Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

"Overprotected", "Piece of me", "Circus"... Quand Britney Spears chantait son mal-être

logo de BFMTV BFMTV 04/07/2021 Nawal Bonnefoy

Avant même d'être placée sous tutelle, Britney Spears souffrait de sa célébrité, du harcèlement des paparazzis et d'un manque de liberté, comme elle le glissait dans ses chansons.

Britney Spears en mars 2011 © Max Morse / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP Britney Spears en mars 2011

"Je n'ai pas besoin que quelqu’un me dise ce que je veux et ce que je vais faire de mon destin", chantait Britney Spears, en 2001, dans son single Overprotected. Vingt ans plus tard, la popstar "déprimée" et "traumatisée" a demandé, le 23 juin dernier, de lever la tutelle dont elle fait l'objet depuis 2008. Une tutelle stricte qu'elle dit "abusive", et décrit comme "un moyen de contrôle oppressant à son encontre".

Si c'est la première fois que la chanteuse parle publiquement de son manque de liberté, il s'agit, en réalité, d'un thème récurrent de ses chansons - y compris dans celles datant d'avant son placement sous tutelle. En se plongeant dans la discographie de Britney Spears, plusieurs sujets reviennent fréquemment: son besoin vital de se libérer, la cage dorée dans laquelle elle semble enfermée, l'impact négatif des tabloïds, les failles de la célébrité, l'emprise de son entourage ou encore son manque d'indépendance.

Comme prémonitoires, certaines de ses paroles annonçaient déjà, au début de sa carrière, les difficultés qu'elle allait rencontrer. D'autres semblent dissimuler les appels à l'aide d'une jeune femme sans libre-arbitre. À l'heure où Britney se bat pour retrouver sa liberté, certaines de ses chansons prennent alors une toute autre dimension, et résonnent différemment dans le cœur de ses fans, fédérés par le hashtag #FreeBritney. Tour d'horizon, en musique, de ces morceaux qui font écho à ce que traverse la chanteuse.

> "Lucky" (2000)

Deuxième single de son deuxième album studio, Oops I Did It Again, Lucky raconte l'histoire d'un superstar au succès phénoménal. Belle, chanceuse et heureuse (du moins en apparence), Lucky, malgré sa gloire, "pleure, pleure, pleure". "S’il ne manque rien à ma vie, alors pourquoi ces larmes coulent-elles la nuit?", chante Britney Spears.

Les paroles tristes et mélancoliques, qui illustrent les angoisses liées à la célébrité et la solitude des artistes ("Mais dis-moi, il se passe quoi quand tout s'arrête?"), sont noyées sous une mélodie et un rythme entêtants et joyeux.

https://www.youtube.com/embed/4vvBAONkYwI?rel=0

Ce titre, bien qu'il parle d'une "Hollywood girl" et non d'une musicienne, était une parfaite (bien que lugubre) illustration du futur de Britney Spears. Il a d'ailleurs pris une tout autre dimension fin juin, lorsque la star a pris la parole au tribunal de Los Angeles.

"J'ai dit au monde que je suis heureuse et que je vais bien, mais je suis traumatisée", a lancé l'artiste, âgée de 39 ans. "Je ne suis pas heureuse, je ne peux pas dormir. Je suis tellement en colère", a-t-elle insisté, assurant "pleurer tous les jours". Quelques heures après ce témoignage poignant, la chanteuse en a remis une couche sur Instagram:

"En tant qu'être humain, chacun de nous veut une vie de rêve, et d'après ce que je publiais, ma vie pouvait avoir l'air incroyable", a-t-elle expliqué au sujet de ses photos et vidéos où elle avait l'air heureuse. "J'attire votre attention là-dessus, parce que je ne veux pas que les gens croient que ma vie est parfaite, parce qu'elle ne l'est pas du tout, et si vous avez lu les dernières informations sur moi, vous en avez désormais la confirmation".

> "Overprotected" (2001)

Overprotected est le deuxième single de son troisième album studio, sobrement intitulée Britney. Dans cette ode à la liberté, la popstar revendique son envie de s'émanciper, déplore le manque de contrôle qu'elle a sur sa propre vie et se plaint d'être "surprotégée".

"J'ai besoin d'espace, d'amour, et de moi-même", commence-t-elle, avant de poursuivre, quelques lignes plus tard: "Je ne veux pas être autant protégée", ou encore: "Je leur dis ce que j’aime, ce que je veux et ce que je ne veux pas, mais chaque fois que je le fais, on me corrige".

Vingt ans avant de demander la levée de sa tutelle, Britney Spears chantait déjà ce qu'elle allait réclamer au tribunal: qu'on la laisse être libre de faire ses propres choix.


Vidéo: Britney Spears révèle au tribunal subir une contraception forcée (Dailymotion)

Relire la vidéo
https://www.youtube.com/embed/-XrhNZqS4xk?rel=0"Je n'ai pas besoin que quelqu’un me dise ce que je veux, ce que je vais faire de mon destin. Je dis non, non, personne ne me dit ce que je veux faire, j’en ai marre que les gens me disent d’être quelqu’un d’autre que moi", fredonnait-elle en 2001.

Or, durant sa prise de parole au tribunal, Britney Spears a raconté que son entourage l'empêchait notamment d'épouser son petit ami et d'avoir un autre enfant - ce qu'elle désire pourtant. "On vient de me dire que ma tutelle m'empêchait de me marier ou d'avoir un bébé", a déclaré la star, qui a expliqué devant la cour vouloir retirer son stérilet "pour essayer d'avoir un autre enfant". "Mais cette soi-disant équipe refuse de me laisser aller chez le médecin pour le retirer, parce qu'elle ne veut pas que j'ai d'autres enfants", a-t-elle ajouté.

