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Le journal antisémite «Rivarol» perd enfin ses aides à la presse

logo de Liberation Liberation 25/05/2022 Pierre Plottu, Maxime Macé
Jean-Marie Le Pen et Jérôme Bourbon, directeur de la publication de «Rivarol» aux 65 ans du magazine d'extrême droite en 2015. © Yann Castanier Jean-Marie Le Pen et Jérôme Bourbon, directeur de la publication de «Rivarol» aux 65 ans du magazine d'extrême droite en 2015.

C’est une victoire pour les associations de lutte contre le racisme. L’hebdomadaire antisémite Rivarol s’est vu retirer son agrément par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) dont il bénéficiait depuis plusieurs années. L’information a été révélée dans un tweet posté ce mercredi par le site Conspiracy Watch : «La CPPAP a décidé lors de sa réunion du 4 mai 2022 de retirer son agrément à l’hebdomadaire Rivarol, ce qui pourrait le priver à l’avenir de tout financement public direct et indirect.» Une information que Libération a pu confirmer.

Le fait que Rivarol ne dispose plus de cet agrément l’exclut des avantages du régime économique de la presse, soit une TVA à taux réduit de 2,1% (au lieu de 20%), des tarifs postaux préférentiels et un accès aux aides à la presse. Il permet aussi d’être éligible à des conditions de distribution privilégiées dans les réseaux de messagerie de presse. Ainsi, il n’était pas rare de trouver des exemplaires de Rivarol auprès de libraires dans des coins reculés ou au rayon magazine du supermarché du quartier. Son directeur estimait d’ailleurs lui-même que cela représentait quelque 100 000 euros d’aides indirectes de l’Etat par an. Cela fait plusieurs années que l’hebdomadaire bénéficiait de ces avantages malgré des premières alertes auprès des autorités, et notamment le ministère de la Culture, en 2019.

Il aura fallu attendre une tribune publiée en mars par le Monde pour faire avancer les choses. Dans cette dernière, une trentaine d’historiens et de personnalités, parmi lesquels Beate et Serge Klarsfeld, protestaient contre les «aides publiques indirectes» dont bénéficiait le journal. «En niant les faits historiques, Rivarol fait le lit des génocidaires, insulte les rescapés, les familles des victimes et leur mémoire. Le travail éducatif qui incombe à l’Etat et aux historiens ne peut souffrir de laisser Rivarol diffuser ses appels à la haine», écrivaient les signataires.

L’agrément CPPAP dont bénéficiait Rivarol était d’autant plus scandaleux quand on sait que la charte de la commission exclut, parmi d’autres critères «les publications négationnistes, incitant à la haine raciale, à la xénophobie». Rivarol prend pourtant pour cible les juifs et francs-maçons à longueur de colonnes. Jusqu’à produire en octobre un article tentant de réhabiliter l’un des principaux organisateurs de l’Holocauste, le nazi Adolf Eichmann.

Le journal est d’ailleurs dirigé par Jérôme Bourbon, un homme dont on ne compte plus les condamnations pour contestation de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, provocation à la haine envers les Juifs et incitation à la haine raciale, et accueille dans ses pages des auteurs comme Hervé Ryssen que les condamnations récurrentes pour les mêmes motifs ont conduit à faire un passage en prison.

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