Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Vers un Brexit sans accord ? Gare à l’envolée des taux d’intérêt au Royaume-Uni !

logo de Capital Capital 28/08/2018 Nicolas GALLANT

Plus qu’une simple possibilité, le scénario d’un Brexit (sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne) sans accord est jugé probable par les intervenants, selon un expert, qui juge élevé le risque d’une envolée des taux d’intérêt outre-Manche.

Vers un Brexit sans accord ? Gare à l’envolée des taux d’intérêt au Royaume-Uni ! © Pixabay Vers un Brexit sans accord ? Gare à l’envolée des taux d’intérêt au Royaume-Uni !

Les négociations entre Londres et l’Union européenne (UE) semblent patiner. Et ce, alors que le 29 mars 2019 - date programmée de la sortie du Royaume-Uni de l’orbite de l’UE - approche désormais à grands pas. “Il y a un risque de no deal Brexit (sortie sans accord, désordonnée, du Royaume-Uni de l’Union européenne, NDLR)”, avertit Jeanne Asseraf-Bitton, responsable de la recherche marchés chez Lyxor. Déjà, le 5 août, le ministre britannique du Commerce international, Liam Fox, avait estimé que l'hypothèse d'un Brexit sans accord entre Londres et Bruxelles était désormais la plus probable, blâmant "l'intransigeance" de la Commission européenne dans les négociations.

Un scénario également jugé crédible de ce côté-ci de la Manche, le gouvernement français se préparant déjà à cette éventualité. “En cas de sortie du Royaume-Uni sans accord de retrait, ce que la France ne souhaite pas, le premier ministre a chargé les ministres de préparer les mesures de contingence qui seraient nécessaires dans leur champ de compétence pour atténuer les difficultés liées à ce défi inédit”, a-t-il indiqué ce lundi dans un communiqué. Il faut dire qu’un no deal Brexit serait très défavorable. “Le commerce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ne disposerait pas d’un cadre favorable, car les seules règles qui s'appliqueraient seraient celles de l’Organisation mondiale du commerce. La devise et la croissance économique britanniques pourraient alors rester sous pression”, estime notamment Jeanne Asseraf-Bitton, responsable de la recherche marchés chez Lyxor.

Le 23 août, Dominic Raab, ministre britannique du Brexit, “a indiqué comment les entreprises et les citoyens devaient se préparer à une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord commercial. Dévoilant 25 notes techniques, le gouvernement a détaillé quelles seraient les conséquences pour les banques d’investissement londoniennes, les retraités britanniques vivant en Espagne, ceux prenant des médicaments importés en provenance de l’UE… Comme on pouvait s’y attendre, il a recommandé de ne pas paniquer, de garder son calme et de continuer à faire comme si de rien n’était”, rapporte Murray Gunn, responsable de la recherche chez Elliott Wave International, acteur de référence de la recherche marchés basée sur l’analyse technique.

“Peut-être n’est-ce simplement qu’une ruse politique classique de gestion des attentes : exhorter chacun à se préparer au pire, puis, une fois un accord conclu, s’en attribuer le mérite et se faire applaudir. Peut-être...”, relève-t-il. “Pour autant, alors que le risque d’un Quitaly (ou Itaxit, sortie de l’Italie du giron de l’Union européenne et de la zone euro, NDLR) s’est accru, l’UE ne sera pas encline à concéder des choses au Royaume-Uni, de peur d’apporter de l’eau au moulin des partisans d’une sécession”, explique l’expert, qui juge ainsi qu’un no deal Brexit reste tout à fait possible.

“Ce scénario est même jugé tout à fait probable par le marché, à en croire l’évolution de l’écart de rendement entre les emprunts d’Etat à 10 ans du Royaume-Uni et ceux de l’Allemagne (voir illustration ci-dessous, NDLR)”, renchérit Murray Gunn. “Quand cet écart de taux grimpe, cela signifie que les cours (qui évoluent à l’inverse des rendements, NDLR) des emprunts d’Etat britanniques évoluent moins favorablement que ceux de l’Allemagne (le marché de référence pour les obligations d’Etat, en zone euro, NDLR). Alors que cet écart s’est heurté, à 10 reprises, à la résistance horizontale de 0,96%, correspondant aux sommets inscrits depuis septembre 2017, la succession de creux majeurs de plus en plus hauts suggère que ce seuil technique risque fort d’être bientôt débordé”, juge-t-il. 

Elliott Wave International (données Bloomberg Finance)

Une évolution qui favoriserait un élargissement accéléré de l’écart de taux entre le Royaume-Uni et l’Allemagne, si bien que Londres devrait bientôt devoir faire face à des coûts de financement bien plus élevés que ceux de notre voisin d’outre-Rhin, estime l’expert. “L’analyse de l’écart de taux germano-britannique suggère ainsi que les négociations sur le futur divorce entre le Royaume-Uni et l’UE devraient finir dans l’amertume...”, conclut-il.


Publicité
Publicité

Plus d'info : Capital.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon