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Un crash évité, une certification en question : les nouvelles révélations sur le Boeing 737 MAX

logo de L’Obs L’Obs 21/03/2019 L'Obs

Le Boeing 737 MAX de Lion Air avait déjà échappé de peu à un l'accident, lors du vol précédent celui du crash.

Cette photo prise le 10 octobre 2018 montre un Boeing 737-800 de Lion Air à l'aéroport Mutiara Sis Al Jufri à Palu. © Copyright 2019, L'Obs Cette photo prise le 10 octobre 2018 montre un Boeing 737-800 de Lion Air à l'aéroport Mutiara Sis Al Jufri à Palu.

La polémique sur la sécurité des Boeing 737 MAX 8 ne risque pas de retomber. De nouveaux éléments inquiétants viennent en effet d'être révélés dans la presse, alors que les Boeing 737 MAX 8 sont déjà cloués au sol depuis l'accident d'Ethiopian Airlines le 10 mars, le deuxième pour ce type d'appareil après le crash d'un avion de la compagnie Lion Air le 29 octobre 2018 en Indonésie. Ces deux accidents ont fait 346 morts.

Sauvé par un pilote au repos

Selon le site d'information américain Bloomberg, le Boeing 737 MAX de Lion Air qui s'est crashé en octobre 2018 avait échappé de peu à un accident... lors du vol précédent ! C'est un pilote en repos, qui se trouvait dans le cockpit, qui aurait corrigé un dysfonctionnement, rapporte Bloomberg qui a rencontré deux experts indonésiens proches de l'enquête.

Ce pilote, faute de siège disponible en cabine, avait en effet pris place sur une sorte de strapontin dans le cockpit. Quand le système automatique abaissant excessivement le nez de l'avion s'est manifesté, ce passager pas comme les autres a correctement diagnostiqué le problème. Et il connaissait la marche à suivre, puisqu'il l'avait apprise lors d'une formation. Il a pu montrer à l'équipage comment désactiver le système de stabilisation en vol destiné normalement à éviter un décrochage de l'avion, le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System). Ce qui a sauvé l'avion, selon les deux experts indonésiens.

Lion Air n'a souhaité commenter les révélations de Bloomberg. "Toutes les données et informations dont nous disposons sur le vol et l'avion ont été soumises au Comité national indonésien de la sécurité des transports", a déclaré un porte-parole à Bloomberg. "Nous ne pouvons pas faire de commentaire supplémentaire à ce stade en raison de l'enquête en cours sur l'accident."

L'appareil de Lion Air n'aurait pas dû être autorisé à voler après un problème technique lors du vol précédent, avait indiqué l'agence de sécurité des transports en novembre dernier.

"Au cours du vol de Denpasar à Jakarta" précédant celui qui a eu une issue fatale, "l'appareil a subi un problème technique mais le pilote a décidé de continuer le vol", a indiqué Nurcahyo Utomo, le responsable de l'agence. 

"A notre avis, l'avion n'était plus en état de voler et n'aurait pas dû continuer" mais revenir à son point de départ à Denpasar, sur l'île de Bali.

Des pilotes qui fouillent le manuel de l'avion

Le lendemain, l'équipage du vol Lion Air ne connaît pas, lui, la procédure à suivre.

Les boites noires du Boeing 737 MAX qui s'est crashé le 29 octobre révèlent, selon Reuters, que les pilotes ont tenté de trouver une solution et ont passé les dernières minutes à fouiller... dans le manuel de l'avion. Ils voulaient comprendre pourquoi le Boeing 737 MAX s'inclinait vers le bas.

Selon trois sources anonymes ayant eu accès aux boîtes noires, le pilote, qui était aux commandes depuis le décollage, a demandé au co-pilote de chercher une solution dans un manuel listant les événements anormaux. Pendant les neuf minutes suivantes, le Boeing 737 MAX a piqué du nez. Sur les enregistrements, on entend, selon les sources citées par Reuters, le pilote tenter de faire remonter l’avion tandis que le co-pilote fouille frénétiquement le manuel. En vain. La compagnie Lion Air n’a pas souhaité commenter ces informations.

Les premiers éléments de l'enquête concernant le crash du vol Lion Air ont mis en cause un dysfonctionnement sur le système de stabilisation MCAS. Des pilotes américains ont indiqué avoir également rencontré des problèmes avec ce système.

"Boeing et la FAA avaient refusé la demande des compagnies que les pilotes se ré-entraînent avec ce système", assure auprès de l'AFP Bertrand Vilmer, du cabinet d'expertise aéronautique Icare. Selon lui, "pour des problèmes économiques". "S'il faut que le pilote fasse trois heures de simulateur, l'avion est plus cher."

Une certification qui pose question

En parallèle des informations de Bloomberg et Reuters, le ministère américain des Transports (DoT) a indiqué mardi avoir lancé un audit sur le processus de certification du Boeing 737 MAX 8 par la Federal Administration Agency (FAA). 

Dans un communiqué publié mardi, la secrétaire américaine aux Transports, Elaine Chao, a indiqué vouloir "rassembler un historique factuel et objectif sur les actions qui ont débouché sur la certification du 737 MAX 8". La certification est un véritable permis de voler et constitue un sésame incontournable avant l'entrée en service d'un nouvel avion.

Le problème étant que la FAA a, de fait, externalisé en partie depuis une dizaine d'années la certification des avions, la confiant... aux constructeurs aéronautiques eux-mêmes. Des salariés de Boeing accrédités par la FAA ont notamment certifié le fameux système MCAS, selon des sources concordantes citées par l'AFP.

Depuis l'accident le 10 mars du 737 MAX 8 d'Ethiopian, les liens très étroits entre l'avionneur et la FAA sont donc pointés du doigt.

Selon le "Wall Street Journal", le ministère de la Justice (DoJ) a de son côté ouvert une enquête criminelle sur le développement de cet avion.

AUSSI SUR MSN : Ethiopian Airlines - "similitudes" avec le crash de Lion Air

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