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En Israël, une start-up invente des ruches robotisées pour protéger les abeilles

logo de Liberation Liberation 19/05/2022 LIBERATION, AFP
Une colonie d'abeilles abritée dans une Beehome gérée par un robot, à Beit HaEmek (Israël), le 14 mai. © Jack Guez Une colonie d'abeilles abritée dans une Beehome gérée par un robot, à Beit HaEmek (Israël), le 14 mai.

Des ruches robotisées, qui surveillent les abeilles en permanence : c’est la trouvaille de la start-up israélienne Beewise, créée en 2018. Une centaine de ces dispositifs, appelés «Beehome» («maison des abeilles» en anglais), ont déjà été déployés en Israël et une dizaine aux Etats-Unis, en attendant l’Europe, marché sur lequel la société espère entrer dans deux ans. Leur objectif est de réduire la mortalité des abeilles, pollinisateurs majeurs et garants de la sécurité alimentaire.

Les conteneurs Beehome sont comme des ruches normales en bois, si ce n’est qu’elles sont gérées par un robot placé à l’intérieur qui surveille ces insectes, contrôle leur habitat et leur procure des soins. «Le robot est équipé de capteurs qui lui permettent de savoir ce qu’il se passe dans les cadres», explique Netaly Harari, directrice des opérations de Beewise dans un kibboutz de Galilée, en Israël. Elle précise : «Grâce à l’intelligence artificielle, notre logiciel sait ce dont les abeilles ont besoin.»

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Le robot peut en outre distribuer automatiquement du sucre, de l’eau, des médicaments. En cas de problème, il alerte l’apiculteur via une application. Ce dernier peut alors intervenir à distance depuis son ordinateur et se déplacer si nécessaire. La méga ruche, qui fonctionne à l’énergie solaire, peut aussi réguler la température, éliminer les nuisances et même extraire du miel, grâce à une centrifugeuse intégrée, selon la start-up qui compte 100 employés et a levé environ 76 millions d’euros d’investissement pour développer ses exportations.

Beewise va pour la première fois produire du miel à partir de la fin du mois de mai, le «premier miel au monde fabriqué avec l’intelligence artificielle !», s’enthousiasme Netaly Harari. Pour Shlomki Frankin, un apiculteur de 41 ans qui travaille dans le kibboutz de Galilée, «le robot est un outil pour l’apiculteur, mais il ne le remplace pas». «Je peux effectuer beaucoup de tâches simples à distance comme agrandir la ruche ou la réduire […] ou bien laisser le robot faire cela et me concentrer sur d’autres tâches», raconte-t-il, ajoutant «gagner beaucoup de temps».

70 % des cultures dépendent des abeilles

Ces dernières années, beaucoup d’abeilles ont disparu dans le monde, victimes du «syndrome d’effondrement des colonies», imputé à la combinaison de plusieurs facteurs. «La diminution des champs de fleurs sous l’effet de la construction a réduit les sources et la diversification de l’alimentation des abeilles», explique le professeur Sharoni Shafir qui dirige le centre d’étude des abeilles de l’Université hébraïque à Rehovot. A cela s’ajoutent l’utilisation des pesticides, les maladies et les parasites comme le varroa destructor, un acarien dévastateur, liste le professeur Shafir.

Une part significative de l’alimentation humaine résulte pourtant de la pollinisation, assurée par les insectes, qui permet aux plantes de se reproduire. Plus de 70 % des cultures – quasiment tous les fruits, légumes, oléagineux et protéagineux, épices, café et cacao – en dépendent très fortement. «Les abeilles et autres pollinisateurs sont essentiels à la sécurité alimentaire et à la nutrition», résume l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui célèbre le 20 mai la Journée mondiale des abeilles, pour souligner l’importance de leur préservation.

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