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Comment protéger son épargne de l'inflation?

logo de Challenges Challenges 01/04/2022 Damien Pelé
Comment protéger son épargne? © Raten-Kauf / Pixabay Comment protéger son épargne?

Avec les crises qui se succèdent, la flambée des prix pèse sur toutes les classes d'actifs. Et l'épargne des Français ne dort plus, elle rapetisse. Assurance-vie, pierre-papier, Bourse… Les pistes pour trouver un surcroît de rendement.

D'une crise à l'autre. Tel pourrait être le refrain des épargnants durant ces deux dernières années: après la plus grande crise sanitaire depuis un siècle, qui a mis l'économie mondiale à l'arrêt puis au ralenti pendant de nombreux mois, ils croyaient enfin voir le bout du tunnel. Sans trop de casse grâce aux politiques très accommodantes des Etats et des banques centrales qui ont soutenu les économies nationales pendant qu'elles étaient sous cloche. Mais c'est la géopolitique qui vient maintenant menacer la croissance mondiale, avec le conflit en Ukraine et l'explosion des prix qui en découle. La guerre aux portes de l'Europe, en plus des conséquences humaines dramatiques pour les Ukrainiens, a déjà et continuera d'avoir un impact sur le patrimoine des épargnants français.

© Fournis par Challenges

Une dynamique perturbée

Depuis plusieurs mois, l'inflation a fait son retour dans l'actualité, avec des niveaux jamais vus depuis des décennies: aux Etats-Unis, elle a atteint en février 7,9% sur un an, un pic inédit depuis… janvier 1982! En Europe, c'est moins fort, mais à peine, puisque selon Eurostat les prix ont tout de même grimpé de 6,2% en glissement annuel. La guerre en Ukraine a accentué cette situation, avec l'envolée des prix de l'énergie (pétrole et gaz), ce qui risque de perturber la dynamique de reprise mondiale post-Covid. "Le sujet à surveiller dans ce conflit - au moins autant que les négociations diplomatiques et l'avancement des combats - ce sont les prix du pétrole qui rognent le pouvoir d'achat des ménages (et donc la consommation) et “taxent” les entreprises!" analyse Jean-Jacques Friedman, directeur des investissements à Natixis Wealth Management.

Trésor de guerre

Pas vraiment de quoi inciter les particuliers à investir les 170 milliards d'euros qu'ils ont épargnés durant la crise sanitaire, selon les données de la Banque de France. Un "trésor de guerre" dont une bonne partie dort sur les comptes courants ou sur les livrets d'épargne réglementés. Mais avec l'inflation, cette épargne ne dort plus, elle rapetisse. C'est pour cette raison que Bruno Le Maire a annoncé mi-décembre une remontée du taux du livret A, une grande première depuis onze ans. "Protéger les Français contre la hausse des prix est ma priorité absolue, car je suis lucide sur l'inflation", expliquait alors le ministre de l'Economie. Depuis le 1er février, le taux du livret A - et celui du livret de développement durable et solidaire (LDDS) - est passé de 0,5% à 1%, au lieu de 0,8% comme cela aurait dû être le cas si la formule de calcul du taux avait été appliquée à la lettre. Un cadeau à double tranchant pour les 50 millions de Français détenteurs d'un livret A ou d'un LDDS: face à un niveau d'inflation estimé à 3,6%, le livret affiche toujours un rendement réel négatif. Il ne faudra donc y déposer qu'un petit volant d'épargne de précaution et investir ailleurs le reste de ses économies.

Garantir les rendements

Le problème, c'est que les épargnants se retrouvent partout confrontés au phénomène de l'inflation. A commencer par l'autre produit d'épargne préféré des Français, l'assurance-vie (plus de 1.800 milliards d'euros d'encours), dont le fonds en euros - au capital garanti - continue sa décrue: son rendement moyen devrait tourner autour de 1,2% cette année, soit moins de 1%, après impôts. "Il faut prendre des mesures fortes pour garantir la sécurité et les rendements des fonds en euros", affirme Gérard Bekerman, président de l'Afer, qui a maintenu le taux de son fonds euros à 1,7%, un des meilleurs cette année. D'autres assureurs incitent depuis plusieurs années leurs clients à augmenter la part d'unités de compte (non garanties en capital) pour améliorer le rendement global. Ou proposent des alternatives: des fonds euro croissance, qui ne garantissent le capital qu'à une date fixe définie lors de la souscription en échange d'un rendement amélioré, ou des supports très diversifiés qui cherchent le meilleur couple rendement-risque, comme le fonds Harmony Prime de BNP Paribas qui intègre du non-coté et de la dette privée. Les épargnants peuvent donc penser aux investissements non cotés, de plus en plus facilement accessibles, mais aussi à la Bourse, qui offre des profits plus élevés malgré le retour de la volatilité.


