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Salah Abdeslam au procès des attentats du 13-Novembre : « Je vivais comme un libertin »

logo de Ouest-France Ouest-France 02/11/2021 Pierrick BAUDAIS.
Salah Abdeslam durant son audition ce mardi, devant la cour d’assises. © AFP Salah Abdeslam durant son audition ce mardi, devant la cour d’assises.

Durant plus de deux heures ce mardi 2 novembre 2021, Salah Abdeslam, seul survivant des commandos des attentats de Paris, a été questionné sur sa jeunesse. Un peu d’oisiveté, un peu de délinquance et une vie familiale sereine.

Est-ce vrai que chez vos parents vous n’avez manqué de rien ? Que vous aviez tout ?​, demande l’un des trois avocats généraux à Salah Abdeslam. L’accusé, vêtu d’un gilet gris, cheveux ras et barbe fournie, acquiesce. À l’issue de son interrogatoire sur sa personnalité et son parcours avant sa radicalisation, plus que jamais, on se dit que rien ne prédestinait cet homme de nationalité française, âgé aujourd’hui de 32 ans, à devenir l’un des principaux accusés du procès des attentats du 13 novembre 2015.

Retrouvez notre direct de ce mardi 2 novembre consacré au procès des attentats du 13 novembre 2015.

« J’étais quelqu’un de calme »

Il est vrai que durant les presque deux heures et demie d’interrogatoire, Salah Abdeslam s’est peu livré. Prenant du temps pour répondre aux questions, se mordillant les lèvres tout en réfléchissant, répondant par des phrases très courtes et préférant parfois ne rien dire. En tout cas, ne s’énervant à aucun moment. J’ai eu une enfance très simple. Il y a toujours eu une bonne ambiance à la maison. J’étais quelqu’un de calme​, dit-il à propos de son enfance à Molenbeek (une des communes de Bruxelles). Cette fois, c’est le président de la cour d’assises qui confirme : Vos proches vous décrivent effectivement comme quelqu’un de gentil, serviable…

Violent aussi à quelques occasions. Une chaise balancée dans la fenêtre d’un bar après avoir perdu à des jeux d’argent. Une condamnation à quatre mois de prison pour des faits de violence au Maroc : On m’a accusé à tort. La justice au Maroc, c’est pas comme ici…​, esquive-t-il.

Oisiveté, jeux et discothèques

Pour le reste, avant sa radicalisation, son CV de délinquant n’a pas de quoi impressionner une cour d’assises : des condamnations (des amendes le plus souvent) pour excès de vitesse, défaut d’assurance et un an d’emprisonnement, en février 2011, pour une tentative de cambriolage avec Abdelhamid Abaaoud, son ami d’enfance, tué dans l’assaut à Saint-Denis, le 18 novembre 2015.

Sa vie d’avant, c’était autant une vie d’oisiveté que de délinquance. Certains de ses proches le décrivent sortant beaucoup en discothèques. Lui préfère en sourire : Je ne dansais pas. Je ne suis pas vraiment un danseur. ​Il fréquentait aussi les casinos. En Belgique, mais aussi parfois au Pays-Bas et en France. Jouait-il beaucoup d’argent ? Je ne me souviens pas. Je n’étais pas addict. ​Avant d’ajouter quelques instants plus tard : Je vivais comme un libertin : sans se soucier de Dieu. On buvait et on mangeait ce qu’on avait envie de boire et manger.

« Je voulais me marier… »

Dans cette vie d’avant, l’accusé a aussi voyagé : en France, en Chine, en Égypte, en Turquie… Toujours pour le tourisme…​, assure-t-il. Mais comment financiez-vous vos voyages ?​, s’interroge une des magistrates. Salah Abdeslam, titulaire d’un diplôme d’électromécanicien, a en effet peu gagné avec ses boulots d’intérimaire ou lorsqu’il s’était acheté une camionnette pour faire de menus travaux : des livraisons et déménagements. Ma famille m’a aidé​, répond-il après une hésitation.

Seule confidence de l’accusé dans le box : Je voulais me marier, avoir des enfants. J’ai renoncé quand je me suis investi… dans autre chose. ​Sa radicalisation fera l’objet d’un prochain interrogatoire.

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