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Soudan du Sud : en immersion chez les Mundari, pasteurs du Nil

GEO 27/07/2021
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Dans cette région, l’une des plus pauvres du pays le plus jeune du monde – le Soudan du Sud –, vit un peuple pour qui la vache est la plus grande des richesses. Et le plus grand des dangers aussi...

En territoire mundari, sur la rive ouest du Nil Blanc, autour de la petite ville de Terekeka, dans l’Etat de l’Equatoria-Central, les vaches sont au cœur de tout. Les bêtes, élégantes, aux cornes immenses (elles peuvent atteindre plus de deux mètres), sont issues pour la plupart de la race Ankole-Watusi, fruit d’un croisement remontant à plusieurs millénaires entre des bovins égyptiens et indiens. Dans ce pays qui manque de l’essentiel (l'indice de développement humain du Soudan du Sud le place aujourd’hui au 185e rang des nations sur 189), le nombre et la beauté de ces bovins conditionnent la richesse d’un clan, le statut social d’un homme, le prestige d’une famille. Ces dernières années, les conflits, parfois sanglants, se sont multipliés autour du bétail, dans un pays – le plus jeune Etat du monde – en proie à la misère et à l’instabilité politique.

En ce mois de novembre, qui marque le début de la saison sèche, les longues silhouettes des vachers mundari parcourent la savane déjà un peu jaunie par l’absence de pluie, empruntent les pistes de latérite rouge jusqu’à l’herbe grasse des berges du Nil Blanc, qui s’écoule, large et paresseux, dans l’immense plaine. Les troupeaux, forts parfois de milliers de ces têtes, sont guidés par de jeunes hommes et des enfants, qui se déplacent ainsi au gré des saisons, quittant les alentours devenus trop arides des villages pour les bords du fleuve et ses îlots.

Ici, les bouses de vaches ont de multiples usages et vertus

Les Mundari, comme la plupart des peuples nilotiques, sont réputés pour leur haute stature : une femme de 1,80 mètre est considérée comme un peu petite. Un homme se doit quant à lui de mesurer plus de deux mètres. Tandis que les anciens restent au village, les plus vaillants vont donc s’installer pendant quatre, cinq ou six mois en fonction des pluies dans des "camps de bétail", ensembles d’abris précaires pour les hommes et d’enclos pour les vaches.

Aux vachers se joignent des enfants et quelques femmes, chargés de préparer les repas, ramasser les bouses et les faire sécher. Ce combustible a de multiples usages et vertus : il permet de faire la cuisine mais aussi d’éloigner, grâce à la fumée produite, les moustiques et autres insectes qui assaillent bêtes et gens.

Les cendres sont ensuite utilisées comme peinture corporelle pour se protéger du soleil et même comme dentifrice. Les Mundari en enduisent également la peau de leurs vaches afin de créer un écran antiparasite. La vie des pasteurs est ainsi rythmée par les migrations saisonnières du bétail à travers des terres d’une platitude infinie, et par le travail de la terre, la culture d’arachide, surtout, mais aussi de sorgho, de sésame et de maïs...

"Les Mundari, pasteurs du Nil", reportage complet de Gwenaëlle Lenoir (texte) et Eric Lafforgue (photos) à découvrir dans notre numéro d'août 2021 : "La Suisse, ce voisin si méconnu", GEO, 6,50 €, en kiosque à partir du 28 juillet.

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