Vidéo: Découvert, épargne: comment les Français font face à l'inflation ? (BFM Business)

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L'or retrouve son éclat

Le 8 mars dernier, l'once d'or a repassé la barre symbolique des 2.000 dollars, à 2.070 dollars, en hausse de plus de 13,5% depuis le début de l'année. Le métal jaune se rapprochait même de son record absolu de 2.075 dollars, un niveau atteint le 7 août 2020, alors que le monde était en pleine pandémie de Covid-19 avant l'annonce de la découverte d'un vaccin. Le cours est retombé sous le seuil des 2.000 dollars mais l'or reste très recherché.

Est-il trop tard pour investir dans le métal jaune à ces niveaux? "On se pose la question à chaque record, mais force est de constater que le cours monte toujours plus: 1.000 dollars en 2008, 1.350 dollars après le Brexit. Et dans une optique de moyen terme, avec les chocs énergétiques à venir et l'inflation, ça reste une bonne protection", estime Jean-François Faure, président du site aucoffre.com, qui conseille d'investir régulièrement dans le métal jaune plutôt qu'en une fois. Et pas besoin de rouler sur l'or: si un lingot coûte actuellement autour de 60.000 euros, on peut acheter de l'or physique à partir de 1 gramme (pour environ 60 euros). Ceux qui ne veulent pas s'embarrasser des soucis de stockage et des frais de conservation ni gérer une fiscalité complexe peuvent aussi passer par des ETF sur leur compte titres, comme le Gold Bullion Securities ou le SPDR Gold Trust. Ces fonds répliquent en temps réel le cours de l'once et sont très liquides.

Attrait pour la pierre

Dans le contexte actuel, l'amour immodéré des épargnants français pour l'immobilier ne se dément pas et se transmet de génération en génération. "On constate un appétit de nos jeunes entrepreneurs pour la pierre: ils aiment l'immobilier classique, mais aussi les forêts ou les vignes", note Nicolas Otton, directeur de BNP Paribas Banque Privée. De plus, les loyers ont un gros atout: ils sont indexés sur l'inflation. Alors qu'on craignait un fléchissement des SCPI de bureaux ou de commerces pendant la crise sanitaire, à cause des confinements successifs et du télétravail, il n'en a rien été: les sociétés de gestion spécialisées ont publié des taux de rendement pour 2021 de près de 4,5%, selon les chiffres de l'Aspim et de l'IEIF.

Enfin, les campagnes présidentielles françaises font habituellement trembler ou vibrer les épargnants, au fil des annonces des candidats sur la fiscalité: suppression de certaines niches ou dispositifs avantageux, alourdissement ou allègement des impôts. Cette année, les principaux sujets d'actualité sont l'impôt sur la fortune (ISF) et la possible réforme des droits de succession. Concernant l'ISF - que le président Emmanuel Macron a remplacé en 2017 par l'impôt sur la fortune immobilière, moins lourd et concernant moins de contribuables -, son retour est souhaité par les principaux candidats de gauche (Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Anne Hidalgo et Yannick Jadot).

Héritage en question

Autre sujet, abordé cette fois à gauche comme à droite: la réforme des droits de succession, avec un allègement en vue pour la majorité des Français. Le seuil d'abattement pour les successions en ligne directe passerait de 100.000 euros aujourd'hui à 150.000 euros avec Emmanuel Macron, à 200.000 avec Valérie Pécresse tandis que Marine Le Pen souhaite exonérer les biens immobiliers jusqu'à 300.000 euros. A gauche, les candidats souhaitent plutôt alléger la fiscalité pour les petits patrimoines, mais l'alourdir pour les plus fortunés, avec notamment un "héritage maximal" fixé à 12 millions d'euros par Jean-Luc Mélenchon. Pour affronter cet environnement pétri d'incertitudes, Challenges propose des conseils pour amortir les chocs présents et futurs sur les différentes classes d'actifs.

Les avis des experts

"Les marchés actions devraient continuer à être soutenus par des taux d'intérêt réels négatifs. Cela devrait favoriser les valeurs de croissance, qui ont la capacité de faire face à la hausse de leurs coûts en défendant leurs marges et d'être moins vulnérables à l'inévitable décélération de l'activité que nous anticipons cette année." Edouard Carmignac, Président de Carmignac.

"Dans un contexte compliqué à court terme, il faut se projeter à long terme et diversifier les risques avec des classes d'actifs offrant des perspectives de rendements décorrélées des marchés boursiers: immobilier, non-coté…" Nicolas Otton, directeur de BNP Paribas Banque Privée.

"L'assurance-vie doit être préservée car c'est un contrat d'épargne citoyen. Ses 1 876 milliards d'euros d'encours, détenus par 18 millions de Français, financent les services publics, la transition écologique et la croissance de notre économie." Gérard Bekerman, président de l'Afer.

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