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Jour du dépassement : les "signes vitaux" de la Terre plongent dans le rouge

logo de L'Express L'Express 29/07/2021 Valentin Ehkirch

Ce jeudi, l'humanité a consommé toutes les ressources que la Terre peut générer en un an. Un jour du dépassement qui démontre une surexploitation planétaire aux effets potentiellement catastrophiques.

Photo fournie par le département de la communication de l'Etat du Mato Grosso au Brésil montrant la déforestation dans la municipalité de Colniza, le 29 août 2019 © afp.com/Mayke TOSCANO Photo fournie par le département de la communication de l'Etat du Mato Grosso au Brésil montrant la déforestation dans la municipalité de Colniza, le 29 août 2019

Ce jeudi, l'humanité a consommé l'ensemble des ressources planétaires produites en un an. Ce jour fatidique, appelé "jour du dépassement", avait reculé de trois semaines avec la pandémie de Covid-19. Il n'a fallu qu'une seule année pour que ce bref répit soit effacé par la reprise des activités humaines à un rythme plus important que l'année précédente. "A plus de cinq mois de la fin de l'année, ce 29 juillet nous aurons épuisé le budget planétaire de ressources biologiques pour 2021. Si nous avions besoin d'un rappel de l'urgence climatique et écologique à laquelle nous sommes confrontés, le 'jour du dépassement de la Terre' s'en charge", soulignait Susan Aitken, une conseillère municipale de Glasgow, la ville qui accueillera la COP26 en novembre.

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Cette date peu réjouissante ne cesse de s'avancer dans l'année selon l'ONG américaine Global Footprint Network, qui l'a calculée. Depuis 50 ans ce jour est passé du 29 décembre en 1970, au 11 octobre en 1990, puis au 7 août en 2010. L'effet rebond observé cette année s'explique à la fois par une hausse de l'empreinte carbone de 6,6 % ainsi que par une diminution de la biocapacité forestière mondiale de 0,5 % "due en grande partie au pic de déforestation en Amazonie", selon l'ONG. "Ces données montrent clairement que les plans de relance de l'ère post-Covid 19 ne peuvent réussir à long terme que s'ils s'appuient sur la régénération et la gestion raisonnée des ressources écologiques", estimait Laurel Hanscom, PDG de Global Footprint Network, cité dans un communiqué.

Seuils critiques

Cette surexploitation de la planète n'est pas sans conséquence. Mercredi, une nouvelle étude publiée dans la revue BioScience, est venue démontrer une nouvelle fois les effets de cette pression de l'économie mondiale sur le globe. Records de chaleur, acidité des océans, émissions de carbone, un groupe de scientifiques de premier plan s'est intéressé aux nouveaux records franchis dans les seuils critiques permettant de juger de l'état de la planète. Et pour les scientifiques, la "cause profonde" de tous ces symptômes reste "la surexploitation de la Terre".

Pour dresser ce constat, les auteurs du rapport ont établi 31 "signes vitaux", de la planète, on y retrouve les émissions de gaz à effets de serre, la déforestation, ou encore l'épaisseur des glaciers. "Il existe des preuves croissantes que nous approchons, ou avons déjà franchi, des points de bascule dans des parties critiques du système planétaire, notamment les calottes glaciaires de l'Antarctique occidental et du Groenland, les récifs coralliens d'eau chaude, et la forêt amazonienne", écrivent-ils. Depuis de nombreuses années des scientifiques alertent sur les effets sans retour possible provoqués par le réchauffement global et le changement climatique.

Point de bascule

Un point de bascule pourrait avoir été franchi au sein de la forêt amazonienne, qui sous l'effet des incendies, de la sécheresse et de l'exploitation forestière, est devenue une source d'émissions de carbone plutôt qu'un puits, note ainsi le rapport. "Le taux de perte annuelle de la forêt amazonienne brésilienne a augmenté en 2019 et 2020, atteignant le pic de 1,11 million d'hectares détruits, du jamais vu depuis 12 ans."

Sur la banquise Arctique, l'effet du changement climatique est souvent plus visible qu'ailleurs. En 2020, la banquise minimale estivale de l'Arctique a atteint son deuxième niveau le plus bas en termes de surface, et l'épaisseur des glaciers a également établi un nouveau record de réduction. "Les glaciers fondent beaucoup plus vite qu'on ne le croyait auparavant ; ils perdent 31 % plus de neige et de glace par an qu'il y a à peine 15 ans", écrivent les scientifiques.

D'autres "signes vitaux", tels que la température globale (qui a battu un record en 2020), ou le niveau des océans, ont aussi atteint des chiffres exceptionnels cette année. "Sur les 31 variables que nous suivons, nous avons constaté que 18 sont à de nouveau records historiques", notent-ils. A quelques jours de la publication du dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), et à quelques semaines de l'ouverture de la COP26, ces publications, comme les récents évènements météorologiques extrêmes observés un peu partout à la surface du globe pourraient également jouer un rôle dans la prise de conscience de l'urgence climatique.

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