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Déficit : la France dans les clous en 2019, avant une sortie de route programmée

logo de Boursier Boursier 25/03/2020 Boursier.com

Le déficit public français a atteint en 2019 l'équivalent de 3,0% du produit intérieur brut (PIB), selon les données publiées mercredi par l'Insee. Il s'inscrit donc pour la troisième année consécutive dans les clous européens et est légèrement inférieur aux dernières prévisions du gouvernement, qui l'attendait à 3,1% dans la loi de finance rectificative pour 2020 publiée lundi. Mais il faut désormais s'attendre à un creusement attendu à au moins 3,9% du PIB cette année, du fait de l'impact économique de la crise sanitaire en cours.

L'Insee a parallèlement annoncé une hausse de 65,2 milliards d'euros de la dette publique de la France l'an dernier à 2.380,1 milliards d'euros l'an dernier. Rapportée au PIB, la dette est en revanche restée stable à 98,1%, sous les 98,8% attendu par le gouvernement avant une remontée programmée au-dessus du seuil de 100% cette année.

Marge de manoeuvre

Les ministres de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, et de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, ont estimé dans un communiqué commun que ces chiffres confirmaient "la robustesse des sous-jacents de notre économie avant la crise, faisant de la France une signature solide pour emprunter dans les circonstances actuelles".

Cela permet à "la France de disposer d'un peu plus de marge de manoeuvre pour financer les mesures d'urgence sans précédent mises en place pour faire face à la crise sanitaire" qui entraîneront cette année "un dépassement du seuil de déficit de 3% du PIB et de 100% du PIB pour la dette".

Programme de stabilité

Pour 2020, le gouvernement table pour l'instant sur un déficit public de 3,9% mais ce chiffre sera probablement revu à la hausse dans le programme de stabilité qu'il devra envoyer le mois prochain à la Commission européenne.

La loi actant le plan de soutien de 45 milliards d'euros face aux répercussions sur l'économie de l'épidémie de coronavirus s'appuie en effet sur l'hypothèse d'une contraction de 1% du PIB de la France cette année mais Bruno Le Maire a prévenu mardi que le chiffre de 2020 serait "bien inférieur".

Après les Gilets jaunes, le coronavirus...

Le redressement des finances publiques votée en début de quinquennat avait déjà été mis à mal par le financement des mesures prises pour répondre au mouvement des "Gilets jaunes" (baisse de l'impôt sur le revenu revalorisation des pensions de retraite...). Il est désormais rendue caduque par la nécessité de combattre ce que Bruno Le Maire a décrit comme une crise économique sans précédent depuis la Grande Dépression de 1929.

L'exécutif européen a proposé vendredi l'activation de la "clause dérogatoire générale", qui permet aux Etats membres de l'UE de faire une entorse au cadre budgétaire ordinaire en cas de crise généralisée et la politique budgétaire française "s'inscrira dans le cadre (de ces) flexibilités", ont précisé les ministres de Bercy dans leur communiqué.

© Reuters
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