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Malaise: le chef de l'agence anti-corruption dans le collimateur de plusieurs ONG et partis

logo de RFI RFI 22/01/2022 RFI
Kuala Lumpur, le 22 janvier 2022: manifestation contre la corruption. Sur l'affiche, le chef de l'agence anti-corruption (MACC) , Azam Baki, suspecté de détenir beaucoup plus d'actions que l'y autorise la loi malaisienne. © AFP - ARIF KARTONO Kuala Lumpur, le 22 janvier 2022: manifestation contre la corruption. Sur l'affiche, le chef de l'agence anti-corruption (MACC) , Azam Baki, suspecté de détenir beaucoup plus d'actions que l'y autorise la loi malaisienne.

Azam Baki est suspecté d’avoir acheté 210 000 euros d’actions il y a quelques années, soit beaucoup plus que ce qui est autorisé par la loi malaisienne pour les fonctionnaires. Le principal intéressé ne dément pas ces faits mais assure que son compte était alors utilisé par son frère, une information que dément l’organe de surveillance des transactions boursières du pays. Trente trois ONG et 11 organisations politiques du pays ont appelé à manifester ce samedi pour demander une enquête et appeler à sa démission.

avec notre correspondante à Kuala Lumpur, Gabrielle Maréchaux

Pour rejoindre ce point de ralliement certains se sont levés tôt… 

En mobilisant 1000 policiers et bloquant 58 artères de la capitale, les autorités malaisiennes ont tout fait pour que cette manifestation non autorisée n’ait pas lieu, mais quelques centaines d’irréductibles sont parvenus à ruser comme ce jeune homme. « On a dû rebrousser chemin pas mal de fois pour arriver jusqu’ici mais fort heureusement ils n’ont pas pu bloquer toutes les rues de Kuala Lumpur.. C’est tout de même très triste pour tous les commerçants qui n’ont pas pu travailler, alors que nous on ne veut que protester pacifiquement… »

La manifestation s’est effectivement déroulée sans heurt mais sous haute vigilance policière. Sur Twitter, certains notent même avec une pointe d’ironie l’effet contre-productif de tout l’arsenal mobilisé pour empêcher cette manifestation, comme cet internaute qui écrit : « Je pensais que la police malaisienne avait appris à ce stade qu’une réponse aussi exagérée à une manifestation en fait un succès ! Cette manifestation est de fait déjà un succès, s’ils avaient juste autorisée la demande initiale de pouvoir défiler pendant une heure, cela aurait fait bien moins de bruit “. 

En ligne comme dans la rue c’est également le caractère absurde du scandale actuel qui était rappelé à travers postes et pancartes où l’on peut lire « Sauvons Azam Baki, vive la corruption ! » 

Dans la manifestation, jeunes et moins jeunes -qui restent anonymes- pointent sous cette affaire ubuesque les symptômes de ce qu’ils considèrent comme un fléau bien plus grand : « C’est vraiment un exemple terrible si même le chef de l’agence anti-corruption est corruptible, regrette une jeune fille sous son masque et sa visière de protection, et cela témoigne aussi d’un manque flagrant de transparence et de clarté dans ces institutions. » 

À lire aussi : en Malaisie, l’ex-Premier ministre Najib Razak condamné à nouveau pour corruption mais reste populaire

En fin de cortège, un homme âgé de quelques décennies de plus analyse rappelle lui des scandales précédents que la Malaisie a connus et évoque la pente de plus en plus décomplexée de la corruption dans son pays :  « Par le passé, le parti actuellement au pouvoir a déjà eu beaucoup de scandales, mais au moins il essayait de le cacher. Aujourd’hui c’est si flagrant... Et ils ne sont pas gênés ; en gros ils disent au peuple, regardez : on peut faire ce qu’on veut et s’en sortir… »

L’affaire qui occupe ces manifestants n’est pour l’instant l’objet d’aucune poursuite judiciaire. Mais la journaliste qui avait révélé l’affaire est elle visée par une plainte pour diffamation.

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