêtes, sécheresses, inondations...

Face à ce coup de semonce, nombre de délégations, en particulier les vulnérables États insulaires, espéraient que les pays promettent de relever leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre d'ici 2020.

Frein des Etats-Unis

Mais dans un contexte géopolitique peu propice, c'était peine perdue. Une passe d'arme sur la reconnaissance ou non des conclusions du Giec avait donné le ton en milieu de COP, Etats-Unis, Arabie Saoudite et Russie refusant la mention "accueille favorablement [les conclusions]" dans la décision finale.

"Alors que les États-Unis et trois autres importants pays pétroliers ont empêché l'urgence de l'action d'être pleinement reflétée dans la décision finale, la majorité des pays ont entendu l'alerte désespérée des scientifiques", a commenté Alden Meyer, expert de l'Union of Concerned Scientists.

Sortants de l'accord de Paris mais pour l'instant toujours dedans, les États-Unis ont vivement défendu leurs positions traditionnelles, soulignent les observateurs. D'après eux, leur empreinte est visible, notamment sur les règles concernant les pays en développement, que les Etats-Unis souhaitaient voir alignées sur les règles s'appliquant aux pays du Nord.

AUSSI SUR MSN: La COP24 évite le naufrage

Relire la vidéo

Téléchargez l'application Microsoft News pour Android ou iPhone, et soyez ainsi toujours au courant de l'actualité.

Publicité
Publicité

Plus de L'Express

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon