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Nicaragua : Daniel Ortega et son gouvernement interdits d'accès aux États-Unis

logo de France 24 France 24 16/11/2021 FRANCE 24
Le président nicaraguayen Daniel Ortega et sa vice-présidente Rosario Murillo lors d'une marche, à Managua, au Nicaragua, le 5 septembre 2018. © Oswaldo Rivas, Reuters Le président nicaraguayen Daniel Ortega et sa vice-présidente Rosario Murillo lors d'une marche, à Managua, au Nicaragua, le 5 septembre 2018.

La menace planait depuis plusieurs jours : les États-Unis ont interdit d'entrée sur leur sol, mardi, le président du Nicaragua, ainsi que ses ministres et ses proches. L'ancien guérillero sandiniste, âgé de 75 ans, est au pouvoir depuis 2007. Daniel Ortega a remporté, le 7 novembre, une élection présidentielle tronquée, privée d'opposition à la suite de l'emprisonnement de ses principaux rivaux.

Joe Biden a interdit, mardi 16 novembre, d'entrée aux États-Unis le président du Nicaragua, Daniel Ortega, son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo, ainsi qu'un vaste éventail de ministres et responsables du pays, dans une proclamation en forme de dur réquisitoire contre leurs "atteintes" à la démocratie.

"La répression et les abus du gouvernement Ortega et de ceux qui le soutiennent imposent aux États-Unis d'agir", affirme le président américain, dans ce texte publié après l'élection contestée du 7 novembre qui a reconduit Daniel Ortega à la tête de son pays.

"J'ai pris la décision qu'il est dans l'intérêt des États-Unis de restreindre et suspendre l'entrée aux États-Unis" des "membres du gouvernement du Nicaragua, dirigé par le président Daniel Ortega, y compris son épouse et vice-présidente Rosario Murillo", et tous ceux qui sont liés à des actes "portant atteinte aux institutions démocratiques" du pays, ajoute-t-il.

La très longue liste de personae non gratae comprend aussi les élus et les membres de leurs cabinets, les maires et leurs adjoints accusés d'avoir "violé les droits humains pour punir des manifestants pacifiques", ainsi que toute une série de hauts responsables des services de sécurité, d'agences gouvernementales, des services pénitentiaires, du système judiciaire et du ministère de l'Intérieur.

Épouses et enfants également sanctionnés


Vidéo: Au Nicaragua, Daniel Ortega fait main basse sur l'élection présidentielle (France 24)

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En dehors de l'appareil étatique, tous ceux qui ont contribué aux actes dénoncés par Washington sont aussi concernés. Enfin, les épouses et enfants des personnes sanctionnées sont également interdits d'accès sur le territoire américain.

Le Trésor américain avait déjà annoncé lundi des sanctions financières contre le Parquet fédéral du Nicaragua et neuf hauts responsables du pays "en riposte au simulacre d'élections orchestré par le président Daniel Ortega et la vice-présidente Rosario Murillo".

La menace planait depuis le scrutin du 7 novembre, privé d'opposition à la suite de l'emprisonnement des principaux rivaux du président. Le président Biden avait immédiatement qualifié de "comédie" les élections qui ont permis sans surprise la réélection de Daniel Ortega pour un quatrième mandat.

Dans sa proclamation présidentielle, Joe Biden dresse un constat au vitriol sur la situation dans le pays d'Amérique centrale. "Les actes non démocratiques et autoritaires du gouvernement Ortega ont entravé le processus électoral et privé les citoyens du Nicaragua du droit de choisir leurs dirigeants dans des élections libres et justes", a déploré le président américain.

"Environnement répressif" et "climat de peur" 

Il a aussi dénoncé "l'arrestation, sans droit à un procès équitable", de manifestants pacifiques, d'opposants, de journalistes afin d'"étouffer le débat politique".

"La police et les autorités pénitentiaires contribuent à cet environnement répressif" avec des "arrestations pour motifs politiques", a-t-il ajouté. "Les abus physiques et psychologiques des prisonniers politiques", souvent "détenus au secret", sont "intolérables", a-t-il prévenu, mettant aussi en garde contre le "climat de peur entretenu" par des maires pro-Ortega dans leur ville.

Avec la multiplication de nominations de "juges et procureurs contrôlés par le gouvernement", le président "a détourné le système judiciaire afin de bâillonner les voix critiques", tandis que "l'impunité généralisée règne pour les auteurs de crimes commis contre des figures de l'opposition" et la "corruption persistante" sape les fondations des institutions démocratiques, a-t-il poursuivi. 

Avec AFP

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