Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Le lac de Grand-Lieu, « sentinelle de notre avenir »

logo de Ouest-France Ouest-France 31/07/2021 Michel TANNEAU.
Le lac de Grand-Lieu et ses rivages couvrent 6 000 ha. Sa réserve naturelle nationale de 2 700 ha a 40 ans, cette année. © Franck Dubray/Ouest-France Le lac de Grand-Lieu et ses rivages couvrent 6 000 ha. Sa réserve naturelle nationale de 2 700 ha a 40 ans, cette année.

La réserve naturelle nationale fête ses 40 ans. Mais ce refuge exceptionnel pour les oiseaux est, lui aussi, menacé par le réchauffement climatique, et les pesticides.

Créée le 10 septembre 1980, la réserve naturelle nationale (RNN) fête ses 40 ans. Avec ses 2 700 ha, sur les 6 000 que comptent le lac et ses rivages, elle est la plus grande en France… derrière la Camargue et ses 13 000 ha, classés depuis 1927.

« C’est dire combien il est indispensable de protéger cette nature exceptionnelle, de préserver ce lac de Grand-Lieu qui demeure fragile », souligne Rémi Luglia, président de la Société nationale de la protection de la nature (SNPN). Pour sauvegarder la faune et la flore, et surveiller les lieux, quelques salariés suffisent, il n’en coûte que 200 000 € par an à l’État.

L’eau monte à 33 degrés !

Mis à part les sept pêcheurs professionnels habilités à travailler sur le lac, le grand public ne peut y accéder. « Cela peut paraître frustrant, mais un tourisme de masse nuirait gravement à ce bijou qu’est le lac de Grand-Lieu. C’est pourquoi nous privilégions un tourisme doux et organisé, à partir de la Maison du Lac », rappelle Julien Custot, de la Direction régionale de l’environnement (Dreal).

C’est là que le comité consultatif s’est réuni vendredi 2 octobre, afin de faire le point sur les actions à mener. Il n’y a pas le feu au lac, mais quand même, « les changements climatiques menacent cette réserve », confirme Pascal Otheguy, secrétaire général de la Préfecture. « En septembre, l’eau du lac a atteint 33 degrés, cela n’était jamais arrivé. »

Menaces sur la biodiversité

Au fil des décennies, l’étalement urbain de notre métropole, et l’artificialisation des sols qui en découle, est devenu une menace pour le lac. De même que les pesticides, l’azote et le phosphore, qui déséquilibrent la qualité des eaux des deux rivières (l’Ognon et la Boulogne) et du bassin-versant, qui s’étale sur 800 km2 !

Le comportement de l’Homme a des conséquences négatives sur la biodiversité, à Grand-Lieu comme ailleurs. « On le voit avec l’effondrement de la population d’insectes, la disparition des herbiers centraux, la raréfaction de la flore, ou de la faune avec des espèces comme le rouge-gorge ou l’alouette des champs », énumère Jean-Marc Gillier, directeur de la RNN.

Les spatules et les hérons

Il ne cache pas que cette faune et cette flore sont « de moins en moins résilientes » au fil des années. Alors, tout le monde s’y met pour les protéger : l’État à travers le Conservatoire du littoral, qui possède 7 600 ha dans les Pays de la Loire ; le Département, grâce à la Maison du lac, ouverte en 2014 à Bouaye ; et la SNPN bien sûr. « Le lac de Grandlieu est la sentinelle de notre avenir », résume Julien Custot.

Allez, restons optimistes : 550 couples de spatules blanches se sont reproduits ici. Et à la fin des années 1970, la population française de hérons, enfin protégée, s’était renouvelée à partir de sa colonie de Grand-Lieu.

37 000, c’est le nombre estimé de canards et de foulques qui séjournent sur le lac de Grand-Lieu, en hiver. On dénombre aussi des dizaines de milliers de fauvettes paludicoles, en halte migratoire sur les marais. Ainsi que 30 % de la population française de guifettes moustac. Et dix-sept espèces de chauves-souris…

Publicité
Publicité

Plus de Ouest-France

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon