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Deutsche Bank va-t-elle faire faillite ?

logo de Capital Capital 08/12/2018 Nicolas GALLANT

Après une chute spectaculaire depuis son sommet de 2007, l’action Deutsche Bank risque de poursuivre sa descente aux enfers, selon un expert.

Deutsche Bank va-t-elle faire faillite ? © Pixabay Deutsche Bank va-t-elle faire faillite ?

Ex-”héros” de la finance mondiale, l’établissement allemand Deutsche Bank vaudra-t-il bientôt zéro ? On est en droit de se poser la question, selon Murray Gunn, responsable de la recherche chez Elliott Wave International (acteur de référence de la recherche marchés basée sur l’analyse technique), qui juge que cette ex-icône bancaire européenne est désormais presque totalement tombée en disgrâce. Il faut dire que Deutsche Bank est soupçonnée depuis le mois d'août "d'avoir aidé des clients à créer des sociétés dans des paradis fiscaux", a expliqué à la presse la porte-parole du parquet de Francfort Nadja Niesen. Et Deutsche Bank a aussi été éclaboussée dernièrement par les investigations visant l’établissement financier danois Danske Bank, dont la banque allemande a été la correspondante pendant huit ans. Selon le Financial Times, le géant germanique aurait participé au traitement de 181 milliards d'euros d'opérations suspectes dans le cadre de cette affaire de blanchiment d'argent.

Le 29 novembre, 170 magistrats, policiers et agents des services fiscaux ont entamé aux aurores la fouille de cinq locaux de la banque à Francfort, Eschborn et Gross-Umstadt, ainsi que d'un "domicile privé", saisissant "de nombreux documents écrits et électroniques", rapporte l’AFP. Cette embuscade constitue “la dernière mauvaise nouvelle - et pas des moindres - concernant la banque allemande, qui fut autrefois très puissante”, relève Murray Gunn. Il faut dire que pour Deutsche Bank, visée par des milliers de procédures judiciaires, cette enquête s'ajoute à une longue liste de difficultés. "Chaque fois qu'on peut trébucher sur quelque chose, Deutsche Bank le fait", a indiqué à l’AFP un avocat d'affaires francfortois sous couvert de l'anonymat. Déjà, fin septembre, le gendarme allemand des marchés avait pris la décision inédite de déclencher un audit pour évaluer les progrès du groupe dans la lutte contre la criminalité financière (blanchiment, financement du terrorisme ou du crime organisé).

Alors que Deutsche Bank dégringole depuis dix ans au palmarès des banques mondiales, son action n’est désormais plus que l’ombre d’elle-même. Elle s’échange en effet à 7,75 euros seulement, à l’heure où nous écrivons ces lignes, soit une chute abyssale de 93% depuis son sommet inscrit en mai 2007, à 105,77 euros ! Alors que “la bulle bancaire battait son plein, l’ex-PDG Josef Ackermann notait deux mois plus tôt, dans le rapport 2006, que l’année écoulée avait été marquée par de grands succès et accomplissements pour Deutsche Bank, tandis que plusieurs tendances puissantes façonnaient l’environnement de la banque”, relève avec ironie Murray Gunn.

“Les coqueluches des investisseurs pendant les marchés haussiers sur les actions deviennent souvent les villains des marchés baissiers”, note l’expert. “Quand l’humeur des marchés tend à s’améliorer et que les cours des actions augmentent, les icônes du jour sont mises sur un piédestal, sur fond d’euphorie généralisée. Mais quand l’humeur des investisseurs tend à se dégrader et que les cours flanchent, ces icônes sont par la suite accusées d’être à l’origine de la crise. Elles sont calomniées, font l’objet d’enquêtes, sont poursuivies en justice et dans certains cas se retrouvent en prison”, souligne-t-il. “Deutsche Bank est maintenant devenue synonyme de gestion incompétente. En 2007, la communauté financière jugeait que les perspectives de la banque étaient au beau fixe. Cette année, elle table sur une probable faillite”, relève-t-il. Dans ces conditions, l’action Deutsche Bank pourrait bien poursuivre sa descente aux enfers. Surtout si l’environnement devait continuer de se dégrader…

Par la taille de ses actifs - 1.421 milliards d’euros à fin juin, pour 63 milliards d’euros de fonds propres -, Deutsche Bank fait partie du top 15 mondial des banques systémiques. Or, elle inquiète de plus en plus. Elle a signé trois exercices de pertes consécutifs et l'agence de notation financière Standard and Poor's (S&P) a abaissé en juin dernier la note de sa dette à long terme. Sa filiale américaine a en outre échoué aux stress tests (tests de résistance) de la Fed, la banque centrale des Etats-Unis.

“Le cas Deutsche Bank est un tabou dans les milieux financiers”, a confié en septembre à Capital le responsable macroéconomique d'une grande banque européenne, qui souhaite conserver son anonymat. “C’est le maillon vulnérable de la chaîne à cause de son exposition aux produits dérivés”, juge-t-il. Selon son bilan financier publié le 31 décembre dernier, celle-ci s’élève à 48.000 milliards d’euros. Une somme colossale, équivalente à près de 24 fois le montant de la dette publique allemande. “On sait tous que Deutsche Bank devra être renflouée lors de la prochaine crise, mais c’est un autre morceau que Lehman Brothers”, estime notre expert. “C’est une grosse bombe à retardement, on sait que ça va exploser. On ne sait juste pas quand”.

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