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Ursula von der Leyen privée de chaise à Ankara: pour Clément Beaune, "l'Europe doit être beaucoup moins naïve"

logo de BFM Business BFM Business 07/04/2021
Clément Beaune, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, était l'invité ce mercredi soir du Grand Journal de l'Eco sur BFM Business. © BFM Business Clément Beaune, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, était l'invité ce mercredi soir du Grand Journal de l'Eco sur BFM Business.

Les images de la présidente de la Commission européenne, privée de chaise lors de la réunion des présidents des institutions de l'UE avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, ont été vécues comme un affront en Europe. "Ce sont des images qui font mal et qui manifestement montrent quelque chose d'organisé", a réagi ce mercredi soir Clément Beaune, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, sur le plateau du Grand Journal de l'Eco sur BFM Business.

"Je défends toujours l'Europe, mais je ne veux pas d'une Europe naïve, fragile, et là on a affaire à des interlocuteurs qui connaissent la force des images, la valeur des symboles. On doit être beaucoup plus fermes, beaucoup plus forts là-dessus", a déclaré le ministre, pour qui "l'égalité entre les hommes et les femmes" a été "mise en cause visuellement et délibérément par les interlocuteurs turcs".

"On ne doit pas laisser faire ce genre de choses, surtout au moment où la Turquie il y a quelques jours seulement est sortie de la convention d'Istanbul sur les droits des femmes. Ça n'est pas neutre".

"Ne pas céder sur le fond"

Le mandat de la visite à Ankara des dirigeants de l'UE, "était clair et ferme: c'était pour voir si la Turquie était, ou non, dans une démarche de désescalade, et ne pas céder sur le front", a déclaré Clément Beaune.

"On est face à des voisins, à des régimes, qui essaient d'imposer leurs valeurs, leurs récits, leurs images, leurs politiques, à l'Europe, et on ne doit pas le laisser passer. Ni sur les symboles, ni sur le fond (…). Je veux une Europe qui soit beaucoup moins naïve et sympathique dans les relations internationales" mais "on a encore du chemin à faire", a-t-il estimé.

"C'est un changement profond de modèle et de logiciel que l'on doit faire en Europe (…). C'est vrai, l'Europe n'a pas été créée pour les rapports de force internationaux, pour la puissance, pour s'imposer. Elle apprend, et parfois c'est dur. On doit continuer ça, parce que l'autre option est de laisser tomber, de casser l'Europe, et vis-à-vis des grands régimes autocratiques internationaux – la Chine, la Russie, la Turquie – de se débrouiller tout seul".

Pour le ministre, "on a besoin de l'Europe (…) mais d'une Europe qui s'affirme. Il n'y a pas de fatalité à ce qu'on soit les gentils 'bisounours' de la bande".

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