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Santé mentale, manque de personnel... Les raisons de l'agonie de l'hôpital

logo de Challenges Challenges 22/09/2022 Eugénie Barba
Hôpital © Valentine CHAPUIS / AFP Hôpital

Frappés de plein fouet par la crise sanitaire, un quart des professionnels de santé assurent être en mauvaise santé. C’est deux fois plus que les Français en activité professionnelle. Une situation qui a poussé plusieurs centaines de soignants à se rassembler ce jeudi 22 septembre à Paris pour protester contre leurs conditions de travail.

Après deux années de crise sanitaire – qui a fragilisé le milieu médical – la santé mentale du personnel soignant s’est dégradée, les poussant, entre autres, à manifester ce jeudi 22 septembre. Ils sont désormais 24% à se dire en mauvaise santé contre 16% en 2018, selon un sondage publié ce jeudi par Odoxa pour la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH) qui a interrogé 1.325 soignants et 1.005 Français représentatifs de la population. Dans le détail, ce sont les aides-soignants qui ressentent davantage ce sentiment, soit 29%, contre 15% pour l’ensemble des Français. Et c’est bien leur travail - défini comme "fatigant" pour 72% des sondés – qui est responsable de leur état de santé. C’est en tout cas ce qu’ont répondu 82% des professionnels de santé interrogés pour qui le stress est le principal facteur de cette situation.

Résultat: deux-tiers des soignants assurent avoir des difficultés à dormir à cause de leur travail, contre 47% pour l’ensemble des Français. Une situation qui incite 31% d’entre eux à prendre des somnifères ou des tranquillisants. C’est huit points de plus que pour la population générale. 

Des arrêts maladie plus nombreux

Avec un nombre d’heures travaillées supérieures à la moyenne nationale (40h contre 38h) et des conditions de travail jugées difficiles, notamment en raison des horaires de nuit, de la "concentration intense et continue" que demande leur métier et des heures supplémentaires récurrentes, les soignants sont à bout de souffle. En témoignent ces données alarmantes: 66% assurent avoir déjà eu des douleurs physiques à cause de leur travail et 58% se disent gênés par leur état de santé physique ou émotionnel dans leur vie sociale.

Sondage sur l\'état des personnels de santé Crédit : Odoxa © Fournis par Challenges Sondage sur l\'état des personnels de santé Crédit : Odoxa  

Au vu des résultats de ce sondage, il n’est ainsi pas surprenant d’observer une part importante de soignants en arrêt maladie. "On a des collègues qui arrêtent de travailler car ils sont épuisés, d’autres se reconvertissent professionnellement vers des métiers où ils sont mieux rémunérés et dont les horaires sont plus adéquats pour gérer leur vie personnelle", témoigne une infirmière aux urgences gynécologiques-maternité de l’hôpital Robert-Debré (Paris), présente lors de la mobilisation de ce jeudi 22 septembre. Au total, les professionnels de la santé ont au cours des 12 derniers mois pris 13,6 jours d’arrêt soit près de 3 jours de plus que les Français. Ils sont d’ailleurs deux fois plus nombreux que les autres actifs à avoir eu un arrêt en raison du stress au travail.

Avec cette mobilisation, les centaines de soignants présents devant l'hôtel de ville à Paris espèrent être entendus par le gouvernement pour obtenir davantage de moyens dans les hôpitaux et ainsi, augmenter les effectifs dans les établissements. "La corde est pratiquement en train de craquer", prévient Asdine Aissiou, secrétaire général de la CGT de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). 

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