Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Coronavirus: face au spectre d'une pénurie de médicaments, l'UE alerte, les labos rassurent

logo de Challenges Challenges 13/02/2020 Challenges.fr
Coronavirus, le spectre d'une pénurie de médicament © DALE DE LA REY / AFP Coronavirus, le spectre d'une pénurie de médicament

Des laboratoires pharmaceutiques disent surveiller leurs stocks de médicaments, face au Coronavirus, alors que les ministres de la santé européens alertent sur de possibles problèmes d'approvisionnement en médicaments et équipements en provenance de Chine.

Des laboratoires pharmaceutiques européens se disent attentifs à d'éventuelles pénuries de médicaments dans le cas où le coronavirus covid-19 entraînerait des problèmes d'approvisionnement en substances actives et excipients, qui sont principalement produits en Asie.

"Pour les approvisionnements, nous suivons de près la situation pour nous assurer qu'il n'y a pas de discontinuité", a expliqué à l'AFP une porte-parole du laboratoire français Sanofi.

"En général, nous avons plusieurs fournisseurs pour nos matières premières clés afin de limiter le risque de rupture d'approvisionnement et la situation en Chine n'est pas différente", a-t-elle ajouté.

Le groupe pharmaceutique britannique GSK s'est lui aussi voulu rassurant, tout en disant regarder de près la situation.

"A court terme cela va, mais évidemment c'est quelque chose que nous devons continuer à surveiller. Nous vérifions régulièrement nos chaînes d'approvisionnement dans leur ensemble dans ce genre de situations et nous sommes préparés pour ce genre de problèmes", a déclaré la directrice générale Emma Walmsley, la semaine dernière lors d'une conférence téléphonique à l'occasion de la publication des résultats de GSK.

Le gouvernement britannique a quant à lui indiqué mardi être en train d'évaluer l'impact potentiel du virus sur l'approvisionnement en médicaments et matériels médicaux.

Il a demandé aux groupes pharmaceutiques, par mesure de précaution, de conserver quand c'est possible les stocks qu'ils avaient constitués en prévision de possibles perturbations liées au Brexit.

Lire aussiMédicaments: comment l'industrie pharmaceutique se prépare à un "hard Brexit"

80% des principes actifs proviennent de pays tiers

Les principes actifs, les molécules nécessaires à la fabrication du médicament sont massivement produits en Asie. Ainsi, 80% des substances actives utilisées pour des médicaments dans l'Union européenne proviennent de pays tiers, l'Inde et la Chine concentrant à elles seules 60% des sites.

Thomas Cueni, le directeur général de la fédération internationale des fabricants pharmaceutiques (IFPMA), a lui aussi expliqué, ce jeudi à Genève, que la situation n'était pas inquiétante pour le moment, les entreprises pharmaceutiques disposant de stocks.

"Évidemment, cela va dépendre de combien de temps la production manufacturière peut être impactée par l'épidémie", a-t-il précisé.

Les ministres européens de la Santé ont souligné ce jeudi jeudi la nécessité de mieux coordonner leurs mesures face au nouveau coronavirus, alertant sur de possibles problèmes d'approvisionnement en médicaments et équipements de protection en provenance de Chine.

Le "Covid-19", qui a touché plus de 60.000 personnes et fait au moins 1.300 morts en Chine, où il est apparu en décembre, affecte une trentaine de personnes dans sept pays de l'UE, où il n'a pour le moment pas fait de morts.

Face à l'épidémie, les pays de l'UE ont chacun adopté leurs propres mesures, en matière de quarantaine, de contrôles des passagers, de conseils aux voyageurs.

Les 27 appellent à renforcer leur coordination

Mais dans un espace où la libre circulation des personnes est la règle, les 27 jugent nécessaire de "renforcer la coordination déjà existante" afin "d'améliorer l'efficacité" des mesures nationales, selon un projet de conclusions vu par l'AFP.

"Nous avons besoin d'aller plus loin, de nous coordonner sur les mesures barrières, l'arrivée des voyageurs, l'analyse épidémiologique des cas, les stocks de protection", a déclaré la ministre française de la Santé Agnès Buzyn, en arrivant à cette réunion d'urgence.

Elle a souligné que "cette crise" pouvait "s'installer sur plusieurs mois", et s'est inquiétée des "impacts" sur la disponibilité des équipements de protection (gants, masques) pour les personnels soignants.

"La plupart des fabricants des équipements (de protection) sont situés en Chine et sont eux-mêmes en rupture de stock", a-t-elle dit, prônant la mise en oeuvre d'un achat groupé au niveau européen de ces matériels.

10 millions d'euros pour la recherche d'un vaccin

La Commission doit être chargée par les Etats membres de "faciliter l'accès nécessaire" à ces équipements afin de "réduire au minimum les pénuries éventuelles", selon le projet de conclusions.

Soulignant également que "l'industrie pharmaceutique de l'UE est fortement dépendante d'importation de substances actives de la Chine", la Finlandaise Krista Kiuru a averti que la poursuite de l'épidémie "pourra(it) avoir un impact sur l'approvisionnement en médicaments".

Le projet de texte, qui liste des engagements très généraux, doit être adopté, avec d'éventuelles modifications, à l'issue de la réunion.

La Chine a annoncé jeudi quelque 15.000 contaminations supplémentaires par le coronavirus, un bond record qu'elle justifie par une nouvelle définition des cas d'infection.

Face à l'épidémie, la Commission européenne a notamment débloqué 10 millions d'euros pour la recherche d'un vaccin et soutient un projet mettant en lien 300 hôpitaux et 900 laboratoires.

(Avec AFP)

Publicité
Publicité

Plus d'infos : Challenges.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon