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Didier Raoult: "Si on m’avait écouté, il y aurait eu deux fois moins de morts” du coronavirus

logo de BFMTV BFMTV 23/06/2020

Le controversé professeur marseillais revient dans une interview dans La Provence sur la gestion de la crise épidémique en France. Didier Raoult estime qu’on n’"a pas soigné les gens" provoquant "une surmortalité".

Didier Raoult sur BFMTV. © BFMTV Didier Raoult sur BFMTV.

"Depuis le début, je le dis, j’ai peur de la peur". Didier Raoult revient dans une interview accordée au journal quotidien La Provence sur la gestion de la crise du coronavirus en France. Pour le professeur marseillais, l’épidémie a été gérée par la "peur" plus que par une "mauvaise gestion médicale". 

"Parmi ces morts, plus de la moitié l’ont été, non pas en raison de la mauvaise gestion médicale, ni du Covid, mais du bordel qu’on a foutu dans la santé, car en pratique on n’a pas soigné les gens", tranche Didier Raoult.

"Deux fois moins de morts"

Le professeur marseillais poursuit en expliquant que les autorités sanitaires n’étaient pas prêtes à l’arrivée d’une telle vague et ont été "terrifiées parce que la moyenne d’âge est importante". "À force d’avoir peur des risques, on n’arrive plus à les gérer", estime-t-il, engendrant alors "une surmortalité". 

"Si on n’avait pas eu peur, on aurait eu deux fois moins de morts, si on m’avait écouté, on aurait eu deux fois moins de morts" pour Didier Raoult qui pense que son discours a été “inaudible”, et rappelant que la surmortalité a été “quatre fois plus à Paris que dans les Bouches-du-Rhône”.

Cette mauvaise préparation est liée également, selon Didier Raoult, à l’absence d’un "véritable programme réfléchi sur le devenir de la recherche hospitalière et médicale". 

"Domaine régalien"

Didier Raoult relance le débat sur la recherche en France et le retrait de l’Etat dans ce domaine. Mis en cause pour sa frénésie de publications, le médecin de la Timone assure avoir fait faire des économies "à l’Assistance publique", argent dont il n’a pas "vu un sou". "En pratique, la recherche médicale est payée par l’industrie pharmaceutique", assure le professeur.

“Alors que les maladies infectieuses, cela devrait être un domaine régalien, martèle encore Didier Raoult. C’est de la défense nationale." Il appelle à la création de "sept infectiopoles en France".

Didier Raoult s’en prend également au conseil scientifique qui selon lui n’a pas fait les bons choix dans la gestion de cette crise. "Si cela avait été un vrai conseil scientifique, on aurait fait des sondages dans quatre ou cinq endroits pour mesurer la cinétique de l’épidémie. On aurait eu des chiffres plutôt que des fantasmes", lance-t-il expliquant avoir été l’un des premiers à définir, grâce à des dépistages, que l’épidémie serait en forme "de cloche". 

"On a fait tout l’inverse"

La gestion de la crise a été selon lui parasitée par "les pieds nickelés" qui ont travaillé sur le Remdesivir, un antiviral envisagé comme traitement du Covid-19. “Il n’y en avait que pour le Remdesivir, s’insurge-t-il. Je n’ai jamais vu ça. La puissance de Gilead!” Didier Raoult réagit également à la polémique autour de l’étude controversée sur l’hydroxychloroquine publiée dans The Lancet. Cette publication avait entraîné l’interdiction de l’utilisation de la molécule contre le covid-19.

“La plus grande faute gouvernementale ne concerne pas les décisions sur la chloroquine. Ils ont été embarqués dans une histoire dont ils n’arrivaient plus à se sortir, dans l’émotion, ils étaient dans la surréaction. En revanche, on a fait tout l’inverse de ce que l’on doit faire dans le traitement des maladies infectieuses”, conclut Didier Raoult.

Le professeur marseillais sera entendu mercredi 24 juin par la commission parlementaire sur la gestion de la crise du coronavirus.

Retrouvez des moyens de soutenir les soignants, les chercheurs, et les personnes en difficulté en cliquant ici

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