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«Grand débat» : l'exécutif exhorte Jouanno à quitter la CNDP

logo de Le Figaro Le Figaro 10/01/2019 Arthur Berdah

LE SCAN POLITIQUE - En retrait de la consultation nationale depuis la polémique sur son salaire, l'ex-ministre veut continuer de diriger la CNDP. Sa nomination étant «irrévocable», elle seule peut choisir de démissionner.

figarofr: Chantal Jouanno, le 28 octobre 2015. © BERTRAND GUAY/AFP Chantal Jouanno, le 28 octobre 2015.

Une grande polémique avant même le «grand débat». Ces derniers jours, l'organisation de la consultation nationale voulue par Emmanuel Macron a été entachée par la révélation du salaire de Chantal Jouanno (14.700 euros brut par mois). Censé chapeauter la concertation ès qualités de présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), l'ancienne ministre a finalement annoncé qu'elle se mettait en retrait du «pilotage» des discussions pour éviter de les polluer. «J'ai pris acte de la démission de Mme Jouanno que je regrette», a commenté Édouard Philippe, mercredi. Or, contrairement à ce qu'a avancé le premier ministre, l'exécutif regrette justement que la centriste n'ait pas «démissionné» à proprement parler. En clair, elle va continuer à percevoir les mêmes émoluments... sans accomplir les missions qui incombent à sa fonction.

Il n'en fallait pas plus pour qu'une nouvelle polémique éclate. Et que la quadragénaire soit vivement encouragée à renoncer à l'autorité administrative qu'elle dirige. «Je trouve assez incompréhensible qu'elle (se) soit elle-même exclue, c'est un rendez-vous manqué, et je trouve ça dommage. C'est à elle d'en tirer les enseignements ou à la Commission de le faire», a estimé Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, sur RTL jeudi matin. Selon lui, il est «assez incompréhensible pour nos concitoyens de démissionner de la principale mission confiée à la Commission qu'on préside soi-même». Idem pour le secrétaire général adjoint du MoDem, Richard Ramos, selon qui «les Français ne comprendraient pas que Chantal Jouanno ne quitte pas immédiatement ses fonctions». «Il apparaît urgent de faire la lumière sur l'utilité de l'ensemble des autorités administratives indépendantes, ainsi que sur les rémunérations des dirigeants», a-t-il ajouté auprès de l'AFP.

Un «comité des sages» pour remplacer Jouanno à la tête du «grand débat»?

Invité de France Info, le patron du parti centriste, François Bayrou, n'a lui non plus pas mâché ses mots. Dénonçant «une commission dont la légitimité est nulle, formée de personnes qui n'ont pas été élues et dont on peut s'interroger sur l'expérience», le maire de Pau a rappelé qu'il «existe des intermédiaires qui sont absolument légitimes et qui sont les maires». «Il y a un Parlement. Pourquoi est-ce qu'on n'organise pas à l'Assemblée, au Sénat, un débat par des personnalités qui, elles, sont légitimes puisqu'elles ont été élues?», a-t-il encore interrogé. 

Que ce soit à Matignon ou à l'Élysée, les conseillers du premier ministre et ceux du président peinent à dissimuler leur agacement. «Il y a en France une structure qui est faite pour organiser les débats. On en fait un qui est à la fois “grand” et “national”... Et Chantal Jouanno se retire. C'est ubuesque», s'étrangle-t-on par exemple dans l'entourage d'Édouard Philippe.

Pour remplacer Chantal Jouanno à la tête du «grand débat», une piste est évoquée avec insistance en coulisses: la mise en place d'une sorte de «comité des sages». Si elle voyait le jour, cette structure serait composée d'une à 10 personnes, qui seraient toutes choisies par l'exécutif. Les outils de la CNDP seraient mis à leur disposition, afin de récolter et d'analyser les données obtenues grâce au grand débat. Lors de son intervention, mercredi, Édouard Philippe a assuré que «l'indépendance, la transparence et l'impartialité» étaient des «obligations» à ses yeux, et qu'il les avait érigées au rang de «règles». Il a enfin indiqué qu'une communication serait effectuée «en tout début de semaine» pour dévoiler qui s'occuperait de la consultation. Quant à la présidence de la CNDP, il a rappelé que la nomination de Chantal Jouanno était «irrévocable». Seule sa démission pourrait donc provoquer une nouvelle nomination.

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