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Avec moins de parfums, la chimie française a senti passer la crise en 2020

logo de Challenges Challenges 22/04/2021 Challenges.fr
Bouteille de parfum Chanel © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP Bouteille de parfum Chanel

Très dépendante de celle des cosmétiques, l'industrie chimique française a été frappée de plein fouet par la pandémie. La filière espère un rebond en 2021. 

En 2020, le monde s'est lavé les mains pour chasser le virus, mais a négligé de se parfumer: l'industrie chimique française, très dépendante de celle des cosmétiques, espère se rattraper en 2021 après une chute de 8% de son activité l'an passé, en misant aussi sur le recyclage.

Avec la pandémie, le secteur savons et détergents des industriels de la chimie a vu son volume d'activité progresser de 6%, mais celui des parfums et cosmétiques a chuté de 18,6%. 

Cela représente une baisse moyenne de 15,8% de la production dans l'ensemble de la branche, qui tirait jusqu'à présent la chimie française avec un tiers de l'activité en moyenne, a indiqué jeudi Luc Benoit-Cattin, président de la Fédération nationale de l'industrie chimique France Chimie.

"Tous les réseaux de distribution se sont arrêtés, les duty free, les coiffeurs, le tourisme, ce qui explique la situation" de cette branche, a rappelé M. Benoit-Cattin, également directeur général industrie du groupe Arkema, lors d'une visio-conférence de presse.

Du fait de la dépendance de la chimie française aux parfums et cosmétiques, elle sort plus marquée de la crise que l'ensemble du secteur en Europe: hors chimie fine pharmaceutique, son recul est évalué à 9% l'an passé, alors qu'il n'est que de 1,9% en moyenne dans l'Union européenne, et de 1,1% en Allemagne.

Par grands secteurs, seule la branche de chimie fine pharmaceutique a en effet bien résisté à la crise avec un volume d'activité en hausse de 0,1% en 2020 contre +11% en 2019. 

"Les traitements liés au Covid ont compensé la baisse des traitements pathologiques non urgents", a commenté M. Benoit-Cattin.

 

Rebond attendu en 2021 

 

L'activité des autres secteurs a reculé aussi, mais moins que celle des parfums: la chimie minérale a perdu 9,1% (après -6,6% en 2019), la chimie organique a baissé de 6,6% (après une hausse de 1,4% en 2019) et les spécialités chimiques ont perdu 3,4% après leur recul de 3,1% en 2019.

Pour 2021, "nous anticipons un rebond significatif des volumes de production de la chimie en France, de 6% à 7%", a indiqué le responsable.

Il fait preuve de "prudence", en raison de la "prolongation" des confinements partiels en début d'année: "les choses ne sont pas complètement revenues à la normale. Sur les deux premiers mois de l'année, le secteur parfums et cosmétiques continue d'être en retard par rapport à 2020", a-t-il dit.

Le secteur parie aussi sur trois piliers pour appuyer sa reprise.

D'abord, il compte accentuer la relocalisation de production, notamment en ce qui concerne les principes actifs pharmaceutiques, alors que la crise sanitaire a mis en évidence la dépendance de la France et de l'Europe vis-à-vis de l'Asie notamment.

La chimie française compte aussi miser sur "des solutions innovantes" pour l'industrie aéronautique et automobile, très touchées par la crise, avec le développement de "matériaux avancés" pour les batteries.

Elle mise en outre sur le développement de produits bio-sourcés et sur des "procédés innovants" pour recycler, a ajouté M. Benoit-Cattin. 

A fin mars, 80 projets du secteur, portant sur 1,2 milliard d'euros d'investissements, ont obtenu un soutien public de quelque 200 millions d'euros venus du plan de relance, pour les deux prochaines années.

Ces projets sont essentiellement portés par des PME, qui vont de Delpharm pour l'industrialisation de la mise en flacons de vaccins, à la savonnerie de Haute Provence, en passant par des projets de décarbonation (Inovy, Novacarb).

"Sur la transition énergétique, la mobilisation de la chimie est reconnue", a affirmé M. Benoit-Cattin en rappelant les objectifs du secteur: réduire "de plus d'un quart" ses émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2015.

Avec des technologies "de rupture" comme l'hydrogène décarboné, la capture et le stockage du CO2 et l'électrification des procédés, il serait possible d'arriver à une réduction de 35% des émissions de la chimie d'ici 2030, mais "il faudra des capacités électriques décarbonées", a relevé le dirigeant.

(avec AFP)

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