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Incendie de batterie : rappel d’ampleur inouïe pour Hyundai

logo de Challenges Challenges 25/02/2021 Eric Bergerolle
Hyundai Kona Electric produit en Tchéquie (mars 2020) © Image © Hyundai Hyundai Kona Electric produit en Tchéquie (mars 2020)

La multiplication des cas d'incendie de batterie contraint Hyundai à rappeler à l'atelier 82.000 de ses Kona et Ioniq électriques. L'ampleur inouïe de cette campagne atteste autant de la gravité du défaut que du succès de ces voitures.

Tant que l’automobile à batterie restait l’apanage de quelques farfelus, ses défaillances techniques n’avaient aucune conséquence sur l’existence de Monsieur et Madame Tout-le-Monde. Ce temps est révolu. L’an dernier et pour la première fois de l’histoire de l’automobile, les ventes de véhicules hybrides et électriques ont dépassé celles de Diesel en Europe. Alors, forcément, le consommateur tend l’oreille lorsqu’il entend courir la rumeur de batteries au lithium qui s’enflamment. 

Selon l'Association des constructeurs européens (ACEA), les ventes de véhicules électriques ont doublé en 2020, et celles des hybrides rechargeables ont triplé en Europe, pour dépasser collectivement le million de véhicules vendus. Parmi eux, on trouve une bonne part de Hyundai Kona et Ioniq, deux modèles à succès du constructeur sud-coréen. Commercialisée avec retard, la Volkswagen ID.3 a néanmoins eu le temps de passer devant la Hyundai Kona Electric à la troisième place du classement européen, après la Tesla Model 3 et la Renault ZOE. Mais la Kona Electric (écoulée à 48.537 exemplaires, selon EV Sales) fait mieux que l’Audi e-tron, la Volkswagen e-Golf et la Nissan Leaf. 

Voitures électriques au rappel : mieux vaut prévenir que guérir 

Les défaillances de batteries au lithium-ion sont rares, plus encore les cas d'inflammation spontanée davantage encore. Néanmoins les conséquences d'un incendie sont tellement graves et spectaculaires, que le moindre cas peut avoir des conséquences désastreuses pour l’image du fabricant du produit incriminé comme pour l’automobile électrique en général. Tout scandale ou mouvement de rejet de la part du consommateur aurait des conséquences lourdes pour les constructeurs qui investissent des milliards d’euros dans leur conversion accélérée à la voiture électrique.  

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Depuis le début de sa carrière, fin 2017, la Hyundai Kona Electric a été impliquée dans seize cas rapportés d’échauffement anormalement élevé de sa batterie, qui a pu prendre feu. Après investigation, il s’était avéré qu’un court-circuit pouvait se former entre certaines des accumulateurs au lithium-ion signés LG Energy Solution. Le logiciel de supervision de la batterie était donc modifié en accordance et, en octobre 2020, Hyundai orchestrait le rappel à l’atelier de quelque 77.000 exemplaires de son petit crossover Kona Electric diffusés dans le monde (dont 3.000 rien qu’en France).  

Les incendies continuent, malgré un premier rappel

Si quelques voitures ont reçu pour l’occasion une nouvelle batterie, la majorité sont reparties avec un logiciel mis à jour et un diagnostic poussé. L’une de ces voitures a pris feu en janvier dernier en Corée du Sud, tandis que sa batterie était en charge. Un incident comparable est survenu à bord d’un autobus électrique embarquant une technologie de batterie identique.  

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Depuis quelques semaines, il se murmurait que Hyundai ne pourrait échapper à une seconde campagne de rappel organisée à ses frais, dans l’attente de savoir si la responsabilité de LG Energy Solution peut être mise en cause. La confirmation est tombée la nuit dernière : Hyundai va effectivement rappeler 82.000 voitures dans le monde, dont 75.680 exemplaires de son Kona Electric, 5.715 de sa berline Ioniq Electric et 305 de son autobus Elec City, tous assemblés entre novembre 2017 et mars 2020. 

Le rappel pourrait coûter 735 millions d’euros : qui de LG ou Hyundai va payer ?

Les clients seront informés par un courrier. Toutefois il est important de noter que les Hyundai Kona Electric assemblés en Tchéquie embarquent des batteries signées SK Innovation qui semblent épargnées par le défaut qui affecte les cellules LG Energy Solution. Le ministère coréen des transports croit savoir que les batteries rapportées comme défectueuses provenaient de l’usine chinoise de LG Energy Solution, à Nanjing.  

Aux dernières nouvelles, le Kia e-Niro n’est pas concerné par le rappel, alors même qu’il partage l’essentiel de ses composants avec son cousin Hyundai Kona Electric. C’est parce que Kia fait appel à des batteries assemblées en Corée du Sud par SK Innovation, qui s’enorgueillit d’un bilan sans tâche, aucune, depuis dix ans. 

Terminons en rappelant que Hyundai n’est pas le seul constructeur confronté aux défaillances de la batterie au lithium-ion. L’automne dernier, ce sont des impuretés au cœur des cellules produites par CATL et Samsung-SDI qui étaient à l’origine d’un court-circuit pouvant mener à un incendie à bord des BMW et Mini hybrides rechargeables. Quelque 26.700 véhicules ont été rappelés et contrôlés dans le monde. A peu près au même moment, General Motors et Ford avouaient des défauts sur les batteries de leurs électriques Bolt EV et hybrides rechargeables Kuga PHEV respectives. 

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