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Marathon de Paris: Je le cours pour rendre hommage à mon mari décédé - BLOG

Le Huffington Post 15/10/2021 Claire D.
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MARATHON - Je m’appelle Claire, j’ai 36 ans et deux enfants de 2 et 4 ans. Jusque là, je suis une femme comme tant d’autres. Mais la vie m’a réservé une dure épreuve. En effet, cela fait maintenant un peu plus d’un an et demi que je suis veuve. Oui, quand on est jeune on pense que l’on a toute la vie devant soi. On ne pense pas qu’un jour cela peut s’arrêter. C’est ce qui est pourtant arrivé à mon mari, parti à l’âge de 36 ans, atteint d’une tumeur cérébrale.

J’ai décidé de faire le marathon de Paris. Je le fais pour plusieurs raisons mais la principale est que c’est un hommage pour mon mari. S’il a pu lutter quatre ans contre la maladie, je peux “souffrir”un peu plus de quatre heures en courant. J’ai toujours été sportive et le sport me sert pour le moment de thérapie. (image d'illustration) © Regis Duvignau / Reuters J’ai décidé de faire le marathon de Paris. Je le fais pour plusieurs raisons mais la principale est que c’est un hommage pour mon mari. S’il a pu lutter quatre ans contre la maladie, je peux “souffrir”un peu plus de quatre heures en courant. J’ai toujours été sportive et le sport me sert pour le moment de thérapie. (image d'illustration)

Oui, je suis veuve et j’ai dû apprendre à faire avec. Cela n’a pas été facile. Les enfants m’ont aidé à tenir et à aller de l’avant. Mon mari était un battant, je ne pouvais pas le décevoir, il fallait que je continue à vivre. Je suis d’une nature optimiste donc j’essaie toujours de prendre les choses du bon côté.

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Surmonter l’épreuve du deuil

Lors de ces quatre ans de lutte, nous avions appris à vivre avec la maladie. Cela n’a pas été toujours facile, loin de là. Ni pendant la maladie ni après le décès. Après une première opération en 2014, il a fallu que mon mari réapprenne beaucoup de choses tant physiquement que cognitivement. Heureusement, c’était un grand sportif et le sport l’a aidé à se reconstruire, à reprendre confiance en lui, à avoir un objectif dans la semaine quand il ne travaillait pas. Foot, tennis, padel (sorte de tennis/ pelote basque) tout était prétexte pour rester actif et voir du monde.

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La sensation de ne pas être capable de surmonter cette épreuve et la lourde responsabilité de deux petits êtres dont il fallait gérer les émotions en plus des miennes. Pourquoi lui? Une question sans réponse. Et pas le temps de s’arrêter à penser…. continuer, toujours, pour eux, pour moi, pour lui. Entre les papiers, les enfants et le boulot je n’avais pas une minute à moi. D’où le décision de changer de vie, de rythme, de pays. Mon mari étant espagnol, nous vivions à  Madrid. J’ai décidé de repartir dans mon pays  la France, et de m’installer la campagne.

Courir pour prendre soin de soi

Changement: de pays, d’habitudes, de routine, de langue. Prendre son temps, profiter du moment présent. De voir grandir mes enfants, de les imprégner de tendresse, d’amour et de joie. Prendre le temps de prendre soin de moi. Me reprendre en main après un an intense en tous sens.

Moi qui ai toujours été très active, je décide que l’année 2019/2020 serait le reprise de la course à pied. Depuis petite je courais, là je reprenais simplement quelque chose qui m’avait toujours happé. Courir pour ne pas.penser, relâcher la pression, décompresser.

J’ai alors décidé de faire le marathon de Paris. Je le fais pour plusieurs raisons mais la principale est que c’est un hommage pour mon mari. S’il a pu lutter quatre ans contre la maladie, je peux “souffrir”un peu plus de quatre heures en courant. J’ai toujours été sportive et le sport me sert pour le moment de thérapie.

Courir, c’est vivre

C’est un défi pour moi, un objectif donné et qui me permettra de tourner la page. Je veux aussi montrer à mes enfants que la vie continue et qu’avec de la volonté tout est possible. Grace à la course, je prends soin de moi: je mange sainement, je prends soin de mon corps. Je me sens ainsi bien dans mon corps et dans ma tête, en paix avec moi-même.

Après l’année que j’avais passée entre l’administration, les enfants, le travail et l’usure quotidienne de la vie en ville (Madrid), j’avais besoin de ce retour au calme, où l’on prend le temps de respirer. Courir permet de laisser l’esprit vagabonder, de mettre les jambes et la tête en mode automatique, de profiter des paysages et de la campagne (Avant pays savoyard), écouter son corps et apprendre à ce connaître, à trouver et repousser ses limites. Si lui a pu, moi aussi. Mes enfants seront fiers. Voilà quelques phrases qui me passent par la tête lors des entrainements. Courir pour moi c’est vivre.

Et puis Paris! Pourquoi Paris au fait?

C’est simple, Paris est un symbole pour moi. Ce fut la toute première ville où mon mari et moi sommes allés lorsque nous avons commencé notre histoire d’amour, notre premier week-end officiel. Et ensuite, ce fut la ville que nous avions choisie pour emmener notre fils lors de son troisième anniversaire. Ce sont des très bons souvenirs en famille et j’avais vraiment envie de courir là et de repasser dans les rues ou à côté des grands monuments et endroits que nous avions visités ensemble.

Pour tout cela, j’ai décidé de faire le marathon de Paris et d‘être finischer. Pour toi, Santiago, et pour vous Tiago et Tamara.

À voir également sur Le HuffPost: “Courir le Marathon de Paris 2019 est une revanche”

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