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Si, si Naval Group déclaré vainqueur... en Roumanie

logo de La Tribune La Tribune 02/07/2019 Michel Cabirol
En six mois, Naval Group aura réussi l'exploit de vendre 21 navires de guerre neufs : 12 en Belgique et aux Pays-Bas (chasseurs de mines), trois plus L'Adroit en Argentine (patrouilleurs), deux aux Emirats Arabes Unis (corvettes) et, enfin, quatre en Roumanie (corvettes). © Fournis par La Tribune Nouvelle En six mois, Naval Group aura réussi l'exploit de vendre 21 navires de guerre neufs : 12 en Belgique et aux Pays-Bas (chasseurs de mines), trois plus L'Adroit en Argentine (patrouilleurs), deux aux Emirats Arabes Unis (corvettes) et, enfin, quatre en Roumanie (corvettes).

Inespéré. Après bien des péripéties, Naval Group a été déclaré vainqueur en Roumanie pour la construction de quatre corvettes Gowind par le ministère de la Défense, selon des sources concordantes. Le groupe naval a été sélectionné pour négocier avec Bucarest en vue de finaliser le contrat. Comme La Tribune l'avait annoncée, le groupe français avait présenté fin 2018 contre toute attente la meilleure offre financière pour la fabrication de quatre Gowind fabriquées en Roumanie en partenariat avec le chantier SNC, basé à Constanta (est) : 1,2 milliard d'euros, contre 1,25 milliard au néerlandais Damen et 1,34 milliard à Fincantieri. Les Gowind seront armées de missiles de MBDA : VL-Mica (surface-air) et Exocet Block 3 (mer-mer).

En six mois, Naval Group aura réussi l'exploit de vendre 21 navires de guerre neufs : 12 en Belgique et aux Pays-Bas (chasseurs de mines), trois plus L'Adroit en Argentine (patrouilleurs), deux aux Emirats Arabes Unis (corvettes) et, enfin, quatre en Roumanie (corvettes).

Naval Group surmonte tous les obstacles

Pourtant, l'affaire roumaine était très mal engagée pour Naval Group. Ainsi, en dépit de la signature d'un partenariat stratégique le 14 juin, Fincantieri avait sans scrupule entamé la semaine suivante une procédure en Roumanie contre le groupe naval français. Dans la foulée de cet accord, le groupe italien avait déposé un recours devant le Consiliul Naţional de Soluţionare a Contestaţiilor (CNSC), un organisme indépendant créé pour juger les problèmes liés aux passations de marché public, afin de contester l'impartialité de la procédure d'appel d'offres sur les corvettes. En vain finalement...

Naval Group a réussi à également surmonter de nombreux obstacles pour faire valoir ses droits en Roumanie. Car l'ancien homme fort et trouble de la Roumanie, le président social-démocrate de la Chambre des députés Liviu Dragnea, a cherché par tous les moyens à disqualifier le groupe français et casser l'appel d'offres au profit de Damen. Mais aujourd'hui, le clan Dragnea est en voie de liquidation : l'homme fort du pays est en prison après avoir perdu son appel. Il a été condamné fin mai à trois ans et demi de prison ferme pour détournement de fonds publics. Andrei Ignat, directeur de l'armement au ministère de la Défense, a été limogé à la suite d'un audit lancé pourtant par un proche de Liviu Dragnea, Gabriel Les, ministre de la Défense avec l'accord du Premier ministre, également proche de l'ancien homme fort du PSD.

En janvier, Bucarest avait suspendu l'appel d'offres sous la pression de Liviu Dragnea. Cette suspension semblait être le premier pas de la volonté roumaine d'écarter Naval Group. C'est le secrétaire d'Etat en charge de l'Armement Andrei Ignat, chargé de la procédure de l'appel d'offres, qui avait suspendu la procédure en invoquant notamment des soupçons d'illégalités. Mais Liviu Dragnea a été rattrapé par toute une série d'affaires. Ce qui a permis de dénouer l'affaire en faveur de Naval Group.

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