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Union européenne : "C'est un long chemin mais c'est important pour le moral des Ukrainiens", selon un spécialiste

logo de franceinfo franceinfo il y a 6 jours Franceinfo

"C'est l'ancrage aux valeurs que sont la démocratie et l'Etat de droit qui est le plus important pour eux", estime Christian Lequesne, professeur à Science Po et spécialiste des questions européennes.

© Fournis par franceinfo

"C'est un long chemin mais c'est important pour le moral des Ukrainiens", estime ce jeudi sur franceinfo Christian Lequesne, professeur à Science Po et spécialiste des questions européennes. L'Ukraine, accompagnée de la Moldavie, a été désignée candidate officielle à l'Union européenne (UE) par le Conseil européen du jeudi 23 juin. L'octroi de ce statut, réclamé par Kiev depuis le début de la guerre avec la Russie en février, est hautement symbolique. "C'est l'ancrage aux valeurs que sont la démocratie et l'Etat de droit qui est le plus important pour eux, explique-t-il. C'est l'opposé de ce que Vladimir Poutine leur impose avec l'invasion militaire."

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franceinfo : Même si ce n'est que symbolique et que le chemin sera long, obtenir le statut de candidat à l'entrée dans l'UE vous semble-t-il important pour les Ukrainiens ?


Vidéo: Comment intègre-t-on l'UE ? Voici les étapes auxquelles l'Ukraine pourrait se confronter (BFMTV)

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Christian Lequesne : Oui parce que, pour l'ensemble des Ukrainiens, c'est l'ancrage aux valeurs de l'Union européenne que sont la démocratie et l'Etat de droit qui est d'abord le plus important. C'est l'opposé de ce que Vladimir Poutine leur impose avec l'invasion militaire. Et puis c'est important pour le moral pour des Ukrainiens toujours en guerre. Ensuite, effectivement, le chemin sera long. Il l'a été pour d'autres candidats. Ça a duré neuf ans pour l'Espagne, dix ans pour la Pologne et la République tchèque. Là, on ne sait pas si ce sera plus long parce qu'on part de plus loin.

Ce sera d'autant plus long que les réformes qu'exige l'UE ne pourront pas être conduites avant la fin de la guerre ?

Tout à fait. C'est d'abord la reconstruction du pays totalement détruit qui sera importante. Hélas, la paix ne se profile pas véritablement. Les autorités ukrainiennes ne pourront considérer qu'ensuite tout travail d'adaptation de leur société et de leur législation à cette perspective d'adhésion. Ça prend du temps. Et puis obtenir le statut de candidat ne veut pas dire entrer dans l'Union européenne.

"C'est un long chemin avec la possibilité à chaque étape de revenir en arrière."

Christian Lequesne, professeur à Science Po et spécialiste des questions européennes

à franceinfo

L'Europe peut-elle mettre en place des coopérations renforcées de façon à tisser des liens au fil des années sans attendre le feu vert total ?

Absolument, parce que quand on est candidat à l'entrée dans l'Union, il y a toute une phase de pré-adhésion où on bénéficie d'un certain nombre de fonds de l'UE et de participation à des programmes européens, comme la mobilité Erasmus des étudiants, importante pour la connexion des sociétés civiles, ou encore des programmes sur les transports, l'énergie, la transformation de l'agriculture. C'est déjà une manière de se rapprocher des standards de l'UE de façon à être prêt le moment venu. Ce qu'il y a de plus difficile, c'est tout ce qui concerne l'Etat de droit, l'indépendance de la justice, la lutte contre la corruption... Là, l'Ukraine comme la plupart des pays des Balkans occidentaux vont devoir y travailler sérieusement. Mais il est fort possible que la guerre ait amené les Ukrainiens à y réfléchir parce qu'ils tiennent aux valeurs européennes, à ces réformes et à les accepter peut-être plus facilement.

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