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Rues désertes, Capitole verrouillé... Washington sous haute tension

logo de Le Figaro Le Figaro 13/01/2021 www.lefigaro.fr
La garde nationale a été déployée à Washington, alors que les représentants doivent lancer ce mercredi la procédure de destitution de Donald Trump. © ERIN SCOTT / REUTERS La garde nationale a été déployée à Washington, alors que les représentants doivent lancer ce mercredi la procédure de destitution de Donald Trump.

Blocs de béton, gyrophares de police, gardes nationaux en treillis et armés, la sécurité est maximale mercredi matin dans le centre de Washington, où le Congrès se prononce sur un deuxième «impeachement» historique de Donald Trump.

Ville fantôme depuis plusieurs mois à la suite des crises sanitaire et économique puis des manifestations antiracistes, la capitale fédérale est désormais le reflet d'un pays à cran, sous tension, encore ébranlé par les événements du 6 janvier au Capitole.

Comment Donald Trump a assisté imperturbable à l’assaut du Capitole

La Garde nationale, force militaire intérieure, protège désormais les lieux avec des hommes en armes, gilets pare-balles et uniforme de combat. Les élus de la Chambre des représentants y sont enfermés pour décider d'une mise en accusation du président républicain, la deuxième de son mandat.

Images saisissantes, des dizaines de militaires ont passé la nuit à l'intérieur du bâtiment du Congrès, dormant encore à même le sol dans les salles et les couloirs alors même que les élus arrivaient.

Le Capitole est entouré d'une clôture de sécurité, tout comme la Maison Blanche depuis le printemps dernier et les manifestations qui avaient suivi la mort de George Floyd, symbole des brutalités policières envers les Américains noirs.

Craignant de nouveaux débordements à l'occasion de l'investiture de M. Biden, les autorités locales et fédérales américaines, dont la maire de Washington ainsi que les gouverneurs du Maryland et de Virginie, les deux Etats voisins, ont appelé à éviter tout déplacement vers la ville la semaine prochaine. Le FBI a averti que des groupes armés préparent des actions avant la cérémonie.

A l'image des commerces qui se sont barricadés et des blocs de béton disposés dans la capitale américaine, Airbnb a annulé toutes les réservations prévues à Washingtonla semaine prochaine, une mesure sans précédent qui montre l'inquiétude des grandes plateformes numériques, décidées à ne pas faciliter d'éventuels débordements et violences pendant l'investiture du futur président américain Joe Biden.

Les crises de 2020 ont bouleversé Washington

Washington, capitale fédérale devenue métropole vibrante ces dernières années, porte les stigmates des crises successives des douze derniers mois.

En y déambulant ces jours-ci, il s'avère difficile de distinguer les planches de restaurants fermés par la pandémie de celles de bâtiments se protégeant des violences.

«C'est la première fois que je me rends (dans le centre de Washington) depuis plus d'un an, et d'habitude il y a des gens partout. C'est très, très calme. Je pense presque que (la ville) n'est plus que l'ombre d'elle-même», soutient Jaime, une mère de famille venue du Maryland qui n'a pas souhaité donner son nom.

Les écoliers qui venaient de tout le pays visiter les institutions américaines restent aujourd'hui chez eux, à l'instar des touristes étrangers. Fini également le bal de fonctionnaires et lobbyistes en costume cravate dans les rues du centre-ville.

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«La ville est essentiellement déserte», affirme Nadine Seiler, 55 ans, qui manifeste tous les jours depuis fin octobre près de la Maison Blanche, en faveur des causes antiracistes. Selon elle, «d'habitude (Washington) est très stressante, mais là c'est comme si tout le monde était parti en vacances».

Les musées, véritables institutions gratuites de Washington, sont aussi fermés depuis mars. La maire Muriel Bowser a en outre récemment élargi les restrictions, de sorte que les restaurants ne peuvent plus servir de clients en intérieur. Selon le site spécialisé Eater, près de 70 restaurants ont dû déjà fermer définitivement leurs portes à Washington depuis le début de la pandémie.

La hausse de la précarité économique est également palpable dans les rues avec l'allongement des files d'attente aux soupes populaires, ou la multiplication des tentes de sans-abri autour des boulevards principaux du centre-ville.

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Les effets durables du mouvement Black Lives Matter

Les rassemblements antiracistes du printemps ont aussi transformé le centre de la capitale.

Les manifestants se retrouvent désormais à chaque évènement sur l'une des principales artères menant à la Maison Blanche, renommée «Black Lives Matter Plaza» par la mairie démocrate, avec «Black Lives Matter» («les vies noires comptent») écrit à même le sol en lettres géantes jaunes.

C'est devenu un lieu de promenade mais aussi de célébrations. C'est là que les Washingtoniens, très majoritairement acquis au parti démocrate, étaient venus fêter bruyamment la victoire de Joe Biden à l'élection du 3 novembre.

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