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En Bolivie, ces tours funéraires pré-inca qui ont survécu au passage du temps

logo de AFPAFP 02/06/2019 afp.com
Una mujer Aymara camina cerca de dos chullpas en el municipio de Cóndor Amaya, en los Andes bolivianos, el 29 de mayo de 2019 © AIZAR RALDES Una mujer Aymara camina cerca de dos chullpas en el municipio de Cóndor Amaya, en los Andes bolivianos, el 29 de mayo de 2019

Huit tours funéraires pré-incas, construites avec une technique unique au monde et entourées de mythes et de légendes, ont fait l'objet d'une restauration sur une colline du village de Condor Amaya, dans les Andes boliviennes.

Ces tours carrées de couleur rosée, appelées localement des "chullpas", ont été construites à base de terre, de paille et, en moindre quantité, de pierres. Percées d'une petite porte, elles mesurent entre 2 et 8 mètres de haut, et entre 2 et 4 mètres de large.

Un Aymara camina cerca de dos chullpas en el municipio de Cóndor Amaya, en los Andes bolivianos, el 29 de mayo de 2019 © AIZAR RALDES Un Aymara camina cerca de dos chullpas en el municipio de Cóndor Amaya, en los Andes bolivianos, el 29 de mayo de 2019

Situées non loin du village de Condor Amaya, à environ 130 km au sud-ouest de la capitale La Paz, elles ont été édifiées à deux époques différentes : la période des Aymaras (pré-incas) puis celle des Incas-pacajes, explique à l'AFP le spécialiste Guido Mamani.

Una de las 11 chullpas restauradas en el municipio de Cóndor Amaya, en los Andes bolivianos, el 29 de mayo de 2019 © AIZAR RALDES Una de las 11 chullpas restauradas en el municipio de Cóndor Amaya, en los Andes bolivianos, el 29 de mayo de 2019

Les tours les plus anciennes remontent aux années 1.400-1.500 avant J. C., complète Irene Delaveris, une archéologue grecque en charge du site.

Le coutume de construire de telles tours remonte aux Xe et XIe siècle après J.C à l'époque des Aymaras. La pratique s'est ensuite poursuivie jusqu'à la période inca (XIIIe-XVIe) et l'arrivée des premiers Espagnols.

Elles servaient de lieu de sépulture pour les membres de la famille royale ou de l'élite religieuse et militaire.

Il n'existe aucune liste officielle des "chullpas" visibles dans le pays. Dans le seul département de La Paz, environ 300 ont été recensées, selon des chiffres du ministère de la Culture de 2018.

Dans les environs de Condor Amaya, 39 tours sont visibles, dont certaines ont subi les outrages du rude climat andin. Avec l'aide de la coopération suisse, le ministère de la Culture a participé à la restauration de 11 d'entre elles, dont les huit qui se dressent presque en enfilade.

Des constructions similaires existent également au Pérou voisin, certaines de formes circulaires.

- "Comme du textile" -

"Pour moi, c'est l'expression d'une ingénierie unique au monde, parce qu'aucune autre construction n'a été édifiée ailleurs dans le monde avec une telle technique", explique Irene Delaveris.

Les murs des "chullpas" sont faits à partir d'"un mélange de paille (abondante sur place) et de boue" ce qui "créé une fibre comme du textile", explique l'archéologue.

Vecinos de Cóndor Amaya, en los Andes bolivianos, celebran la restauración de 11 chullpas, el 29 de mayo de 2019 © AIZAR RALDES Vecinos de Cóndor Amaya, en los Andes bolivianos, celebran la restauración de 11 chullpas, el 29 de mayo de 2019

Il a également été établi qu'"est présent un composé organique qui n'a pas encore été identifié, mais qui pourrait être du collagène provenant d'os de lamas ou d'une plante locale, ce qui a donné une solidité qui a permis la préservation des tours pendant des siècles".

Toutes les portes des tours de Condor Amaya sont orientées vers l'est, où se lève le soleil, omniprésent dans la mythologie sud-américaine. Cette disposition a engendré des légendes sur les maléfices de l'astre solaire.

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Selon des explications plus rationnelles, cela permettait d'éviter les effets négatifs du vent et des pluies qui arrivent de l'ouest.

Severina Flores, qui élève des moutons dont elle tisse la laine, se souvient que quand elle était enfant les tours suscitaient la crainte. "Quand j'étais +wawa+ (enfant), on nous disait de ne pas nous approcher", raconte à l'AFP cette femme de 29 ans, mère de quatre enfants.

Une légende circule qui dit qu'autrefois les tours pré-incas "vivaient avec la lune" et "se promenaient sur la terre".

Parmi d'autres mythes, l'un raconte que la terre a changé de position et que le soleil a cessé de se lever à l'ouest pour naître à l'est, "brûlant" les "chullpas" qui s'ouvraient dans la direction opposée.

"C'est un mythe, mais c'est précieux, car la mythologie fait aussi partie du patrimoine ", souligne Irene Delaveris.

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