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Attaque du consulat français en Arabie saoudite : pas de lien a priori avec l’assassinat de Nice

logo de Ouest-France Ouest-France 29/10/2020 Patrick ANGEVIN.
Le consulat de France à Djeddah, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, devant lequel un vigile a été poignardé ce jeudi 29 octobre. © Mohammed Ahmed, AFP Le consulat de France à Djeddah, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, devant lequel un vigile a été poignardé ce jeudi 29 octobre.

Rien à ce stade ne permet de relier l’attaque au couteau devant le consulat français à Djeddah, qui a fait un blessé léger, jeudi 29 octobre, avec l’attentat commis à Nice, ce même jour.

Presque au moment où trois personnes ont été assassinées, jeudi 29 octobre, à Nice, un vigile a été attaqué au couteau et légèrement blessé devant le consulat français à Djeddah, la grande cité de l’ouest de l’Arabie saoudite, proche de La Mecque. L’agresseur est un Saoudien, sur lequel les autorités n’ont donné aucune information. Il a très vite été arrêté dans ce quartier diplomatique ultra-sécurisé, où stationnent de nombreux militaires de la Garde nationale saoudienne.

La victime est un employé d’une société de sécurité locale, sous contrat avec le consulat. Là encore, les autorités n’ont pas précisé s’il s’agit d’un Saoudien ou d’un travailleur immigré. Aucune indication non plus sur le motif de l’agression.

Rien à ce stade ne permet de relier l’attaque de Djeddah avec l’attentat commis à Nice. Ce dernier, perpétré à l’intérieur d’une église, porte la marque des précédents attentats contre les « croisés » inspirés par l’État islamique sur le sol français depuis 2015. L’attaque de Djeddah semble s’inscrire dans l’agitation récente provoquée par les caricatures du prophète Mahomet.

Depuis qu’Emmanuel Macron a défendu la liberté d’expression, le 21 octobre, lors de l’hommage national au professeur assassiné Samuel Paty, et qu’il a rappelé que le blasphème était un droit en France, des manifestations se succèdent dans plusieurs pays musulmans, où ce même blasphème est souvent un délit.

C’était encore le cas jeudi, jour du Mawlid al-Nabi, anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. Plusieurs rassemblements anti-français ont eu lieu en Libye, à l’appel de groupes islamistes. La manifestation la plus importante s’est déroulée mardi à Dacca, la capitale du Bangladesh. Des dizaines de milliers de protestataires y avaient conspué le « démon Macron » et appelé au boycott des produits français. Lancé sur les réseaux sociaux, là encore par des militants islamistes, le mouvement a eu très peu d’effets.

La ville de Djeddah est la grande cité de l’ouest de l’Arabie saoudite. © Ouest-France La ville de Djeddah est la grande cité de l’ouest de l’Arabie saoudite.

Jean-Yves Le Drian tente de faire baisser la pression

Libye et Iran ont critiqué le président français. Mais un seul État, la Turquie, a pris ouvertement position contre la France et a appelé à ce boycott. Le président Recep Tayyip Erdogan a accusé Emmanuel Macron de « diriger une campagne de haine » contre les musulmans allant jusqu’à mettre en cause sa « santé mentale ». Au-delà des caricatures de Mahomet, Erdogan poursuit son bras de fer avec la France, entamé de longue date sur d’autres dossiers : Syrie, Libye…

Mais beaucoup de pays musulmans, pourtant très proches de la France, restent dans l’ambiguïté, coincés entre leurs intérêts et la pression d’une opinion qui ne comprend pas qu’on puisse défendre des caricatures du prophète. Le Maroc, tout en condamnant fermement les attentats, a ainsi dénoncé dimanche « ces provocations offensant le caractère sacré de la religion musulmane ». Et hier, l’Arabie saoudite a certes condamné les attentats de Djedda et de Nice. Mais Ryad avait trois jours plus tôt rejeté des caricatures, « qui engendrent de la haine, de la violence et de l’extrémisme »

La tension a poussé Paris à inviter les expatriés et touristes français à la prudence, « en particulier à l’occasion des déplacements et dans les lieux fréquentés ». Hier, le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian a tenté de faire baisser la pression en lançant un « message de paix au monde musulman » de la part de France, « pays de la tolérance », pas du « mépris ou du rejet ».

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