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Portugal, Allemagne, Grèce... Le Covid-19 joue les trouble-été en Europe

logo de Ouest-France Ouest-France 24/06/2022 Cécile RÉTO.
En Grèce (ici à Oia, sur l’île de Santorin), les contaminations repartent à la hausse alors que les touristes n’ont jamais aussi nombreux à affluer depuis le début de la pandémie. © Archives Franck Dubray/Ouest-France En Grèce (ici à Oia, sur l’île de Santorin), les contaminations repartent à la hausse alors que les touristes n’ont jamais aussi nombreux à affluer depuis le début de la pandémie.

Le Portugal a ouvert le bal dès le mois de mai… Comme la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la plupart des pays européens voient à leur tour les contaminations au Covid-19 repartir à la hausse, sous l’effet des variants BA.4 et BA.5.

Le voilà qui s’invite encore dans nos valises… En deux semaines, le Covid-19 a vu ses contaminations bondir de 57 % en Europe, comparé aux deux précédentes (soit 3,5 millions de nouveaux cas). Le virus est galvanisé par les sous-variants BA.4 et BA.5, des dérivés d’Omicron identifiés dès janvier en Afrique du Sud et au Botswana.

Inutile d’espérer voir cette nouvelle vague freinée par les températures estivales : les derniers pics épidémiques essuyés par ces pays, ainsi que l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont justement eu lieu durant l’été austral.

Lire aussi. CARTE. Covid-19 : un rebond observé en France, quelle est la situation dans d’autres pays d’Europe ?

Il faisait aussi très doux au Portugal, dès le mois de mai 2022. Pourtant très bien vacciné (95 % de la population a reçu deux doses et 76 % trois doses), le pays a été le premier pays d’Europe à trinquer, avec un pic de 70 000 nouveaux cas le mardi 7 juin (un tel seuil n’avait été atteint qu’une fois depuis le début de la pandémie, en janvier). Depuis, les contaminations refluent, avec 15 000 nouveaux cas mercredi. Le Portugal respire.

Infographie. © Ouest-France Infographie.

Où cela chauffe-t-il ?

La flambée est spectaculaire dans toute l’Europe. Vertigineuse, même, à Malte (+ 203 %), en Albanie (+ 167 %), aux Pays-Bas (+ 162 %) et au Luxembourg. Les cas ont aussi plus que doublé en Suisse (+140 %), en Autriche (+ 126 %), au Royaume-Uni (+ 117 %), en France (+ 118 %). Ils sont à peine moins nombreux en République tchèque, Allemagne, Irlande… Partout, le maudit BA.5 devient prédominant.

Pas si grave ?

Les optimistes noteront que si la pandémie suit l’exemple portugais, le reste de l’Europe peut espérer une embellie mi-juillet. Et qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve que BA.4 et BA.5 soient associés à une gravité accrue de l’infection​, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui souligne toutefois qu’il faudra encore un peu de temps pour confirmer cette moindre dangerosité.

Il est déjà avéré que ce nouvel épisode n’engendre pas de ruée massive dans les hôpitaux (+ 24 % en Belgique, + 12 % en Grèce…). Rien à voir avec les premières vagues. Sauf que derrière les statistiques se cache une autre réalité : alors que pointent les vacances, les soignants tirent la sonnette d’alarme quasiment partout. Manque de personnel, de lits, de moyens…

Les services d’urgence sont saturés en France. En Espagne, c’est la tempête​, résume dans El Pais Angela Hernandez, porte-parole du syndicat de médecins Amyts. À Madrid, l’affluence aux urgences a augmenté de moitié, des centres de soins secondaires ayant fermé. Même enfer en Grèce, alors que les touristes affluent. Le pays ne dispose toujours que de 1 000 lits en soins intensifs. Faute de soignants, le nouvel hôpital de Thessalonique (100 lits) reste fermé ; dans celui de Rhodes, un poste sur deux est vacant.

Reste des points noirs…

Sale temps pour les anciens et les personnes à risques, alors que le masque et la plupart des mesures de protection se sont évaporés. Car s’ils semblent moins sévères, ces nouveaux variants prolifèrent à vive allure.

Des données épidémiologiques montrent que BA.5 serait 10 % plus contagieux que BA.2 ​qui avait sévi en début d’année, met en garde Olivier Schwartz, directeur de l’unité Virus et Immunité à l’Institut Pasteur.

Lire aussi. Les effets du Covid long mieux compris

Inévitablement, la multiplication des cas va augmenter le nombre de formes sévères, d’hospitalisations voire de décès… Le Covid a tué 2 981 personnes en Europe, en une semaine. Pays les plus endeuillés : l’Allemagne (461 décès), le Royaume-Uni (374), l’Espagne (365), l’Italie (339), la France (281)…

Notre immunité en berne ?

L’Europe, globalement bien vaccinée, entre dans une phase de déclin immunitaire​, alertait mercredi l’épidémiologiste Mircea T. Sofonea, de l’Université de Montpellier :La protection conférée par une dose ou une infection décroît avec le temps.

Lire aussi. Covid-19. Devrons-nous tous nous faire vacciner à nouveau à la rentrée ?

D’où l’urgence à vacciner les plus fragiles. Sur les 8,7 millions de Français éligibles à la quatrième dose (les plus de 60 ans et personnes souffrant de comorbidités), seule une personne sur quatre l’a déjà reçue. Même lassitude palpable en Allemagne, au Portugal et en Belgique où les autorités n’ont pas encore annoncé l’ouverture de cette quatrième dose à toute la population. Les Espagnols savent déjà qu’ils y auront droit cet automne. Précurseurs, Suède et Finlande proposeront alors une cinquième dose à leurs populations âgées et à risques.

Quant aux anciens malades qui se pensent protégés, prudence… Selon plusieurs études, les personnes infectées par Omicron en début d’année ont développé moins de défenses immunitaires contre BA.4 et BA.5. Elles seraient 7,5 fois moins protégées qu’avec un vaccin. Ces données doivent encore être confirmées, mais le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies constate aussi que ces variants montrent « une capacité à échapper à la protection immunitaire​ ».

L’été s’annonce-t-il masqué ?

La levée des restrictions, au printemps, fait le bonheur… du Covid. Sans l’imposer, les autorités portugaises ont vivement conseillé ​de remettre le masque, dès mai, au travail, dans les endroits clos et les grands rassemblements en plein air. Il est d’ailleurs resté de mise dans tous les centres de soins en Europe. Et dans les transports en commun en Espagne, en Italie, en Grèce, en Allemagne…

Aucun pays, en revanche, n’a annoncé son intention de rétablir d’autres mesures, de type confinement ou couvre-feu. Pas non plus de restrictions de circulations prévues, pour l’instant, entre les États de l’Union européenne. Mais le certificat Covid de l’UE (trois doses de vaccin pour les majeurs – deux pour les 12-18 ans – ou un test négatif) vient d’être prolongé et restera en vigueur jusqu’au 30 juin 2023.

Libre à chaque pays de l’exiger, ou non : l’Italie y a renoncé début juin, mais pourrait vite se raviser. Pour éviter les déconvenues, consulter le site de l’ambassade de France du pays de destination demeure impératif avant tout départ

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