> "My prerogative" (2004)

Cette reprise pop de l'artiste Bobby Brown sort en 2004. Il s'agit d'un single inédit extrait de Greatest Hits, le premier best-of de Britney Spears. Ce morceau est dégainé quelques mois après son mariage rapide et controversé avec Kevin Federline, dont elle demandera le divorce deux ans plus tard - le danseur apparaît d'ailleurs dans le clip.

À cette époque, Britney est sous le feu des critiques: l'ex-petite fiancée de l'Amérique est devenue une femme sexy qui "ose" sortir faire la fête et épouser un homme rencontré six mois plus tôt. Les paparazzis la suivent sans relâche, et les tabloïds décryptent chacun de ses faits et gestes.

https://www.youtube.com/embed/dIOH8Trfas4?rel=0

My Prerogative débute par la voix de Britney qui murmure, telle une confidence: "Les gens peuvent tout t'enlever, mais ils ne peuvent jamais t'enlever ta vérité. Mais la question est: pouvez-vous gérer la mienne?". Impossible de ne pas penser à son témoignage et les révélations choquantes concernant sa tutelle, qui ont fait la une des médias du monde entier en cette fin juin.

"Ils disent que je suis folle, je m’en fous", chante aussi la star, qui sera placée sous tutelle en 2008 à l'issue d'une descente aux enfers et la dégradation de sa santé mentale. Depuis, Britney Spears a fait plusieurs passages en hôpital psychiatrique - le dernier remonte à 2019, officiellement pour "détresse émotionnelle", et coïncide avec son désir d'arrêter la scène. Au tribunal, la chanteuse a indiqué qu'elle y avait été contrainte par son père, son tuteur.

"J’ai pleuré au téléphone pendant une heure, et il en a adoré chaque minute", a-t-elle confié, avant d'ajouter qu'une équipe la surveillait 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. "Ils me regardaient me changer tous les jours, nue, matin, midi et soir. Je n’avais pas de porte et donc d’intimité pour ma chambre".

Encore une fois, les paroles de la chanson évoquent le manque de liberté: "Je n’ai pas besoin de permission, je prends mes propres décisions". Elles mentionnent aussi la pression des médias: "Tout le monde parle de moi, pourquoi ne me laissent-ils pas vivre?", demande Britney.

> "Piece of me" (2007)

Il s'agit du deuxième single extrait de l'album Blackout, opus le plus sombre de la star, qui marque son retour sous les projecteurs après une période trouble marquée par l'acharnement des tabloïds, son rasage de crâne, la perte de la garde de ses enfants, sa dépression ou encore ses problèmes d’alcool et de drogue.

Piece of me est avant tout un hymne anti-paparazzis: "Peu importe si je suis sur scène ou si je m'échappe aux Philippines, ils mettront encore des photos de mes fesses dans leur magazine".

https://www.youtube.com/embed/u4FF6MpcsRw?rel=0

Mais le titre s'attaque aussi à celles et ceux qui souhaitent prendre "un morceau d'elle" - à savoir une part du gâteau. Le mouvement #FreeBritney a souvent pointé du doigt le fait qu'avec la tutelle, ses proches cherchent à garder la main sur sa fortune, estimée à 59 millions de dollars par Business Insider.

Selon un rapport du procès publié par le New York Times, Britney Spears "en a 'marre qu'on profite d'elle' et dit que c'est elle qui travaille et rapporte de l'argent, mais qu'elle paye pour tout le monde autour d'elle". Le journal américain rapporte également qu'en vertu de cette tutelle, la chanteuse doit payer non seulement ses propres frais d'avocat mais aussi ceux, assez considérables, des tuteurs qui contestent ses demandes devant le tribunal.

> Circus (2008)

Dévoilé quelques mois après sa mise sous tutelle, le titre Circus est le deuxième single l'album éponyme, sixième disque studio de la star.

Au premier abord, la chanson parle d'une femme qui aime faire la fête et mettre le feu au dance-floor, décrit comme la scène d'un cirque. Mais comme pour Lucky, cité plus haut, derrière la mélodie pop et entraînante se cachent des paroles à double-sens: "Spotlight on me and I'm ready to break", par exemple, peut-être interprété comme "Le projecteur sur moi et je m'apprête à danser", mais aussi, "et je m'apprête à m'effondrer".

https://www.youtube.com/embed/lVhJ_A8XUgc?rel=0

L'idée de cirque et de Britney au centre du chapiteau fait aussi référence à sa solitude, tandis que tous les regards sont braqués sur elle, prêts à la juger: "Tous les yeux sur moi au centre du ring comme un cirque", chante-t-elle. Le ring, comme dans un combat de boxe, peut aussi évoquer la lutte de la chanteuse, coincée et prisonnière, pendant que tout le monde observe.

Britney Spears attend désormais une nouvelle audience prévue le 14 juillet. Et si la justice tranche en sa faveur et la libère de sa tutelle, nul doute que ses fans célébreront le retour de son indépendance avec ses tubes Stronger ("J’en ai assez, je ne suis plus ta propriété à partir d’aujourd’hui) et I'm a Slave 4 U ("J’ai besoin de faire ce que j’ai envie de faire, alors laissez-moi partir").

Publicité
Publicité

Plus d'info: BFMTV

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon